Wednesday, September 15, 2021

Lotus on porcelain

In my latest video, I introduce all the novelties and novel teas I have added to my boutique's selection since the start of the summer break. 

There were so many new items that I wanted to address them all in this new format. Writing product descriptions is not much fun, so I hope that a video can be a little bit more entertaining and interesting. In this video, I also answer the link between the pictures of lotus flowers I post and tea.
The direct link is that among the new tea ware are 2 lotus teapots: a blue on white teapot
and this polychrome teapot below. However, I forgot to mention something quite important about these new products in the English video. They are not so new, but were made around 20 years ago by my Taiwanese porcelain workshop. And the reason that I feature them now, in particular, is because this product line of hand painted porcelain ware is slowly but surely selling out. And, as is often the case, you only realize that something is special when it's about to disappear!

These wares are symbolic for an era and a philosophy. It was the era of new affluence when people had more time and money to spend on tea. And the philosophy was to make the beauty of a hand painted flower or landscape affordable and available to a large public without turning it into kitsch. The price was set higher than a similar plain ware, but not that much higher. Unlike Meissen or other luxury porcelain brands that charge a small fortune for their works, because they require a lot of detailed work, these porcelains were painted in large numbers with free brush strokes, like in ancient times. This is obvious when you compare these 2 teapots. 
Unfortunately, these wares didn't find a large market and the painters were let go long time ago. This means that what sells are the decorations that are reproduced by machines cheaply. Otherwise, if you want something painted by an artist, it will be priced accordingly as a piece of art. 
So, let's enjoy the flowers while we can.
Or hope that new seeds will be planted and flourish in the future.

Tuesday, September 07, 2021

Le thé infuse 'Le Rêve dans le Pavillon rouge'


Pour ma vidéo de rentrée, je vous ai parlé du plus grand roman chinois classique, 'Le rêve dans le pavillon rouge' de Cao Xueqin. C'est un livre que je vous recommande de lire pour tout un nombre de raisons.

Commençons par celle qui est le plus en rapport avec la passion qui nous réunit sur ce blog: le thé! Ce roman n'a pas le thé pour sujet principal, mais, avec plus de 400 mentions du caractère cha/thé, notre boisson favorite est très présente tout au long de l'histoire.

Non seulement l'auteur parle de thé dans le contexte historique du début de la dynastie Qing, mais en plus il le fait dans un cadre très raffiné, celui d'une famille puissante, proche du palais impérial. Et si Cao Xueqin arrive à si bien décrire cette 'ambiance de luxe, c'est car il est lui-même issu d'une famille qui a été très riche. En effet, son arrière grand-mère fut la gouvernante du futur empereur Kangxi, et son grand-père, Cao Yin fut son compagnon d'étude. C'est pourquoi, lorsqu'il accéda au trône, il nomma Cao Xi, le mari de sa gouvernante, au poste d'intendant des soieries impériales de Nankin. Puis, à la mort de Cao Xi, c'est son fils Cao Yin, l'ami d'enfance de Kangxi, qui lui succéda. 

Or, la soie était l'un des produits de luxe chinois par excellence. Son administration permettait de gagner beaucoup d'argent, car la soie servait notamment à confectionner les habits de l'empereur et de toute sa cour! Grâce à cette charge, les Cao avaient aussi un contact direct et privilégié avec un empereur qui leur a même plusieurs fois rendu visite, honneur suprême.

Mais tout n'est pas que luxe, calme et volupté dans la vie et dans ce roman. Dans la vraie vie, à la mort de l'empereur Kangxi, avec l'accession de Yongzhen au trône, ce poste d'intendant des soieries fut confié à un proche du nouvel empereur et les propriétés de la famille Cao furent confisquées. Cao Xueqin doit faire preuve de beaucoup d'imagination pour que son livre n'apparaisse pas comme autobiographique, car il pourrait s'attirer les foudres des censeurs et d'un empereur qui a beaucoup de morts sur la conscience. 

Aussi, le vocabulaire est parfois cryptique, poétique ou très précis. Si bien que dans les facs de lettres chinoises, on a des chercheurs qui se consacrent à l'étude 'du rouge' (hong xue), c'est à dire à l'étude de ce livre majeur, pour bien comprendre tous ses sous-entendus et allusions. Or, en ce qui concerne les nombreuses allusions au thé et aux accessoires, les experts littéraires se sont pratiquement toujours trompés! Et c'est normal, car ils ne sont pas experts en thés ou en céramiques!

