Thursday, May 04, 2023
Baozhong 'fleur de lys' du printemps 2023
Sa particularité est son cultivar, le qingxin Oolong (aussi connu sous le nom de ruanzhi Oolong, tige souple). C'est le même cultivar que celui utilisé en haute montagne ou pour les Oolongs torréfiés de Dong Ding. A Taiwan, c'est le cultivar qui combine le mieux les senteurs intenses et fines avec un goût gouleyant et long.
Ses feuilles torsadées sont légères dans le creux de main. Je les laisse délicatement glisser dans le gaiwan en porcelaine.
J'infuse les feuilles avec une eau de source chauffée à ébullition dans une bouilloire en argent. Elle est plus légère et donc plus pratique à transporter qu'une tetsubin en fonte, et elle convient bien aux thés frais.
Dans les Pensées de Pascal, au fragment 80, il note: "Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé ou à l'avenir. Nous ne pensons presque point au présent, et si nous y pensons, ce n'est que pour en prendre la lumière pour disposer de l'avenir. Le présent n'est jamais notre fin. Le passé et le présent sont nos moyens, le seul avenir est notre fin. Ainsi, nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais."
Près de 400 ans plus tard, l'observation de Pascal me semble plus pertinente que jamais! Or, la pratique du thé permet de se consacrer toute son attention et ses pensées au moment présent. Il ne s'agit pas simplement de goûter au plaisir de l'infusion, mais de prendre plaisir dans chacune des étapes de la préparation.
Etre assis à même le sol, c'est une position similaire à celle des moines bouddhistes lors de leur méditation. Or, c'est quoi la méditation? La pratique du souffle et la prise de conscience du temps présent.
Pour être en accord avec soi et le moment présent, le mieux est de choisir le thé qu'on désire le plus déguster à ce moment précis. En effet, le plaisir du présent ne saurait ni venir des thés qu'on a bu ou des thés qu'on boira, mais du thé qu'on prépare. Aussi, j'ai toujours du mal de répondre à la question de quel est mon thé préféré. Je réponds que c'est soit le thé que je viens de boire (s'il est encore présent en arrière-goût) ou bien celui que je m'apprête à infuser!
De même que je n'ai pas des envies quotidiennes de foie gras et bifsteak, de même j'aime à varier les thés en fonction des saisons, du moment de la journée, des nouvelles récoltes et de l'inspiration du moment.
Et là, dans la région de Wenshan, j'ai adoré déguster ce Baozhong 'fleur de lys', car ses arômes résonnent si parfaitement avec ce magnifique paysage et l'air doux et printanier qui nous emplit nos poumons et nos narines. Avec un bon thé, je vis le moment présent de manière plus intense, mais plus relaxée aussi.
Saturday, April 29, 2023
Wenshan Baozhong, spring 2023
| Baozhong mix of Jinxuan and Tsui Yu |
A lot of people talk of a Cha Dao, a tea way. Well, I believe that a simple, loose leaf Baozhong is a great way to start your journey and your journée (day in French). While Baozhong dates back to the 1880s, this one is based on 2 cultivars created 100 years later! This reminds us that Baozhong isn't a particular cultivar, but foremost a process.
This process has evolved with customers' tastes. Nowadays, Baozhong is more lightly oxidized and barely roasted. It produces a brew that looks similar to high mountain Oolong, but the Wenshan area is below 1000 meters, even though the plantations are often on the slopes of the many hills between Taipei and Yilan.
So, Wenshan Baozhong has done its part to stay relevant and liked by Oolong fans. This one in particular provides a simple place to start a tea tasting or an Oolong comparison. It sets the bar of what you should expect from other teas.
Thursday, April 20, 2023
Au bord de l'eau, dans la Pléiade
| 1970s sheng puerh |
L'histoire de Au Bord de l'Eau est centrée autour de 108 brigands qui vivent dans des marérages (au bord de l'eau) ou dans des montagnes, afin d'échapper aux autorités. Ils vivent de rapines, mais cela ne les empêche pas de vvire selon un code de l'honneur, ce qui peut paraitre paradoxal pour des hors-la-loi. Certains apparaissent alors plus honnêtes que des citoyens normaux! Mais comme ces brigands n'ont pas de demeure fixe et sont rarement issus des classes supérieures de la société, la pratique du thé est assez limitée et il ne sera pas beaucoup question de notre boisson favorite dans ce livre. Mais il reste très intéressant pour comprendre l'une des dynasties où la Chine était à son apogée dans bien des domaines.
Ainsi, dans les deux premiers chapitres, il n'est question que deux fois du thé. La première fois (page 12), c'est pour dire que 'les moines hospitaliers servaient le thé' avant de servir un repas maigre (sans viande, car ils sont végétariens). Cette première mention du thé se passe donc dans un temple et non chez les brigands. Leurs festins sont plus arrosés de vin! Le thé, lui, permettait de rester éveillé durant la méditation et était donc un breuvage essentiel chez les moines.
