Tuesday, January 19, 2016

Drink your cloud, un hommage aux morts de janvier


Ce mois de janvier nous apporte chaque jour la nouvelle d'un décès d'artiste ou de personne proche. Ajoutons à cela la mémoire des attentats de janvier 2015, un temps gris et froid, et on a là un cocktail de déprime parfait!

C'est en pensant à tous ces disparus que j'ai voulu faire ce Chaxi noir et blanc et déguster mon puerh cuit de la fin des années 1980. Un thé si calme et doux, comme un long sommeil... Ce genre de puerh cuit est d'ailleurs très apprécié dans les temples bouddhistes. Or, hasard de la vie, un moine bouddhiste, lecteur de mon blog, m'envoya cette calligraphie lors de sa récente commande:
Son maitre parle souvent du nuage pour enseigner l'absence de naissance et de mort. Le nuage est un changement insaisissable, comme la vie. Il se transforme en pluie qui deviendra de l'eau dans notre coupe de thé. Bowie chantait "Ashes to ashes", mais le corps c'est avant tout de l'eau qui se transformera en nuage! Alors, "boire son nuage", c'est nous rappeler que notre thé contient cette eau qui fait partie du cycle de la vie.
L'image du nuage me fait aussi plus penser à celle de l'âme qui s'élève vers les cieux! Et l'idée de se transformer un jour en thé est originale et pleine d'espoir!
La mort d'une de mes proches la semaine dernière me montre aussi que l'argent (qu'elle avait à profusion) ne rend pas heureux si l'esprit et le coeur ne sont pas ouverts à la vie et au changement. La crispation des muscles commence par la crispation de l'esprit. Et la crispation musculaire est ce qui engendre tant de maladie psycho-somatiques...
Le meilleur remède que je connaisse pour apaiser son esprit, c'est de boire un bon thé en se prenant le temps, avec de beaux ustensiles adaptés au thé.
Et laisser les arômes, les saveurs et les couleurs nous envahir et nous faire bien... C'est parfois si bon que je me croirais déjà au Paradis!
Et quand ce n'est pas parfait, c'est qu'on a quelque chose à apprendre et à améliorer! Voilà qui rend le thé si intéressant. Il nous apprend l'attitude positive qu'il faut avoir face à la vie: pile, je gagne, face j'apprends.
Et face à la vie et la mort, c'est: pile, je bois du thé, face, je deviens le thé.
De nuage en nuage,
Notre âme s'élève
Doucement survole
Le noir chaxi
Vers les cieux.

1 comment:

taiwan elisa said...

Coïncidence, je suis en train d'écouter l'album LOW de Bowie - voici une semaine que j'écoute Bowie en boucle.
Pour lui - et pour dissiper la bruine et le crachin de Taipei.
Et je vais sur votre blog, que je n'ai pas visité depuis plusieurs mois, pour le transmettre à un ami - pour y retrouver Bowie, et une calligraphie de Thich Nhat Hahn.