Je vous propose donc de lire ce livre. Dans quelques mois, je commenterai alors toutes ces références mystérieuses et vous fournirai les clés et les explications des références au thé!

Bonne lecture! Et elle n'en sera que meilleure si elle est accompagnée d'un Oolong ou d'un puerh de ma sélection! (Note: sur ces photos, en plus des assiettes de la dynastie Qing, j'ai utilisé ma théière zisha datant du règne de Qianlong, contemporain de Cao Xueqin!) Rarement le plaisir du thé n'accompagne avec autant d'à propos la lecture d'un livre.

Wednesday, September 01, 2021

Celebration Chaxi for my son's university admittance

Spring 2003 competition Dong Ding Oolong
In Taiwan, the university entrance exam is one of the most important milestones in your professional life. Using exams to select the elite for the Chinese government dates back to the Sui dynasty (581-618). A lot of people would apply, but few succeeded. Even the famous Tang poet Du Fu was rejected and complained in many poems about the lack of recognition of his skills, and his poverty.

So, education is very competitive and all parents and pupils' dream is the No. 1 university in Taiwan: NTU, the National Taiwan University! As I have announced yesterday on Facebook, my son got accepted at NTU, in the chemistry department, his dream field!

This is an amazing achievement and we couldn't be happier. Immediately, I thought of a fitting Chaxi to celebrate his performance. The tea of this Chaxi is a top 10 winner of the 2003 Dong Ding Oolong competition. I had been gifted this tea when my son was born and kept some preciously in a qinghua porcelain jar. The fact that this tea got high marks in a competition is a perfect fit.

Then, I wanted to brew this tea in a fitting teapot with a lot of symbolism. In Chinese culture, everything is symbols, and it starts with the language! So, I selected this Yixing Duanni Tiliang teapot with a shipiao shape. On the right hand side, we can see a poem, one of the highest art form of a civilization. It's a symbol for beauty and culture, what my son will continue to learn at the university when he'll study chemistry.
The chrysanthemum on the jar is a festive flower in Chinese culture. It looks like a firework! And the Chabu has a main blue theme, a symbol for the sky, the horizon and a bright future. The powerful dragons flying are the elite students and almost nothing can stop their ascent!   
With good tea and teapot we can obtain the finest results. We are turning a raw material into a delicious and refined beverage! It brings joy and peace of mind. And, on the other side of the teapot are some old Chinese coins. They symbolize the fortune I wish for my son. May he turn his knowledge and research into something useful and valuable for mankind!
My son liked the taste of the aged Oolong, but when I tried to explain all these symbols in this Chaxi to him, he said: "I can bullshit better than that!" Well oh well, he is a teenager, after all! And if he wants to learn about science, it's good to question what he's taught! 

Monday, August 30, 2021

50 ans, tout un symbole!

Cette année, mon anniversaire est tombé pendant que Taiwan faisait face à la propagation du virus. Il était difficile de voyager et de faire du tourisme dans l'ile. C'est dommage, car j'ai gardé un excellent souvenir de mes 40 ans et de ma première visite de Da Yu Ling. Cet été, mes voyages furent nécessairement plus livresques et je vous en reparlerai longuement dans d'autres articles!
Pour cette occasion spéciale, ma femme a su trouver et m'offrir un set en porcelaine de JingDeZhen assez exceptionnel. Il s'agit non seulement d'un gaiwan polychrome dragon et phoenix, mais aussi 5 coupes fines et un bateau à thé décorés des mêmes motifs!  
En Chine, tout est symbole, même l'écriture! Le phoenix et le dragon représente le couple impérial. Et comme chaque homme est roi chez soi, il s'agit de nos jours d'une célébration du couple. N'y a-t-il pas 4 coeurs au centre du bateau à thé? Et ces 5 coupes, c'est comme le Wu Cai, les 5 couleurs. Le chiffre 5 (ou 3) ne signifie pas 5, mais 'nombreuses'. Et donc, ces 5 petites coupes sur le bateau signifient d'avoir de nombreux enfants! (Je passe sur le fait que l'on ne trouve que des dragons sur les petites coupes...). 
Par-delà le symbole, ma femme et moi avons effectivement eu plus qu'un enfant et c'est une de mes plus grandes satisfactions, le meilleur des cadeaux, quand je fais un rapide bilan de mes 50 ans sur terre. Que ma vie serait terne et sans saveurs sans mes enfants...
Mais un accessoire reste un objet au service du thé! En soi, il n'a pas grand intérêt. On voit d'ailleurs que c'est quand il contient du thé (du Hong Shui Oolong sur ces photos) qu'il prend vie et rayonne!

