Friday, December 04, 2009

Pièce de sheng puerh conservé en bambou


Certains d'entre vous se rappelleront peut-être de ma pièce de bourgeons de puerh cuit de 1984. Elle était emballée par 20 dans des feuilles de bambou. Ici, on a une pièce de taille similaire (10 à 11 grammes), mais cette fois-ci elle est crue et son emballage est un bout de tronc creux de bambou. Chaque morceau de bambou compte 14 pièces seulement. Et le tout provient de la CNNP vers la fin des années 1980.

Hier soir, je l'avais bu en théière en zisha. Aujourd'hui, j'en ai testé 2,4 grammes en set de compétition, sur un Cha Bu noir qui s'accorde bien avec ce thé noir ancien.

La pièce a été pressée fortement et il n'est pas trop facile de la décortiquer sans casser quelques feuilles.
Après 6 minutes d'infusion, et malgré ma quantité réduite, j'obtiens une belle liqueur bien transparente et brillante. Des petits nuages blancs semblent flotter à la surface telles de la brume.

Les odeurs de camphre frais et de menthol se mêlent à des odeurs plus classiques de puerh ancien qui a passé un certain temps au repos.

Au goût, je suis frappé par la douceur et l'absence d'astringence de ce puerh. Bien que j'utilise de la porcelaine, il ressort rond et sirupeux. Très fin, il est aussi très calme. S'il n'avait pas ces odeurs de fraicheur, je le prendrais presque pour du cuit.

Si c'était un vin, le verdict serait de le boire maintenant. Il est à point.

Certains fameux puerhs crus (comme celui que je me réserve pour Noël) se bonifient sur plus de 40 ans. Celui-ci aura trouvé son apogée en une vingtaine d'année. L'explication se trouve dans les feuilles ouvertes. La taille des bourgeons nous indique qu'il s'agit de puerh de plantation, pas de puerh sauvage. Leur petite taille a aussi permis d'accélerer les transformations du temps.

Certes, ce matériau est de très grande qualité et recelle de nombreuses infusions délectables. Mais même s'il a beaucoup de finesse, il n'a pas la force qu'ont les puerh sauvages.

Thursday, December 03, 2009

Gossip: One of the most photographed tea plantation in Taiwan

I took these pictures on November 29, 2009, 11AM.
Place is Shan Lin Shi, Ba Gua Cha Yuan (八卦茶園), which translates loosely as the 'gossip tea plantation'! There are many plantations along the way, but this must be the one with most visitors in Shan Lin Shi. Small buses and cars with visitors arrive to make nice shots of the plantation, especially during the harvests. Unfortunately, we are too late in the season. Despite the sunny weather, the tea bushes have started to hibernate at this high altitude. This is why the colors are a little dull (especially compared to those linked above!)

This fame is an opportunity for the farmer: so many tourists stop to try his tea, that he can sell everything by himself. However, I also found out that this meant making his Oolong appealing to the masses: oxidation was particularly light. The tea was fragrant and fresh, but not the kind to drink on an empty stomach... This is a classic case of fame ruining quality. As the farmer or plantation becomes more famous than the tea itself, demand increases and leads to lower quality. (This is a reason why I now more reluctantly publish pictures of my farmers.)

Wednesday, December 02, 2009

Mon thé ce Noël

J'ai du mal à manger du foie gras ou du saumon fumé en-dehors des fêtes de fin d'année. Certains aliments ou grands vins ne sont pas faits pour être consommés lors de jours ordinaires. Notre santé, nos finances et notre conscience nous interdisent tant de plaisir.

Qu'en est-il du thé?
Avec le thé, l'argument santé ne tient pas: les meilleurs thés sont, presque par définition, ceux qui font le plus de bien à notre corps.

Le facteur financier semble plus convaincant. Les très bons thés sont très chers (mais ce n'est pas parce qu'un thé est cher qu'il est bon, soit dit en passant). Mais le thé reste le luxe le plus abordable. Rares sont mes sessions qui coûteraient plus que le prix d'une bière dans un bar!

Pour ce Noël, je compte infuser mon puerh cru en vrac du milieu des années 60. C'est un des thés les plus chers de ma réserve. Je compte environ en mettre pour 20 à 25 Euros dans ma théière. C'est du niveau d'une bonne bouteille de vin. Cela reste très raisonnable, je trouve, pour un thé exceptionnel, âgé de plus de 40 ans. Surtout quand ce thé me donne tant de bonheur.

