Tea Masters

My Tea Blog: Discovering Oolong, Pu Er and the Art of Gong Fu Cha with Taiwan's Tea Masters. Des maitres de thé m'enseignent la pratique du kung fu cha et les secrets du baozhong, du bi lo chun, du tie kuan yin, des vieux thés...

Friday, May 16, 2008

Water from different kettles

In Japanese, 'Chanoyu', the tea ceremony, actually means hot water for tea. This is a powerful reminder how important hot water is when we make tea. Each water has different minerals and tastes a little different. But does it also matter which kettle we use to heat the water?

From left to right: a stainless kettle, my Lung Wen Tang tetsubin, my silver kettle, my (cracked) Dragon tetsubin.
Experiment background:
- Same mineral water ('Yes', from Taiwan),
- Heating with gas up to boiling point at the same time on my kitchen stoves,
- Same 'singing' cup to taste the waters
- Unable to do this experience in 'blind' conditions, I have repeated the experiment 1 week later.

Results:
- Each cup of hot water tastes different. The differences are big enough to be noticed quite easily. What were those differences?
- The stainless kettle produced a water that was more closed. I felt the stainless steel left a somewhat unpleasant, unnatural taste. In this experiment it wasn't too bad, because the water didn't stay in the kettle very long. I experiment this unpleasant taste with water coming from a stainless 'always on' hot water fountain.
- The old tetsubin makes a rounder, more lively, not closed hot water. The slight iron taste brings more body and sweetness to the water.

However, it has some odd, old smells. I also noticed that there are some iron deposits at the bottom of my cup (I didn't drink those). This is quite normal, because I have just bought this pot and it accumulated some smells during years of storage and lack of use. One week is not enough to get rig of those. I need to continue using it regularly.

I also noticed that the vendor had placed some charcoal inside the kettle. I should probably do the same with my bamboo charcoal when I'm not drinking.


- The silver kettle gave me the water with the fewest alterations. It tasted very pure, light and 'fresh', vibrant (as opposite to closed).

I also noticed that the water from this kettle was the hottest. This is consistent with the fact that silver is more thermoconductive than other materials.

(I also tasted the waters after letting them cool down and comparing them to the cold mineral water).



- The dragon tetsubin also had a sweet iron taste, but it felt a little less round than with the old tetsubin. (Maybe it's because this tetsubin is modern or because I recently overheated it.) I also noticed a strong and bad small of licorice. Its water didn't use to smell bad. What happened? After the second failed attempt to cure the crack, I have purchased another tetsubin. Since then, I had put back the dragon tetsubin in its original box, next to my stash of medicine. And this first aid closet smells very much like this licorice smell! So, within a week, the tetsubin has picked up these bad smells (iron is somewhat porous). A week later, after keeping it outside, this bad smell is still there. (I should have opened the cover! I have done so now).

Thursday, May 15, 2008

Tetsubin, on craque

English summary: my repaired tetsubin is leaking again, after two repairs. The first time, it held quite long (2 months), but less the second time. Also, after the second repair failed, the water seemed to leak even faster. I probably didn't let it dry long enough (I was too thirsty!). Anyway, now I had the perfect excuse to upgrade to an older tetsubin!

Ma tetsubin dragon a craqué et je l'avais réparée. Le premier colmatage avait bien tenu pendant 2 mois, mais le second seulement 2 semaines. En plus, au lieu de suinter, l'eau commençait carrément à couler par cette craquelure!

Pour me remettre de cette perte, j'ai décidé de m'équiper d'une tetsubin ancienne. J'ai d'abord hésité entre ces 5 tetsubins de la période Meiji (1868-1912) au Japon.
Finalement, j'ai craqué pour pas une, mais 2 tetsubins: la première et la troisième sur la photo ci-dessus! Aujourd'hui, je vous montre celle du milieu, la plus petite:

D'après la calligraphie sous le couvercle en cuivre, celle-ci est faite par Lung Wen Tang. Situé à Kyoto, l'atelier de Lung Wen Tang a été créé en 1867. C'est l'un des ateliers les plus célèbres de la période. C'est lui qui a lancé la mode du couvercle en cuivre/bronze, par exemple. (C'est donc aussi celui pour lequel il y a le plus de faux.) Plusieurs de ses apprentis ont ensuite créés leurs propres ateliers avec des noms du style X Wen Tang.

