Sunday, July 12, 2020

2003 Puerh feedback


This week I received my first re-order for my 2003 private factory sheng puerh cake. Stan had ordered a cake very soon after it became available again. This week, he ordered 2 more with this comment:

"Just got my order and this tea is incredible. (...) I liked this tea so much that I just ordered more before I praise it too openly! It feels like a secret worthy of protection. Just a total joy.

Thank you again, what a fantastic tea and a wonderful shop." 
Thank you for your positive feedback. Puerh prices for famous brands and gushu continue to rise at a frantic pace that continues to surprise even tea veterans! So, I'm glad to be able to provide this 17 years old sheng for a very reasonable price!
Since it's summer and so hot outside in Taiwan right now, here are some refreshing pictures of a high mountain Oolong Chaxi!
The tea is my Spring 2018 FuShou Shan Oolong. Brewed in an Yixing Zhuni and delicately poured into light celadon singing cups.

Note: It's again possible to send EMS packages to Australia!

Wednesday, July 08, 2020

Ce que j'ai appris sur le thé en nageant


Rien de tel qu'aller à la piscine ou à la mer en été! Nager est mon sport préféré et je m'y adonne trois fois par semaine. Mon rituel consiste à déguster du thé en mode Chaxi juste avant de partir nager. En cette période de l'année, mon choix se porte surtout sur les Oolongs de haute montagne, à la fois rafraichissants et énergisants. Quand il fait plus frais, j'opte pour du gushu puerh ou du Hong Shui Oolong pour plus de chaleur.
Là, j'utilise donc un Oolong de Da Yu Ling avec un gaiwan et des coupes en porcelaine céladon sur un Chabu turquoise représentant des vagues! Je suis déjà dans l'élément aquatique avant l'heure! Et il n'y a pas que l'eau que le thé et la natation ont en commun.
La semaine dernière, j'ai fait l'expérience de l'importance de la technique pour la natation! Avant, je nageais avec ma technique de crawl 3 km en 58 minutes ou bien en 56 minutes si je me mettais la pression. La semaine dernière, je regardai une vidéo d'un nageur pro sur YouTube et appris une nouvelle technique (dite de la flêche). Elle est plus relax, car on bat moins des jambes. En l'espace d'une semaine, je suis passé à 54 minutes pour la même distance! Juste en m'inspirant d'une vidéo et en fournissant moins d'efforts!
La natation, comme le thé, c'est très technique et aucun geste n'est laissé au hasard. Et plus on prend de mauvaises habitudes, plus il est difficile de les changer. Je remarque que je souffre beaucoup pour désapprendre mon ancienne technique et assimiler la nouvelle. La répétition ne suffit pas. Encore faut-il répéter avec les bons gestes! Le mieux est de commencer tôt par apprendre auprès de quelqu'un qui maitrise les bonnes techniques.
L'autre similitude, c'est l'aspect zen, bulle hors du temps, qu'il y a dans ces 2 activités. Elles nous invitent à une concentration totale, à être dans l'écoute de son corps, à faire silence dans sa tête.
Nager comme un poisson, c'est aussi apprendre à utiliser le flux de l'eau à son avantage. L'eau est l'élément taoïste par excellence, celui du renouvellement perpétuel, celui qui s'adapte totalement à son environnement, celui qui franchit les obstacles avec le moindre effort... L'eau est la mère du thé. Elle est l'élément indispensable au thé.
Et finalement, comme pour toutes les activités techniques (jongler, faire de la musique...) il arrive parfois ce moment qu'on caractérise de 'flow' en anglais. C'est quand la coordination des gestes se fait naturellement, sans réfléchir, et que l'on se sent dans un état de grâce. 'Tout baigne'!
Et avec le thé, on sait qu'on a réussi quand nos papilles nous livrent leur verdict. Pureté, douceur, longueur en bouche, fraicheur et clarté de l'infusion. Avec ce Da Yu Ling, j'ai l'impressions d'être à Grasse avec les notes de lavande et à la Côte d'Azur pour tout le reste!