Reste la conscience: elle ne m'autorise ces plaisirs exceptionnels que s'ils restent l'exception. C'est le plaisir de l'ascète qui endure la privation en comptant les jours ou les semaines (de l'Avant) jusqu'au grand jour. Le plaisir vient aussi de cette attente et de savoir qu'on mérite ce plaisir.

Après le puerh 'révolutionnaire' du début des années 1970, ce puerh cru de vieux théiers sauvages du début de la révolution culturelle a un cha qi encore plus puissant. Sa dégustation est d'une certaine manière l'aboutissement de ma quête du Graal du thé. Elle couronne plus de 6 ans d'étude et de recherches sur ma voie du thé. Et que de chemin parcouru!

Ce n'est pas un thé que je recommande aux débutants. Pour bien l'apprécier, mieux avoir bu bien d'autres thés auparavant. Mais sa dégustation n'est pas qu'un (très long) moment de bonheur, c'est aussi une leçon magistrale de perfection. Une telle expérience devient ensuite un guide pour sélectionner des thés de qualité. A ce titre, pour moi, ce thé n'est pas un luxe superflu, mais un breuvage de vérité indispensable.
Vivement Noël!

Tuesday, December 01, 2009

Winter 2009 Wenshan Baozhongs

Oolong = black dragon. This close up of four dry leaves lets us guess where this name comes from...

Cultivar: Luanze Oolong
Harvest: November 5, 2009 (mix of 3 fields), by hand.
Stem removed, slightly higher oxidation.

The 'subtropical forest' is one of my favorite Baozhong type. (Voir ici pour des descriptions en français.)

Most modern Baozhong are mostly fragrant and light ('lily flower' type). This Baozhong is a more traditional, with a little bit more oxidation. This translates into more complex fragrances that are true to their environment: the subtropical forest of northern Taiwan. The taste has a touch of fruitiness and lots of sweetness. The aftertaste is long and delicate.

During the winter season, the smells are less exuberant than during spring, but the taste is finer. This is a very nice winter version of this Baozhong.

On a sad note, the semi-wild Baozhong isn't good enough this season to be selected. And the other Baozhongs I tasted weren't at the level of this spring. Too much rain and a period of high temperatures are to blame.

To find really excellent Baozhong this season, I had to turn to the Pinglin Baozhong competition. My farmer won the First Prize (Tou Deng) with a Baozhong harvested on November 4. It is very clear, light & fragrant ('lily flower' type), and an active qi.

I have purchased some of it to let you discover how the best Baozhong of this season tastes like.
(Available in sample size of 30 gram).

Friday, November 27, 2009

Oolong Main de Buddha d'hiver 2009

Récolté à la main fin octobre 2009.
Origine: Wenshan, au nord de Taiwan.
Cultivar: Oolong Main de Buddha (Fo Shou)

Process: oxydation basse à moyenne, roulé en boule, mais pas très compact, torréfaction légère et tiges non triées.

Comparé à ce printemps, l'oxydation est un donc un peu plus forte. Pas besoin de 2 versions cette fois-ci. Celle-ci est la bonne. Je le trouve très bien équilibré. Les arômes (d'hiver) sont un peu plus en retrait, mais ils gagnent en finesse.

En bouche, l'astringence est minimale pour cet Oolong. Je retrouve surtout du moelleux et une bonne structure. Des infusions longues ne le gênent pas, au contraire.

Sur mon Cha Xi, vous aurez reconnu le fruit 'Main de Buddha' (famille des citrons) qui a donné son nom à ce thé! Sa taille est impressionnante, de même que la taille des feuilles de ce thé. Elles ne tiennent à peine sur l'assiette du set de compétition!
Conseil: Utiliser un gaibei à base large comme mon gaibei 'Montagne et Eau' (utilisé dans ce Cha Xi) car ces grandes feuilles ont besoin de place pour bien s'ouvrir.

Wednesday, November 25, 2009

2009 Fall Luanze Oolong from Feng Huang

Hand harvested mid September 2009.
Qingxin (luanze) Oolong cultivar.
Origin: Feng Huang village, next to Dong Ding.

Qingxiang: 'green' fragrant process. Rolled leaves.

I apologize for not writing a detailed article with tasting notes in English about this fresh Oolong. Instead, I recommend you read Matt's own description of it. It differs a little from my French notes of this tea, of course. Even with the same tea, different people notice and feel different things. Or we have different ways to express ourselves. Still, Matt's words and his further comments under his article show that he has understood this tea both with his mind and heart.

Sharing our different perspectives and experiences will help give a clearer picture of a tea, how to brew it and what to search in it. And with Thanksgiving just a day away, I would like to say thank you to Matt and all those who are sharing their tea experiences on the Net (via a blog, comments or a forum).
For this Cha Xi, I'm using a new blue Cha Bu. The color of the yellow lilies is a good match for the tea.