Aussi, pour mes 50 ans, j'ai utilisé ces coupes sur ce bateau et préparai deux ou trois grammes de ce puerh des années 1970 dans une petite Yixing zisha de la même époque! C'est incroyable combien de fois ces anciennes feuilles peuvent être infusées. Et elles n'ont rien de vieux! C'est un concentré de finesse, d'arômes boisés et de longueur en bouche. Avec le thé, on est à la fois dans le symbole et dans le concentré d'expérience vécue. Il ne touche pas que l'intellect ou le coeur (par l'art), mais tout le coeur par le jeu des 5 sens. C'est pour cela qu'il sait me toucher et m'émouvoir au plus profond et que je ne me lasse pas d'infuser du thé quotidiennement.
J'en profite aussi pour annoncer la reprise des vidéos en français dimanche prochain sur Facebook

Tuesday, August 24, 2021

A tea trip to the Qilin pond

Qilin pond at the foot of Dong Ding

The Qilin pond is at the heart of the Dong Ding region. The slopes on the right lead to the village of Dong Ding. When you take the road on the left, you first pass the village of Yong Lung and then you arrive at Feng Huang, the highest village of this famous tea region in central Taiwan. Far away, we can even see the mountains of Shan Lin Xi piercing through the afternoon clouds. 

This spot overlooking the lake is really ideally located to drink some of the best competition Dong Ding Oolong! The air is filled with the same sweet fragrances of flowers that escape from the leaves.  

We can even see Oolong plantations from this table! So, let's have some competition Dong Ding Oolong!
Porcelain gaiwan or Yixing zisha is a matter of personal choice and taste. Those who love the freshly roasted aromas may actually prefer the gaiwan. And those who like to brew smooth, but strong, can use a small shuiping teapot!
The farmer who has roasted my 2021 spring competition Dong Ding Oolong won the competition less than 10 years ago. He told me that this year the roasting level is coming back to the level it was when he won. In the meantime, the judges had been pushing for very strong roasts. Now it's getting more reasonable again. 
Maybe this was somewhat influenced by Wuyi's Yancha, the grand father of Dong Ding Oolong. The commercial YanCha are too much roasted, so that (Chinese) tea drinkers may have come to expect this from Dong Ding Oolong as well. 
Anyway, now it's back to a more reasonable level. It makes a lot of sense, because the farmers have their best plantations in the higher elevations of Shan Lin Xi. So, the best competition Dong Ding teas have already be coming from the mountains (and not the Dong Ding region) for a while. A lighter roasts helps to preserve the finesse of the aromas. The leaves unfurl better and, most importantly, the freshness can still be felt at the end of a very long and powerful aftertaste. 

So much happens in this aftertaste: salivation, sweetness, a dry feeling on the tongue, the natural scents of Dong Ding playing on the palate...!
And now that I'm drinking this competition Oolong at home, it brings me back to that spot  with a view on the Dong Ding tea plantations,
the Qilin pond and the green mountains of central Taiwan.
Have a nice tea trip!

Friday, August 13, 2021

TeaMasters Feedback


Before I quote another happy customer, let me share some happy news: The Taiwan Post office is delivering small packages (less than 2 kg) to the UK and Russia again!

Et maintenant, voilà le message que j'ai reçu de David, qui habite l'Afrique du Sud. Il a du faire transiter sa commande par la France, car il n'est pas possible de faire des envois de Taiwan vers l'Afrique du Sud actuellement. 

"Je voulais te remercier très chaleureusement. C’est une explosion de petit paquets de thé qui me rend très heureux! J’ai hâte de les préparer et d’apprécier les différences et subtilités entre chacun d’entre eux. Merci de rendre tout ça disponible et accessible si facilement. La qualité de ta sélection est de très loin supérieure à toutes les « grandes maisons » de thé qui sont pourtant reconnues. Un grand merci donc pour tes efforts et ton expertise incomparable dans ce domaine! 
Au plaisir de te rencontrer en personne peut-être un jour."

