
"J’ai juste une question : combien de temps penses-tu qu’il est nécessaire pour maitriser les Puerh ? Et que me recommandes-tu en termes de dégustations ? Pour le moment, j’ai acheté ça et là des puerh de diverses provenances, diverses fermentations, et divers millésimes. Mon idée est d’alterner et de comparer dans les grandes lignes les différences."
Le puerh est le thé le plus difficile à maitriser. Même Teaparker, mon prof de thé et auteur d'un livre sur les puerhs nous a avoué qu'il est encore au stade de l'apprentissage. Et pourtant, cela fait bien 20 ans qu'il en boit! (C'est pourquoi j'ai commencé tôt avec mon fils de 3 ans!) Certes, on apprend vite la théorie, mais le problème est la pratique. L'absence d'étiquettage fiable dans le passé fait qu'on ne savait jamais exactement d'où venait le puerh. On n'est pas non plus certain de la méthode de fabrication ou de l'age d'un puerh. Les falsifications pour les vieux sont la norme et le vrai l'exception.
Alors que faire? Mes quelques conseils:
- Explorer le puerh cru jeune (5 ans et moins) et le puerh cuit (3 à 10 ans). On oublie le vieux dans un premier temps.
- Utiliser de la porcelaine blanche et des infusions standardisées (même grammage, même temps d'infusion, eau juste bouillante) pour tous les puerhs. Pour faire des comparaisons, l'idéal est d'utiliser plusieurs sets pour compétition.
- Puis déguste tes puerhs d'origines et de sources diverses. Regarde bien les feuilles de thé sec, la transparence du thé, les feuilles ouvertes. Et bien sur, sens et goute le thé en notant tes impressions.
- Ne te laisse pas impressioner par la provenance ou le prix. Oublies tout cela. Demandes-toi juste si tu aimes ou non. Observe si ta gorge s'ouvre ou se ferme au passage du thé (elle s'ouvre quand c'est bon!)
"En parallèle, je m’interroge sur la précision de tes descriptions sur les infusions, ainsi que celle d’autres bloggers. Comment faites-vous pour être aussi précis dans vos sensations ? Est-ce (pardonne-moi si je te vexe) du zèle ? est-ce une qualité gustative qu’on a ou qu’on n’a pas ? est-ce (et ce que j’espère fortement) à force de déguster – le palais et la langue s’accoutumant petit à petit?"
Oui, l'odorat chez l'homme est un sens souvent très développé, mais il nécessite de l'entrainement et de la concentration. De plus, le gongfu cha, se buvant toujours nature, sans sucre, ses goûts et odeurs ne sont pas aussi fortes que celle de notre alimentation habituelle. C'est un peu comme écouter un solo de violon après un concert de rock. C'est donc normal qu'il faille s'habituer à cette intensité plus faible. Mais en retrouvant le goût pour le thé naturel, on retrouve aussi le goût pour les aliments vrais et simples.
Ainsi, pour l'instant, mon fils me dit que mes puerhs sentent le chocolat! Avec un peu plus d'expérience, je pense qu'il y trouvera d'autres odeurs!