These two cups from Jingdezhen were hand made and handpainted with xintsai (xincai = new color).

The appearance is more modern, but the subject of nature and the style remain Chinese. The glaze seems a little thicker, whiter and smoother than with regular white cups.

The details are well done, but without the perfection of a hand painted Western tea cup (see Meissen or Herend ware). There, hand painting is so precise that 2 pieces look exactly alike. Before industrial manufacturing, only top painters could achieve this level of precision.

However, too much perfection kills life and movement. These little cup's quick brushes are not 100% precise, but they better capture the spirit of a changing nature.

Having tea in the cups brings further change the color of the painting. This interaction is a source of joy for the eye!

Note: Speaking of feedback, I also recommend reading Matt's and Celina's take of my 2009 Fall Hung Shui Oolong.

Monday, November 23, 2009

1990s Brique de puerh cuit 'Zhen Yuan'

Vous êtes nombreux à me demander du puerh cuit semblable à ma brique CNNP de 2000, épuisée depuis quelques mois. Je suis heureux de vous annoncer la sélection de cette brique 'Zhen Yuan' de la CNNP des années 90 pour la remplacer.

Ses feuilles sont d'un grade plus fin que la brique de 2000. Elles se détachent facilement.


On retrouve des odeurs d'humus et d'herbes chinoises semblables, mais en plus fin, plus arrondi.

En bouche, ce puerh cuit est tout en rondeur et moelleux. Il est à la fois chaleureux et calme.

Plus de 10 ans de conservation ont permis d'affiner ce puerh cuit et de concentrer l'essentiel de ses arômes.

Pour bien le réussir, je recommande de rincer les feuilles (=jeter la première infusion) et d'utiliser une théière d'Yixing telle ma zisha de 9 cl.

Sunday, November 22, 2009

Feeling good inside out

Hot springs are to Taiwan what sauna is to Northern Europe: the best place to find warmth and relax when the weather turns cold. I have enjoyed going hot springs ever since I came to Taiwan. They are located in the mountains and the view of the dark green forests is in itself worth the travel.

A couple of years ago, I made a discovery that increased my pleasure of going to hot springs even further: drinking top quality high mountain Oolong at the springs!
There, it isn't so much the nose or mouth that tastes the tea, but the whole body! A high mountain qi and freshness is exactly what the hot, soaked body is longing for! It doesn't just taste good. It feels good. Relaxed by the springs, the outdoors setting, the tea experience is lived and enjoyed from head to toe. Our senses are much more receptive to the tea's energy.

Such moments of total relaxation and harmony are too few in life. I recommend to make the best of them by using your best, fresh high mountain Oolong. Your body will tell the difference. Then, just keep it simple and enjoy life!
Note: Maybe you should try after (or during) your next sauna or spa... How was it?

Monday, November 16, 2009

Thé des villes et thé des champs

Faire du thé en appartement, c'est recréer une ambiance, un style à l'aide de ses accessoires, de son Cha Xi. La palette des possibles est infinie.

Ici, pour cette brique de puerh cuit des années 1990, je veux ne cherche pas à faire 'ville' et guindé (comme dans la fable de La Fontaine). Au contraire, j'utilise mes céramiques et Cha Bu pour me transporter à la campagne. Les tons sont bruns et verts. Des coupes de Corée -cadeaux d'un lecteur polonais- s'accordent bien aussi avec les supports Nanban de David Louveau. J'y suis!

A Taiwan, il est souvent possible de faire du thé à la fin du repas dans les restaurants de montagne. La vue imprenable est un cadre grandiose pour le thé. Le set du restaurant est souvent très simple et pratique. Le Cha Xi n'a pas besoin de suggérer une ambiance. Au sommet de la montagne, la nature est tout autour de nous. Il n'est pas besoin d'en rajouter.

Sur les photos ci-dessous, j'ai simplement fait 2 petites améliorations: j'ai amené les Oolongs d'automne 2009 de ma sélection (au lieu de prendre ceux du restaurant, souvent très moyens), et mes coupes 'chantantes' qingbai.



Wednesday, November 11, 2009

Reportage sur la production du puerh

Je vous recommande le nouveau reportage-photo de Philippe Coste: La production de thé puerh, qi fait quoi. Sur cette même page, vous retrouverez les autres articles qu'il avait publié sur mon blog. Merci, Philippe, de nous mettre le Yunnan à la portée d'un clic! Et si en plus vous dégustez une bonne infusion de puerh sauvage devant votre écran, c'est comme si vous y êtiez!