Monday, July 06, 2020

For a few puerhs more

In 2017, I wrote about this puerh in an article called "2003, puerh far West". It made quite an impression in the puerh world, especially here, and my stash sold out quite rather quickly. A few days ago, I got a call from my source who remembered I hoped to buy more. He had found a couple of jians in his inventory! Like a long lost treasure, the cakes had been brought to his remote warehouse and forgotten.
And the good news doesn't stop here! 3 years have passed since I first had this cake and the storage in this remote location has been rather dry. The smell of the cake is cleaner and fresher!

In addition, by purchasing a full jian, I also have more information about this private company puerh. It turns out that these cakes are made in the style of Menghai Factory 8582! (A genuine 8582 from the 1990s would cost over 10,000 USD in China right now.) It is therefore no wonder that this small factory cake feels thick and has rather large leaves, like a 8582.
But enough talking. Now comes the time for the brew. It is silence in a hot summer afternoon. All you can hear is a fan blowing a breeze of humid air while the tetsubin slowly comes to a boil. Like Clint Eastwood facing Lee Van Cleef in 'The good, the bad and the ugly', I try to keep my cool while emptying that boiling hot water from the gaiwan in the cups. Ayayayay!
And look! Here's the gold! It's shining dark orange in the cups! The scent of aged puerh is definitely there! The good old times when we were kids and real men were cowboys chasing after desperados! The smell of wooden furniture in a saloon and the earth under the hooves of the mighty horses...
 Drinking aged puerh has a lot to do with nostalgia, I feel. So many memories hide in the scents of such leaves. And when they come out, there's the sweet pleasure of the dependable and old friend. 
In memoriam of Ennio Morricone who passed away today at the age of 93. Grazie!

Tuesday, June 23, 2020

Déguster de beaux thés

Pour Soetsu Yanagi, l'ami du potier Bernard Leach (1887-1979), un critère important de la beauté d'un objet est son utilité. La beauté ne saurait pas simplement être esthétique, mais elle se doit aussi d'être pratique. Avant d'apprécier ses formes, ses couleurs, on apprécie surtout l'aide que cet objet nous apporte, la manière dont il remplit sa fonction avec brio. Soetsu Yanagi développe cette reflexion dans 'the unknown craftsman, a Japanese insight into beauty'.
Dans ce livre, il est beaucoup question de thé, car c'est l'activité Japonaise par excellence qui fait appel à des objets artisanaux à la fois pour leur beauté et leur utilité. En effet, la raison d'être du thé, c'est d'être dégusté, pas d'être collectionné comme une oeuvre d'art!

Il y a quelque chose de très moderne et d'écolo dans cette pensée: au lieu de créer des objets d'art beaux mais inutiles, les artistes devraient surtout créer des objets utiles et beaux! Ainsi, notre vie se trouverait à la fois embellie et facilitée!
Dans cet esprit, un accessoire qui reste toujours dans le placard ou sur son étagère, c'est un objet qui n'existe pas car il ne nous rend jamais service. Pareillement, un thé qu'on garde indéfiniment dans une jarre ou un sachet, c'est un thé qui n'existe pas pour nous! La beauté d'un accessoire ou d'un thé est affaire d'expérience, de sensations et de souvenirs.
Et c'est cela qui est sympa avec un Oolong torréfié traditionnel: on peut le déguster sur de nombreuses années et suivre son évolution. Le thé devient un compagnon vivant avec lequel on va jouer pour obtenir des arômes raffinés! Ici, j'ai préparé une Beauté Orientale de Hsin Chu d'automne 2010. Cet Oolong commence à développer des senteurs un peu boisées et âgées en plus de ses notes fruitées et mielleuses.
J'ai récemment appris que les Oolongs Beautés Orientales sont souvent au menu des diners d'inauguration des présidents de la République de Chine (= Taiwan). Ces diners officiels sont l'occasion pour le président entrant de montrer son attachement au terroir de Formose en utilisant les produits locaux. Or, si l'on choisit plutôt la Beauté Orientale qu'un Dong Ding ou un Gao Shan, c'est surtout car ce thé fortement oxydé a des arômes généreux, et qu'avec sa torréfaction, il a une bonne longueur en bouche. Le tout permet de réaliser de jolis mariages entre mets et thé.
Pouvoir utiliser un thé lors d'un Chaxi et lors des repas ajoute à son utilité, et donc, comme dirait Yanagi, à sa beauté! Et si en plus on le prépare un tant soit peu avec de bons accessoires et des couleurs harmonieuses, c'est le bonheur! Un gaiwan facile à manipuler est alors un excellent exemple de beauté fonctionnelle.
Juin est la saison phare pour la récolte des Beautés Orientales. Mais leur production va se prolonger tout l'été, car elle requiert une torréfaction attentive pour les parachever et bien les affiner. Il n'est pas nécessaire de se précipiter sur les nouvelles feuilles quand celles de 2010 sont si bonnes! La vraie beauté est pérenne. Elle ne connait pas les modes.
La beauté du thé dépasse sa dimension esthétique. La reflexion de Soetsu Yanagi nous entraine à des niveaux bien plus profonds et pour chaque objet du Chaxi on peut à la fois se poser la question de sa beauté, de son utilité et de sa relation avec les autres accessoires. Le tout est-il harmonieux? A-t-on fait honneur au thé et à la vie? La beauté de cet instant ne nous est-elle pas aussi utile pour nous donner envie de vivre?