Selon ce que j'ai pu lire sur le sujet entre-temps, Lung Wen Tang est surtout connu pour faire des tetsubins avec des formes ou des ornements spéciaux. Celle-ci m'apparait trop sobre pour être authentique, à moins que cette forme atypique ovale soit de lui. Mais l'important est qu'elle me plaise esthétiquement et fonctionnellement.

Les premières tetsubins datent de 1780 environ. A l'époque, on a simplement ajouté une anse et un bec verseur au cha fu, le pot en fonte dans lequel on chauffait l'eau, puisé avec une louche en bambou, pour la cérémonie de thé japonaise traditionnelle. Ce modèle à droite est un bon exemple de la forme de ces premières tetsubins. Mais ces tetsubins sont aussi très lourdes. Aussi, l'un des critères pour la qualité d'une tetsubin est son poids. La fonte est un matériau lourd et peut donner l'impression d'un haltère, surtout lorsque la bouilloire est pleine d'eau. Or, quand on fait son thé, on n'a pas vraiment envie de crisper son bras pour verser de l'eau chaude!

C'est pourquoi, j'ai choisi ma tetsubin pour sa finesse: elle ne pèse que 980 grammes pour 65 cl.

Un autre endroit central d'une tetsubin est le haut du couvercle. Lorsqu'on fait rapidement tourner cette boule, elle se refroidit et il est alors plus facile d'ouvrir le couvercle chaud.

Chez Lung Wen Tang, le couvercle est en bronze ou en cuivre, mais on peut aussi trouver des petits ornements en argent, voire en or, sur les couvercles d'anciennes tetsubins. L'utilisation d'un différent matériau que la fonte opère un joli contraste des couleurs et est plus agréable au toucher.

Sous la tetsubin, on a le 'nombril' de la bouilloire. Le fond, en contact avec le feu, est renforcé et constitué de plusieurs couches de métal. L'artisan fait exprès de laisser un peu d'espace entre ces couches afin qu'elles vibrent lorsqu'elles chauffent. Cela accentue le chant de l'eau frémissante.

Précautions d'emploi: ces tetsubins anciennes sont plus fragiles. Il vaut mieux utiliser un feu moyen diffus (la lampe à alcool est à proscrire). Ne pas rajouter d'eau froide dans la tetsubin chaude à vide.
Ne pas boire l'eau si elle est trouble ou remplie de résidus. Pour éviter cela, le mieux est de l'utiliser régulièrement. Et pour la sécher après chaque utilisation, il suffit de la vider quand elle est chaude et d'enlever le couvercle.

Tuesday, May 13, 2008

Tea at 6 AM


When I have time for tea in the morning, I usually crave for a red Taiwanese tea. This morning, I happened to wake up at 6 AM and noticed the clear blue sky and wonderful colors outside. To enjoy this moment, I brewed a red tea from the East Coast and took these pictures. This tea is so sweet by itself that, like an Oolong, you don't need to add milk or sugar. The fragrance is 'amazing' (to quote most people who have tried it). And, important for my morning mood, it has a full body and I can drink it even on an empty stomach.

From the scents and taste of this tea, I feel that it grows in a very natural habitat. The farmer says it's organically grown and they don't use pesticides so that tea jassids will bite the leaves, like for Oriental Beauty. Later today I called him to tell him that I'll visit his plantation this weekend! I hope the weather will be good so that I can bring back nice pictures from the tea fields, and also a good tea selection from this spring's harvests.

Monday, May 12, 2008

Couleurs du Thé et Art de la Céramique à Taïwan


Cette exposition est ouverte du 11 au 31 mai à l'hôtel de ville d'Andenne en Belgique. Elle est organisée à l'occasion de la Biennale de Ceramique, en collaboration avec le Bureau de Représentation de Taipei (Taiwan) et le Taipei County Yingge Ceramics Museum. Teaparker a contribué de nombreux objets anciens sous son nom usuel, Che Jung-Sien. D'ailleurs, il avait récemment annoncé que cette exposition allait voyager en Belgique, après avoir été visible en Tchéquie.