La seconde mention du thé est bien plus originale. Si on a vu dans Proust que 'thé' peut désigner la feuille de thé, l'infusion, la maison de thé et la réunion sociale, il a à la page 14 une signification différente, déjà rencontrée dans Le rêve du pavillon rouge', le temps qui passe: "Après le départ du tigre, il fallut bien le temps nécessaire pour boire un tasse de thé avant que le grand maréchal pût se remettre péniblement sur pied."
A l'époque où se déroule l'action, il n'y avait pas encore de montre et au lieu d'utiliser une expression vague du genre 'après un instant' ou 'un peu plus tard', le thé permet de rendre plus réaliste et charnel le temps qui s'écoule. On le compte en temps qu'il faut pour boire une tasse de thé. Ce temps peut être assez long, car un thé a besoin de refroidir un peu avant qu'on puisse le boire et on ne le boit pas d'un trait, mais par petites gorgées pour mieux l'apprécier. D'ailleurs, je n'ai pas vu cette expression avec une coupe d'eau, mais toujours avec du thé, comme si la notion de thé impliquait un ralentissement et une prise de conscience du temps qui passe.
Si le sujet du temps vous intéresse, j'en profite pour vous recommander la lecture de cet article récent d'Olivier F Delasalle: Temps existentiel et temps scientifique. Le temps d'un thé est lié à notre expérience existentielle, alors que résumer cela à 10 ou 15 minutes est le temps scientifique, objectif.
Tuesday, April 18, 2023
How tea helps us understand the 3 major themes of Proust's Search
Tuesday, April 11, 2023
Baozhong instead of bunny in the Easter week
Monday, March 27, 2023
Empereur Huizong et le thé
Friday, March 24, 2023
Why try this Osmanthus scented Baozhong?
| Osmanthus flowers in San Hsia |
| The osmanthus tree grows on the tea plantation |
Tuesday, March 21, 2023
Le thé dans Le Temps Retrouvé, le livre VII de A la recherche du temps perdu, de Marcel Proust
Nous arrivons à la conclusion de A la Recherche du Temps Perdu avec Le Temps Retrouvé! C'est donc une histoire qui finit bien, et elle finit avec 8 mentions du mot 'thé'! Si j'ai bien calculé, cela fait 91 mentions dans toute l'oeuvre (3467 pages).
Retrouvez mes études antérieures en cliquant sur les liens suivants: Du Côté de chez Swann, A l'Ombre des Jeunes Filles en Fleur, Sodome et Gomorrhe, La Prisonnière, Albertine Disparue.
Voyons la signification du thé dans ce dernier livre et essayons de conclure cette longue étude d'une des plus grandes oeuvres de la littérature française. Comme avec un bon thé, je ne peux rester de marbre après la lecture d'un tel chef d'oeuvre et il y a beaucoup de souvenirs qui resteront avec moi le reste de ma vie. C'est d'ailleurs cela le thème de ce livre, retrouver des souvenirs personnels et arriver à les faire revivre dans le présent afin de goûter à un semblant d'éternité.
Page 33
"Quant à la charité, en pensant à toutes les misères nées de l'invasion, à tant de mutilés, il était bien naturel qu'elle fût obligée de se faire 'plus ingénieuse encore', ce qui obligeait à passer la fin de l'après-midi dans les 'thés' autour d'une table de bridge en commentant les nouvelles du 'front', tandis qu'à la porte les attendaient leurs automobiles ayant sur le siège un beau militaire qui bavardait avec le chasseur, les dames à haut turban."
Commentaire: Le 'thé' est donc la réunion mondaine de la fin de l'après-midi. Pendant la première guerre mondiale, l'auteur souligne le contraste entre les mutilés du front et le bon temps que prenait la haute société à discuter des nouvelles du front. Aussi, pour ne pas avoir mauvaise conscience ou prêter à la critique extérieure, il était de bon ton de faire quelques actions de charité lors de ces 'thés'.
Page 42
"Avant l'heure où les thés d'après-midi finissaient, à la tombée du jour, dans le ciel encore clair, on voyait de loin de petites tâches brunes qu'on eût pu prendre dans le soir bleu, pour des moucherons, ou pour des oiseaux."
Commentaire: Les thés finissaient donc à la tombée du jour, avant le dîner. Et ces tâches brunes sont des aéroplanes.
Page 155-156
"Maman allant justement à un petit thé chez Mme Sazerat, réunion qu'elle savait d'avance être fort ennuyeuse, je n'eus aucun scrupule à aller chez la princesse de Guermantes."