Merci beaucoup pour ce gentil mot de reconnaissance de la qualité de mon travail de sélection et d'explications. J'espère que tout se passe bien pour toi en Afrique du Sud et que tu auras un jour l'occasion de venir à Taiwan pour un cours de thé avec moi!!

Monday, July 26, 2021

2003 Spring raw puerh cake feedback

 

2003 sheng puerh cake

I continue my summer blogging with this feeback I just received today from Vitaly!

"Yesterday, I had my first session of the 2003 puer with friends. To be frank, while the whole purchase was made just to try that tea, I did not expect much for that price. It came as a surprise indeed. I must praise you for your description of the tea in your blog and on the product page - it's 100% precise. And the tea is truly great for what it is, especially the storage - it's just how I like it."

Thank you very much for sharing your thoughts about this 18 years old tea. I'm especially glad that you found my description accurate. I always try my best to explain why a certain tea is worth its price without overpromising.

That being said, this tea has a strong appeal for the nostalgic puerh fans. 18 years ago, they were enjoying these large cakes (357 gr) of fresh sheng at ridiculous prices compared to today's offerings, while aged sheng was already more expensive than new puerh. Here, it's an aged cake priced like a fresh puerh 12 years ago! It's almost like entering a time machine, enjoying the prices of the past and coming back to today to enjoy the aging!!


Thursday, July 22, 2021

Hung Shui SiJiChun feedback


This comment from Kelly on FB made my day: 
"I just had the 2020 Hung Shui 'Dong Pian' Oolong from Mingjian sample you sent me and wow! It was gorgeous, the flavour, the relaxed buzz, the smell and experience. My mouth has been watering all day, the taste lingers in the best possible way. I never knew how much I loved Oolongs, thank you for introducing me to a good brew. The stuff I had from other shops was so inferior, and honestly turned me off of Oolongs. So seriously thank you. I hope you're enjoying your summer. Your tea is defiantly helping me enjoy mine."

I'm glad that you've enjoyed this finely roasted Oolong. It's the cheapest in my selection, but it is 20% more expensive than the fresh Si Ji Chun Dong Pian Oolong that is the unroasted version. That's because Hong Pei, roasting, is an art that requires skill, time and therefore has a price. And those who compare the fresh Dong Pian and its roasted version will discover the transformative power of roasting. At first, this roasting process helped to preserve the flavours of the leaves during the long transportation of the tea during the Qing dynasty (1644-1911). And it was also a way to refine and add depth to the taste. 

Note 1: these 2 Oolongs (fresh and roasted SiJiChun) are also included in the TeaMaster's sampler for beginners.

Note 2: The online boutique remains open this summer. I might just take a week or so off in August.

Tuesday, July 20, 2021

Le thé, l'incompris des séries et de la littérature en Chine


La plupart des séries chinoises télé se passent dans la Chine impériale d'avant 1911, durant des dynasties diverses. La plus célèbre des dynasties classiques pour son intrigue est sans doute celle des '3 Royaumes' (220-280) qui a donné naissance à l'un des canons de la littérature chinoise du même nom. Mais les dynasties Han, Tang, Sung, Ming et Qing sont aussi souvent portées à l'écran. Et parfois, pour des fictions ou des séries de gongfu fantastique, la dynastie n'est pas vraiment définie. L'avantage pour les créateurs de ces histoires campées dans les temps anciens, est de pouvoir échapper à la censure du parti communiste. En effet, comme celui-ci n'y existait pas encore, il n'est pas nécessaire d'y faire référence et de le glorifier.

Story of Yanxi Palace, une rare réussite 
Je ne suis pas un spectateur assidu de ces séries, mais comme elles sont divertissantes et parfois très esthétiques, il m'arrive d'en regarder des bribes, surtout quand on y voit les protagonistes préparer du thé.