Je remercie l'un de mes lecteurs de m'avoir rappelé cet événement, afin que tous mes lecteurs de Belgique et du nord de la France aient l'occasion d'aller voir l'exposition. (Il semblerait qu'elle ira dans une autre ville Belge après Andenne. Si vous avez plus d'informations, merci de laisser un commentaire).

Cette expo est donc l'occasion de voir des créations récentes d'Yingge, la capitale de la potterie de Taiwan, ainsi que des objets plus anciens. Je ne sais pas quels objets sont exposés, mais j'imagine qu'on peut y voir des objets comme mon plateau à thé en céramique d'Yingge de ma sélection (photos du haut et de droite). Pour les théières anciennes de Chine et de Taiwan, on pourrait y voir des théières semblables à cette petite zisha d'Yixing du début du 20e siècle (photo ci-dessous).

Friday, May 09, 2008

Wenshan Baozhong 2008

Summary: The 2008 Spring Baozhongs are available!

Comme je m'y attendais, les Wenshan Baozhongs de ce printemps sont un très bon cru. J'ai passé la journée d'hier à en sélectionner et j'ai été particulièrement impressionné par le haut de gamme, ceux faits avec le cultivar Luanze Oolong (Qingxin Oolong). Les plantations du Wenshan ne dépassent pourtant pas les 1000 mètres. Mais cette année plus que les autres, les Baozhongs arrivent très près des arômes fleuris et légers des Gao Shan Oolongs les plus purs. Survolons les différents nouveaux Baozhongs:

- Baozhong semi-sauvage récolté le 20 avril. Il vient d'une autre plantation que celui sélectionné l'an passé. Je ne l'ai pas repris, car je l'ai trouvé un peu sec et surtout moins bon que celui-ci. Vert et crémeux, il m'a fait penser à du Lishan!

- Baozhong 'forêt subtropicale' du 28 avril.

- Baozhong 'fleur de lys' du 15 avril.

- Baozhong supérieur. C'est un mélange de différentes feuilles (Si Ji Chun, luanze oolong, Tsui Yu, Jinxuan) de différentes plantations. Ce mélange est réussi, car le tout est bien équilibré, même si on perd en finesse et en pureté. L'oxydation est plus forte et il se rapproche plutôt du goût 'forêt subtropicale'.

- Baozhong Tsui Yu (Jade) du 15 avril.
Mais c'est de ce Baozhong ci-dessous que j'aimerais vous parler plus longuement. Ce Baozhong provient d'une plantation (600 mètres d'élévation) dont les théiers de luanze Oolong n'ont que 2 ans. Ce printemps, c'est la première fois qu'on effectue une récolte de leurs feuilles pour en faire du thé. On voit bien, ci-dessous, que cette récolte fut faite à la main: les tiges sont arrachées et non pas coupées. Contrairement à mes autres Baozhongs, on a gardé toutes les tiges. Les feuilles sont si tendres, qu'on veut éviter les brisures inutiles. Cela donne beaucoup de volume à ce thé. Le zhong est rapidement plein avec quelques feuilles. Les tiges sont peu arômatiques et avec des théiers ordinaires on perdrait en force. Mais ces jeunes théiers en ont à revendre!
L'infusion est transparente et d'un vert clair. C'est fleuri et doux. Cela me fait penser à des marshmallows. Beaucoup de finesse et du corps sur la fin. Je l'ai retesté en théière en argent hier soir et aujourd'hui et arrive à le pousser longtemps et souvent.

Le risque avec les jeunes théiers, c'est d'obtenir une infusion un peu acide. Or, j'ai eu la chance de pouvoir choisir parmi 4 batches issus de 2 jours de récoltes dans cette plantation. Mon préféré, le plus doux, fut récolté le 3 mai. Je trouve que ces jeunes théiers ont su rendre au mieux la délicatesse du printemps, de la nature en fleur de Wenshan.

Wednesday, May 07, 2008

Japanese Silver teapot/kettle

45 cl for 292 grams.

This is the Japanese silver teapot I used the other evening, with Sacha. I already have a silver teapot, but I didn't have a silver kettle to experiment the impact of silver on boiled water by myself. I've had the chance to taste the difference with Teaparker. His silver kettle produces a very pure, clean and vivid water. It is a good fit for very light green teas or lightly oxidized Oolongs. These are my typical spring and summer teas, so I felt it's a good timing to get this pot now.