Commentaire: Les 'thés' comme réunions mondaines n'avaient pas tous la même importance sociale. Ici, on voit qu'il est plus valorisant d'aller chez la princesse de Guermantes que chez Mme Sazerat. La personne qui invite est un facteur déterminant dans l'importance du thé, mais la liste des invités, prestigieux ou non, y est pour beaucoup aussi. Ne pas s'y ennuyer compte pour beaucoup dans le prestige d'un 'thé'!
Page 172
"Toujours, dans ces résurrections-là, le lieu lointain engendré autour de la sensation commune s'était accouplé un instant, comme un lutteur, au lieu actuel. Toujours le lieu actuel avait été vainqueur ; toujours c'était le vaincu qui m'avait paru le plus beau ; si beau que j'étais resté en extase sur le pavé inégal comme devant la tasse de thé, cherchant à maintenir aux moments où il apparaissait, à faire réapparaître dès qu'il m'avait échappé, ce Combray, ce Venise, ce Balbec envahissants et refoulés qui s'élevaient pour m'abandonner ensuite au sein de ces lieux nouveaux, mais perméables pour le passé."
Commentaire: Ce passage est central à toute la Recherche. Le thé auquel il fait référence est celui de la madeleine (cf. tome 1) qui, dégustée avec du thé, lui rappelle si bien une émotion ressentie pendant son enfance et arrive ainsi à recréer la sensation de revivre ce moment passé. Cette fois-ci, il lui arrive une expérience similaire avec cette sensation d'un pavé inégal qui lui rappelle d'autres souvenirs de son passé. Ces sensations particulières arrivent à faire revivre le passé en lui et il est boulversé par cette possiblité de retrouver le Temps qu'il croyait perdu.
Page 255
"Bloch chez le prince de Guermantes savait parfaitement l'humble milieu juif où il avait vécu à dix-huit ans, et Swann, quand il n'aima plus Mme Swann mais une femme qui servait du thé chez ce même Colombin où Mme Swann avait cru quelques temps qu'il était chic d'aller, comme au thé de la rue Royale, Swann savait très bien sa valeur mondaine, se rappelait Twickenham ; n'avait aucun doute sur les raisons pour lesquelles il allait plutôt chez Colombin que chez la duchesse de Broglie, et savait parfaitement qu'eût-il été lui-même mille fois moins 'chic', cela ne l'eût pas rendu un atome davantage d'aller chez Colombin ou à l'hôtel Ritz, puisque tout le monde peut y aller en payant."
Commentaire: S'il peut apparaitre chic, de nos jours, d'aller dans un hôtel cinq étoiles, pour les contemporains de Proust, il n'y avait aucun prestige à aller quelque part où il suffit de payer pour entrer. Le vrai chic, c'est d'obtenir une invitation qui ne se monnaie pas par l'argent, mais par le prestige social et ses connexions.
Page 283
"La Berma, comme je l'ai dit, avait convié quelques personnes à venir prendre le thé pour fêter son fils et sa belle-fille. Mais les invités ne se pressaient pas d'arriver."
Commentaire: Ce thé va prendre une tournure tragique pour la Berma, un vieille actrice passée de mode. En effet, au même moment a lieu un autre thé, plus prestigieux, au cours duquel se produit une autre actrice concurrente. Seul un invité viendra chez la Berma, mais sans rester longtemps, car il veut rejoindre l'autre réception. Même son fils et sa belle-fille iront et la laisseront seule, malheureuse au point de mourir.
Page 307
"Venez prendre une fois le thé avec moi, je vous raconterai comment j'ai fait la connaissance de M. de Forcheville."
Commentaire: Toute la Recherche est un récit de la vie du narrateur. L'action se déroule donc surtout au passé ou au présent. D'ailleurs, ce dernier livre se déroule quand le narrateur et tous les personnages ont considérablement vieillis, proches de la mort, voire morts. Mais avec cette dernière mention du thé, nous nour projettons dans l'avenir! Mais le but de cette réunion future sera de discuter le passé! Voici qui résume bien l'interconnection que Proust cherche à opérer en gommant la notion de Temps au moyen de sa Recherche, au moyen de son art littéraire.
Conclusion: Je tiens encore une fois à remercier Olivier Delasalle de m'avoir embarqué dans cette lecture de la Recherche. Cela nous a pris un an à raison de 60 pages environ par semaine. Il m'a fallu un peu de temps pour m'habituer au style et surtout aux phrases parfois interminables de l'auteur. Mais leur longueur restait digeste, car ses phrases ne sont pas lourdes, mais dotées d'une musicalité qui donne souvent envie de les prononcer à voix haute. Comme un bon puerh, Proust arrive à rendre harmonieux des choses très denses et complexes. Et il le fait avec un semblant de facilité qui va croissant d'un livre à l'autre.