2 choses me frappent. Le thé est de plus en plus présent dans ces séries. Et secondo, les anachronismes sont plus que nombreux, presque systématiques. Il est très rare que la manière de préparer le thé corresponde fidèlement à la réalité de l'époque. Les erreurs les plus grossières sont l'emploi de petites théières pour préparer le thé dans les dynasties Ming ou antérieures (or les petites théières ne datent que de la dynastie Qing, 1644-1911). Ou bien de voir le thé en feuilles dans les dynasties antérieures aux Ming. Ou bien de voir des accessoires du commerce d'aujourd'hui dans des scènes de la dynastie Qing...

The Flame's Daughter, Aie, cette bouilloire moderne!

Pourquoi ces anachronismes?
Avant d'envisager un complot, il faut toujours envisage l'ignorance, comme disait Michel Rocard. Et puis, c'est aussi difficile de trouver des accessoires qui imitent fidèlement la réalité des temps très anciens, surtout avec des petits budgets. Pour les Ming et le Qing, on a plus de facilité à trouver des accessoires identiques, et c'est pourquoi les anachronismes sont moins évidents aux yeux des amateurs débutants.

Mais si l'on devait chercher une explication moins innocente, je dirais que si l'on voit parfois des bouilloires, des jarres neuves, c'est souvent de la publicité déguisée. Ce sont des placements de produits similaires à ceux que font les grandes marques dans les films de James Bong (quand il conduit la dernière BMW ou bien visionne une vidéo sur un iPad...). Ce genre de pub se fait beaucoup dans les séries chinoises pour la télé.

Mon autre explication, est qu'il y a un désir de promouvoir le thé comme une activité sociale très distinguée. La connaissance du thé s'accompagne inévitablement d'un grand respect pour ce personnage dans la série. Il démontre ainsi qu'il a plusieurs cordes à son arc. La maitrise du thé, la possession d'accessoires de qualité et de feuilles renommées ajoutent au prestige social du personnage dans l'intrigue. C'est aussi une pub déguisée pour le thé et, avec ses 1,4 milliards d'habitants, cela explique pourquoi les meilleurs thés et accessoires deviennent de plus en plus chers en Chine.

De plus, la pratique du thé chinois est aussi une manière de respecter les traditions ancestrales. Cette explication est peut-être un peu capillotractée, mais, en montrant que le thé n'évolue pas depuis mille ans, ce qui est faux, il y a peut-être aussi un message politique conservateur, opposé au changement...

Même dans les livres de Jin Yong (1924-2018), écrivain de HongKong, il y a des anachronismes. Jin Yong est le grand auteur de cape et d'épée chinois. La traduction de 'Tian Long Ba Bu' s'est achevée récemment et vous trouverez cette histoire en 5 tomes aux Editions You Feng. Je vous recommande sa lecture distrayante à la plage cet été. L'histoire se passe durant la dynastie des Song (960-1279) quand le thé était vert, en poudre et fouetté dans des bols noirs et bu dans ces bols. Malgré ce fait historique, page 263 du tome 5, on peut lire: "Des tables à thé sont disposés en rangs, portant chacune un gaiwan de porcelaine blanche aux dessins bleus". A la page suivante: "Il prend la tasse, ôte le couvercle et renverse le thé ainsi que les feuilles dans sa bouche." Il ne s'agit donc pas de thé vert en poudre, mais de feuilles entières. Passons sur le fait que le personnage (originaire de Tufan) ingère aussi les feuilles, on voit que la préparation est telle qu'on la rencontre encore de nos jours. Or, si on a trouvé quelques porcelaines blanches avec du bleu durant la dynastie Tang (618-907), ce n'est qu'à partir des Yuan (1271-1368) que ce style se répand en Chine. Et le gaiwan n'apparait comment instrument pour préparer le thé que chez les Ming (1368-1644).

Pour Jin Yong, je pense que cette erreur historique provient soit de l'ignorance de l'histoire du thé, soit d'un désir de ne pas rendre la lecture de son roman trop ardue en expliquant comment le thé était fait autrefois. En effet, son récit a beaucoup de rythme et ses descriptions sont rares et brèves.
Gaiwan qinghua, rouge, vert et doré sur la couverte avec décoration de 'grains de riz' translucides