45 cl is a little bit small for a kettle, but it's enough to make tests when I drink alone. And I can still use it as a teapot when I have several guests. (Silver is so hot that there is little loss of temperature when the teapot is not full of water.) So, it's like having two accessories in 1 for a price lower than a full sized silver kettle.

The flow of water coming out from the spout is smooth and very precise. The inside, like the outside, is in a very good condition.
At the bottom, there are 2 chops: 純銀 for pure silver and 菊屋, Chrysanthemum (the national symbol of Japan)House. Actually, the mention of pure silver is widely spread for this kind of Japanese silver teapot, but their degree of purity might vary. So, it's important to taste the quality of the water (or tea) it produces. And I'm very satisfied with what my different experiments. (More on them in another post).

And I'm also very happy with the beautiful light engravings:

Monday, May 05, 2008

Un zhong nomade à Taipei

C'est bien Sacha qui se trouve à droite sur cette photo. Nous avons passé la soirée dans une maison de thé de Taipei à déguster de nombreux thés.

Je lui ai aussi montré ma tout dernière acquisition: une théière en argent du Japon. On s'en est servi pour infuser quelques thés verts de ce printemps, de Chine et de Taiwan...

Voir Sacha, un mordu du thé, pour sa première soirée à Taiwan, c'est comme voir un enfant le soir de Noël. Son sourire sympa et généreux fut toujours présent. Et à chaque bon thé (il n'y en a pas eu de mauvais), ses yeux brillaient de bonheur.

Cette soirée fut aussi l'occasion de rencontrer Jasmin et Hugo, 2 collègues de Sacha. Pour ces 2 prochaines semaines, je leur souhaite de belles aventures lors de leur exploration de Taiwan, à la recherche de Camellia Sinensis!

La patronne de la maison de thé est passée à notre table. Un employé lui a dit que des étrangers utilisent un gaiwan et une théière en argent. En la voyant, elle nous a dit qu'elle sut immédiatement que nous sommes des initiés et me demanda chez qui j'ai appris le gongfu cha. 'Chih Jung Sien', lui dis-je. Elle me répondit qu'il est 'un bon professeur!'
Dans le monde du thé, réel ou virtuel, tout le monde finit par se connaitre!

Friday, May 02, 2008

Cha Bu - créations Tea Masters (3)

Mon troisième Cha Bu fait plus dans la sobriété géométrique. Cette face utilise un textile très haut de gamme du Japon. Il a des petits motifs carrés blancs un peu effacés.

J'ai pris un Shan Lin Shi de haute torréfaction pour obtenir un thé d'une couleur dorée et chaude. Cela donne un joli contraste avec le bleu foncé. Au niveau des accessoires, l'assiette qinghua se marie avec le Cha Bu et fait encore mieux ressortir la théière Qio Shui en glaise rouge.

L'autre face est en velour noir. La taille de ce Cha Bu est 62x52 cm environ.

Thursday, May 01, 2008

A tea cup visits Lin's Mansion

The Lin Mansion is the perfect setting for an ancient Chinese atmosphere. Tea pots or here my singing tea cup feel much more at home here.

Today, I also saw that Teaparker published an article about me on his site. This first of May turns out to be a very fine day. I hope you'll enjoy it too!

Wednesday, April 30, 2008

Petites jarres en zisha d'Yixing

Que ce soit les dessins de montagne et d'eau (Shan Shui) (ci-contre) ou bien des calligraphies (ci-dessous), je trouve les décorations de ces jarres en glaise zisha plutôt réussies et pas vraiment kitsch. Mais certains d'entre vous m'ont demandé de trouver une jarre sobre, sans motifs. Voilà chose faite avec cette jarre en haut au milieu. Elle est pareille à celle de droite, mais sans aucune inscription. Chacune de ces 3 jarres mesure 10,5 cm de hauteur et pèse environ 260 grammes.
Dans son article le plus récent, Teaparker se penche (à nouveau) sur la question du stockage du thé. Pour le puerh, il y a beaucoup de débats sur le bon degré d'humidité. Mais Teaparker aimerait insister sur un autre point: la propreté du stockage. Il ne faut pas que des odeurs externes (de moisi ou de cave) viennent corrompre l'odeur du puerh. Or, chez soi, une jarre permettra notamment de préserver des petites quantités de puerhs des autres odeurs de la maison.