Ce livre est aussi l'histoire de la fin de l'aristocratie des provinces de la fin du XIXe siècle et remplacée progressivement par la haute bourgeoisie parisienne. Le thé peut alors symboliser ce moment de connivence, de cooptage et d'oisiveté ostentatoire si l'on veut en faire une critique sociale. Ces thés rythment la vie sociale des élites, car le thé était un produit exotique, rarffiné et cher.
Cela n'a pas grand chose à voir avec notre pratique actuelle du thé, centrée surtout sur le perfectionnement d'une technique de préparation (le gongfu cha) dont le but est de produire la meilleure infusion possible pour désaltérer le corps et purifier l'esprit. Le gongfu cha est-il un divertissement, un luxe, un moment de repos et d'évasion, un plaisir des sens ou un moment de création d'harmonie avec le Chaxi? Il a la possibilité d'être tout cela selon la manière qu'on l'aborde. Disons que l'aspect social est bien moindre, puisque traditionnellement le gongfu cha se pratique à trois seulement afin que la conversation reste intime et ne prenne pas le pas sur la dégustation. Dans Du Côté de chez Swann, le thé se pratique aussi à deux et est alors l'occasion de rendez-vous amoureux entre Swann et Odette!
Mais l'expérience sensorielle la plus importante du thé est avant tout personnelle. En cela l'épisode de la madeleine de Proust résonne profondément avec ma propre expérience du thé. Le narrateur a su décrire ce processus bizarre qui nous arrive quand une odeur ou un goût déclenche un flash back, un sentiment de déjà vu ou déjà bu! On a du mal à mettre des mots sur ce que l'on ressent, mais on sait que cela nous rappelle quelque chose. Il faut alors faire le vide en soi, lâcher prise et faire la connection avec son passé. Et avec certains thés, il m'est arrivé à remonter très, très loin dans le temps! En cela, le thé de Proust est à la fois central à sa Recherche et à la nôtre!
Thursday, March 16, 2023
Three encounters in a San Hsia tea plantation
So, I decide to follow along and make some small talk about the subject that interests me most, the weather and how it's affecting this year's tea. He confirmed that the winter had been quite cold, long and dry. In the past, thanks to Taiwan's island climate, it was often possible to start harvesting in late February. This year, the harvests have finally begun, but the quantity of leaves is quite limited. He hopes for more rain, for a larger harvest. This rain will usually later in the season. In the meantime, we can enjoy more concentrated aromas in the leaves and more freshness, thanks to the cooler temperatures.
The farmer shows me the easiest path to walk to the top of the plantation. I follow his steps complimenting him on his good shape. It's a steep climb and his breathing barely increases in volume. We reminisce about how we first met, thanks to his other son who was selling tea in a day market in Taipei's HuLin street, near Taipei 101, some 20 years ago... Time has flown for him and for me...
He's showing me the highest spot of the plantation, still carrying the saw, but not using it. The sun is slowly setting on the plantation and it's already quite dark under these trees. I have to go back to where there's light! This time our paths diverge. He's using a small path that goes around the plantation, but I continue to walk in the plantation in order to take more pictures.
At the foot of the hill, there's strange spot with few tea trees and several trees with flowers, even a mulberry tree! These flowers fill the air with wonderful perfumes that are absorbed, to some extent, by the BiLuoChun leaves.
Next to this tree, under the plantation, you can see some holes in the soil in the picture below. The soil seems freshly removed and I had noticed several other holes in the plantation. What animal could be living here? I must have scared one such animal by coming so near, because I heard a large noise in the grass and then the feet of a beast running away. Then, I recognized my second encounter. It was a wild, brown large hare or a rabbit. I only caught a glimpse of it as it was sprinting towards the top of the plantation! What a surprise! I had been bitten by a mosquito a few minutes ago, a sure sign that insects are plenty in this environment. But it's the first time I saw hare or a rabbit in a tea plantation!
What a joy to be able to leave the house after the cold winter. The garden meant freedom and friends with the naughty neighbors who were a little bit older than me and would send me to buy cigarettes for them when I was six! As a early teenagers, my school friends and I would ride our bicycles to play in the middle of the forest, in old trenches from the first or second world war. The intense smells of nature always bring back happy memories.
Thanks to Proust's book (which I just finished yesterday), I now understand that my childhood garden is what I'm longing for when I visit these plantations. I always go there in excitement, not just for the tea, but also to return to my childhood's favorite playground. The similar feeling and scents are bridges or portals to a distant past that becomes accessible again. It erases time and brings a quiet feeling of eternity, because the past has not ceased to exist. It still lives on, is part of me, and can be summoned with these visits and these tea smells.
So, my third encounter was with myself! And I realize better now how fortunate I am to have so many different teas with so many different aromas that help unlock so many different memories. My pictures are simply an attempt to catch the beauty of nature and the innocence of my childhood...
And if I can't always take a stroll in a tea plantation, I'll drink some tea!