Le meilleur roman classique chinois qui parle avec exactitude du thé, quand il en est question, est Hong Long Meng, le rêve dans le pavillon rouge, de Cao Xueqin. Mais ce chef d'oeuvre du milieu du XVIIIème  siècle est d'un tel niveau que même ses exégètes se trompent quand il s'agit d'expliquer les références au thé et aux accessoires de thé contenus dans ce livre. Il faut savoir que Cao Xueqin fait parti de la famille qui fabriquait les vêtements de l'empereur. Il a fréquenté la cour et est donc très au fait de ce qui se fait de mieux dans la Chine de son époque pour le divertissement des élites. Les références dans ce livre complexe, foisannant de personnages, sont souvent difficiles à comprendre et à interpréter. Aussi, le Hongxue désigne l'étude de ce livre exceptionnel de la littérature chinoise. Or, selon notre étude avec Teaparker, la plupart des explications actuelles sur les thés ou accessoires mentionnés dans ce livre sont inexactes! 

Le thé est donc trop simplifié dans les oeuvres modernes, ou bien il est trop complexe et insasissable dans les oeuvres anciennes, même pour les Chinois! Sa connaissance (ou son ignorance) est donc effectivement un vrai marqueur social en Chine. Il y a les savants, les ignorants et, pire que les ignorants, ceux qui croient savoir et ne tiennent leur savoir que de ce qu'ils ont vu dans les séries actuelles!
Concubine Oolong de Shan Lin Xi, 2020

Thursday, July 15, 2021

"The middle path is the surest"

This quote in praise of the middle path sounds very Taoist or Buddhist to our contemporary ears. If there's just one thing that we know about Chinese philosophy, it's importance of avoiding excesses and staying mid way. You could argue that this is even translated or symbolized by the name of China, Zhong Guo, the country of the middle!

And yet, I've found this quote in Ovid' poem Metamorphoses. (Book II, verse 137): "Medio tutissimus ibis". Phaeton, son of Phoebus, wants to drive his father's chariot, which pulls the sun across the sky. Phoebus, foolishly, agreed to his son's dangerous wish. Before Phaeton embarks, his father tells him how to hold the reins of his horse and how to drive the chariot. And since the earth needs a moderate temperature, it's safest neither to be too close, nor too far from the ground. Otherwise the soil could burn or freeze. That's why he concludes, very philosophically, that the middle path is the safest!

Wenshan Baozhong

The story ends in tragedy, because the mortal son of a God is not skilled, experienced and powerful enough to pull the sun with his father's chariot. He looses control of his vehicle and dies from his burns. So, even good advice is not enough when are a total beginner. A theoretical knowledge is not the same as what you gain from practice and experience (gongfu).

What else can we learn from this story for our practice of tea (and for life, maybe)! The middle path is especially useful for parameters that are not well defined by the theory, by the rule of the art. Two parameters come to mind:

1. How many leaves should I brew? 
Put too few and the brew will be bland. Put too many and the brew risks becoming bitter, too strong and lacking harmony. There's no definitive answer to this question. It depends on the drinker's taste, the size of the teapot, the kind of tea he's brewing... So, the safest way is to go the middle way: neither too few nor too many. With experience, you'll learn when to put more and when to put less.

2. How long should I brew my tea?
This depends on how many leaves one is brewing and how much aroma is present in the leaves and how quickly it is released. There's no right answer, just some guidelines. The brews should be shorter in the first brews when the leaves are potent and longer at the end as the leaves become weaker. This is the case with Wenshan Baozhong and similarly shaped teas. An exception is the first brew of ball shaped Oolong, because it takes time to open up the rolled leaves. 


When it comes to the brewing temperature, is the middle path the surest? Should your water be neither too hot nor too cold?
This is the surest way to failure, because the brew would always be bland! When you have a clear rule that says that tea is best made with just boiled water, then the surest path is to follow this instruction. Failure won't come from the temperature of the water, but from the other parameters.

However, the middle way works for the question 'how hard or fast should I pour my boiling water on my leaves?'
If you are new to gongfu cha, a medium strength of pouring the just boiled is the safest bet. It's only with experience, trial and error, that you'll slowly learn when to pour slow and when to pour fast, and where and from how high!

In conclusion, we can say that the philosophy of the middle path is common to Western and Eastern classic thought. It applies especially for situations and parameters that we encounter for the first time or for which we don't have any knowledge. However, the more you know, the more you can be bold without risk. It's like driving on the highway: 55 mph is a much safer speed than 25 mph, provided you know how to drive and the road is not congested!