Friday, June 19, 2020

Is Chaxi brewing conservative or progressive?


2003 wild Yiwu puerh
"Don't talk about politics during tea! It's going to divide and to upset you. This is the exact opposite of what we try to achieve when we taste tea: sharing a pleasant experience that brings us closer together." This is the good advice I received when I started to take tea classes with Teaparker 17 years ago. And like this 2003 puerh, this advice has aged very well! So, despite the controversial title to this article (let's call it 'click friendly', which is more polite than 'clickbait!), I hope to stay true to the initial goal of tea in this article: bringing people together.
But let's first acknowledge that tea is very conservative and traditional in the sense that it takes centuries to evolve. First, from the Han to the Tang dynasty, tea used to be boiled. Then came the 'whisked in a tea bowl' transition that lasted for 2 dynasties, Song and Yuan, or about 400 years. Eventually, the method of brewing loose leaves started during the Ming dynasty, around 1370. Brewing Chinese tea, especially green tea, hasn't changed much in the last 600 years.
Besides. porcelain had been mastered during the Eastern Han period (25-220 AD) and we can see that shapes and styles of tea accessories are passed from generation to generation and from one dynasty to another.
The most famous tea book and tea master in Chinese history is Lu Yu (733-804) who is to tea what Confucius is to Chinese philosophy: a distant voice from the past who understood how everything is connected before anybody else.
So, I think that there's a good case to be made that brewing Chinese loose leaf tea is a very traditional and conservative activity.
But, on the other hand, when you look at the Chaxi I'm posting in my articles, don't you think that each one is rather unique and not something repetitive that we associate with traditions? The Chaxi, my set up and my brewing are not rigidly codified. There's no fixed recipe like X grams of tea, Y ml of water at temperature Z brewed for T seconds. There are rules, but only few (preheating, boiling water) and there's lot of freedom within them. What counts is not the respect of ancient traditions per se, but the pursuit of tea happiness!
So, is a Chaxi more liberal and progressive than traditional?

Well, as I said earlier, tea is meant to bring us together and I now want to introduce the central idea of the Chaxi: harmony.
Harmony of colors, harmony of feeling, harmony between the tea and the accessories, harmony of the taste, of seasons... A Chaxi aims to combine and to create this harmony between everything. It uses what we've learned from the past, the beautiful shapes that were handed down from one generation to another... And the more the Chaxi links the past to the present, builds on traditions to express our individual creativity and feeling, the closer we come to beauty and harmony.   
So, for me, the Chaxi is both conservative and progressive. It keeps the tea traditions alive and it stimulates my own creativity.
Harmony is to seek this balance. 

Chaxi list:
Yixing Shuiping teapot
Tea boat by a Taiwanese friend
Yuan style celadon cups by David Louveau
Ancient celadon tea jar
Late Qing dynasty qinghua plates
Japanese silver teapot
Celadon Jianshui based on a Jin dynasty (266-420) jar
Celadon vase by Jacob Bodilly
Chabu created by tea-masters.com
2003 Spring wild raw puerh from Yiwu

Tuesday, June 16, 2020

DYL 104K


5 years ago, in my article 'Da Yu Ling, Sorrow and Joy', I reported about the uprooted plantations of Da Yu Ling, the mountain where the highest tea gardens were located at 2650 meters elevation. The loss of these wonderful tea gardens caused considerable emotion in the Oolong tea world. The fame (and price) of the remaining Da Yu Ling plantations grew as a consequence.
Indeed, Da Yu Ling Oolong has a very unique flavor profile. It's very refined, cool and has lots of aftertaste. And there's also a difference if the plantation is located near kilometer 95 or kilometer 101. The higher that number on the road No. 8, the higher the elevation of the plantation! This means more potential for greatness!
In the last 5 years, I could get my hands twice on a 102K and once a 101 K DYL. But a 104K was out of reach. This plantation barely produces 60 kg per season, so it is usually sold out before the tea is produced! But not this year! (I guess that fewer Chinese tourists and buyers can be a blessing for Western DYL lovers!)
But if a high plantation elevation means potential, how does this particular DYL compare to others? Does it live up to its fame? For me, the answer is simple: this 104K DYL has an amazing energy and aftertaste. It's everything I expect it to be. However to achieve this potential, one has to brew this tea correctly.  Boiling water, not too many leaves so that they open up well, but not overbrew!
 The mineral taste lingers vividly on my tongue. Its beauty shines through!

Saturday, June 13, 2020

Wenshan Baozhong de 50 ans


Il me reste quelques feuilles de ce Baozhong dans cette jarre qinghua de la dynastie Ming. Ces feuilles viennent de mon maitre de thé, Teaparker. Il m'avait demandé de faire un Chaxi pour infuser ce thé en présence de sa nouvelle classe de Tea Sommelier au Landis de Taipei, la semaine dernière. Et comme nous n'avons infusé ce thé que deux fois, j'ai pu continuer à le déguster chez moi, avec les mêmes accessoires.

Ce qui est intéressant, c'est que ses élèves avaient déjà bu le même thé le jour précédent, lors de leur première journée de cours. Deux autres étudiants expérimentés avaient préparé ce Baozhong: un le matin, l'autre l'après-midi. C'était donc la troisième fois qu'ils buvaient le même thé, préparé par quelqu'un d'autre avec d'autres accessoires (mais avec la même eau). Et ce qui les a frappés, c'était combien les arômes changent d'un Chaxi à l'autre! C'est aussi ce qui m'a fasciné quand j'ai commencé à prendre des leçons avec Teaparker: sa capacité à infuser le même thé mieux que ses élèves. A chaque fois, donc pas par chance, mais par gongfu, savoir-faire.
Le Chaxi est donc bien plus qu'une démarche esthétique. Elle respose sur des connaissances, de l'expérience qu'il s'agit de réunir en un savoir-faire. Et le tout vise à faire comprendre le thé pour en faire ressortir ses arômes les plus vrais et caractéristiques. 
Or, pour mon infusion, ces nouveaux élèves dirent qu'elle différait en un point important avec celles du jour précédent: chez moi, ils arrivaient à goûter à la fraicheur, à l'énergie originelle du thé. Avec les Chaxi précédents, ils avaient surtout ressenti le côté vieux et médicamenteux du thé! En cela, ils ont pu faire une expérience formidable: goûter la jeunesse et la pureté d'un Baozhong d'il y a un demi siècle! Voici l'un des plaisirs les plus raffinés du monde du thé: transcender le temps avec des arômes d'une grande pureté.
L'astuce - le secret pas si secret vu que j'en parle souvent - pour bien infuser un Oolong torréfié, c'est d'utiliser une bonne jarre en porcelaine pour réveiller et affiner les feuilles avant leur infusion. Mais ce n'est pas la seule astuce. Le thé est si sensible que chaque détail a un impact. C'est pourquoi c'est frustrant pour qui veut faire des progrès rapides. S'il est parfois possible d'avoir une illumination dans son chemin du thé, la plupart du temps, l'apprentissage se fait de manière très graduelle et requiert une pratique régulière. Mais rien de tel que du bon thé pour nous motiver à apprendre!