Friday, September 21, 2018

Drinking alone under the moon

The moon festival has links to the Shang dynasty over 3000 years ago, at a time when people worshiped celestial objects. Later, during the Tang dynasty, poets found their night time inspiration in the moon. One of the most famous Tang poem is 月下独酌 "Drinking alone under the moon" by Li Bai (701-762). And despite its politically incorrect content (drinking wine alone), it is still taught to children in Taiwan and China: my children have learned it in kindergarten!

Last month, I had a similar experience drinking tea at nightfall near Lishan. The moon was rising from behind the mountain and I got to enjoy my tea as the sunlight dimmed.
Aged Hung Shui Oolong felt the closest substitute to wine and an excellent fit to the cooler mountain air! The tall ivory flower cups helped keep the brew hot and give it a more intense hue. The Yixing zhuni teapot also helped to brew at a higher temperature (than with porcelain) and obtain a warmer cup. Also, my lack of gongdao bei (pitcher) serves the same purpose, because the tea cools during each transfer from one vessel to another. Pouring directly in the cups means a hotter tea.
While it's kind of pathetic to get wasted (with alcohol) alone if you're not a poet, it feels peaceful and pure to drink tea alone under the moon! And it got even nicer when my wife finally joined me!
Happy autumn full moon festival!

Thursday, September 20, 2018

Etude des Oolongs de haute montagne de Taiwan

De gauche à droite: Feng Huang, Alishan, DYL 90K 
Antonio adore les Oolongs de haute montagne et me demande une nouvelle leçon à leur sujet et notamment sur les caractéristiques des différentes montagnes. C'est pourquoi j'ai préparé 2 comparaisons de 3 Oolongs printaniers. Afin de comparer avec les mêmes paramètres, nous infusons chaque thé avec 3 grammes, de l'eau juste à ébullition, 6 minutes d'infusion et dans des sets de compétition standards en porcelaine blanche.

Pour la première série, je choisis un Qingxin Oolong faiblement oxydé de Feng Huang (Dong Ding) dont l'altitude n'est que de 700 mètres et ne qualifie pas comme haute montagne (1000 m au moins). Ce thé ressemble à un Oolong de haute montagne, mais n'en est pas un. C'était donc intéressant de goûter la différence avec 2 vrais Oolongs de haute montagne pour mieux comprendre l'impact de l'altitude sur les arômes. Son infusion est un peu plus jaune et foncée. Les feuilles aussi, notamment ouvertes. Les arômes sont moins fleuris, plus mûrs et le goût a moins de finesse et de légèreté.
Le second thé, au milieu, est mon Alishan de Changshu Hu. Il nous surprend car ses arômes fleuris sont plus prononcés que ceux du Da Yu Ling! Son goût a beaucoup de légèreté, mais moins de complexité et de profondeur que le Da Yu Ling. Ce dernier a aussi plus de fraicheur et l'on ressent qu'il provient d'un endroit plus frais. Ses feuilles ouvertes sont les plus grandes (mais à sec ce n'est pas si évident de qu'elles sont si grandes).
De gauche à droite: Shan Lin Xi, QiLai shan, Tian Chi
 Pour la seconde comparaison, je positionne à nouveau de manière à aller croissant en altitude. Le premier thé est ce Shan Lin Xi. Il est très fleuri et doux. Puis, au milieu, il y a cet Oolong de Qilai shan. Il a des saveurs plus minérales et s'est bien affiné depuis ce printemps. D'un point de vue qualité, cela le place à niveau similaire au DYL et au Tian Chi qui finit cette comparaison. Le Tian Chi a l'infusion la plus concentrée et les couleurs de ses feuilles sont le plus vives. Ses arômes sont les plus fruités. Sa plantation est belle à en pleurer et j'ai déjà consacré tout un article à écrire tout le bien que j'en pense. En un mot, c'est un Oolong de haute montagne exceptionnel à plus d'un titre, mais nous avons constaté que le Shan Lin Xi et le Qilai se défendaient bien! Pareillement, la taille des feuilles de même rang va en grandissant chez ces 3 Oolongs et cela confirme bien que l'altitude de leurs plantations va croissante.
 Pour finir la leçon, Antonio infuse le Oolong de son choix en théière zhuni d'Yixing. Il choisit celui de Qilai. Comme son volume est similaire au set, je mesure 3 grammes afin de mieux comparer la différence avec les infusions en porcelaine. Par contre, je le laisse infuser aussi longtemps qu'il le veut. Et comme son infusion dura bien moins que 6 minutes, on obtint un thé bien plus léger avec moins de goût et de longueur en bouche!
 Aussi, cette première infusion fut moins goûteuse que celle en porcelaine en mode de compétition! C'est assez étonnant, mais c'est aussi un bon signe pour la qualité de ces Oolongs de haute montagne qu'ils soient si plaisants infusés d'une manière si poussée! Et cela montre aussi que la porcelaine peut être un meilleur accessoire qu'une zhuni si on infuse les feuilles de manière à maximiser leur potentiel!
Les Oolongs de haute montagne de Taiwan n'en finissent pas de nous surprendre et de nous ravir par leur finesse, leur absence d'amertume, leur fraicheur...
Plantation d'Oolong de Tian Chi

Tuesday, September 18, 2018

30 years old '8582' puerh

Wrapping paper of the 1988 8582.
 Marco P. left this nice review about the 1988 '8582' raw puerh cake from the Menghai factory: "Possibly the best leaves I’ve ever tasted: they have a disarming simplicity in conciliating opposites such as thickness vs cleanliness, sweetness vs persistency, one prevailing note vs innumerable shades... I felt like making love." 

It's not every day that I get such a comment! So I thought I'd share it and give more background information about this tea. Let's start with the news about its latest auction price. Last June, in China, the price for 1 cake has reached a new high of 16,000 USD (which means 45 USD per gram)! This is very expensive for a tea, but when you consider it's 30 years old and mostly gushu, it's not that unreasonable. If you assume that a new gushu is priced at 2 USD per gram, then the return rate comes out at 11% for 30 years of storage (during which you have flooding risks... as we can see recently) (2 x 1.11^30 = 45).
The 8582 cake was created as a special order for Hong Kong tea stores. Despite its recipe name, it wasn't made in 1985, but it was first made in 1988! That's why it is also known as 88 qing bing (88 raw cake). 88 is a very auspicious number in Chinese. Pronounced in Cantonese, it sounds like 'making a fortune'. But despite this clever marketing, the 8582 wasn't a big success when it started to be sold in 1988. Why? Because it wasn't very good tasting then, and because its leaves appeared very big and rough. The concept of gushu puerh didn't exist, yet. 30 years ago, tea drinkers were looking for lots of buds as a sign of finesse and high notes. These big leaves with few buds tasted very bitter then. And, objectively, compared to a green mark or an aged red mark puerh, these new 8582 simply tasted inferior. Now, however, they are just as popular as the similar aged 7542. Their taste is thicker, while the 7542 have more refined notes.

The first picture above shows the wrapper. The design remained standard for CNNP productions until 2000. So, let me repeat that it's not useful to look at the wrapper to determine the year or authenticity of the puerh. Colors and font sizes would vary because of the manual printing method employed at the time. Paper thickness was also not necessarily consistent within a same year. And such a wrapper is very easy to copy. What's more difficult to replicate are the right color, size and shape of the leaves of the cake. Their aromas and taste are also unique. That's why it's so important to educate your palate with the right stuff. But how do you know if it's real? Well, if the taste should lives up to its sterling reputation and inspires you to write a comment similar to Marco's, it likely is real!

This comment is also remarkable, because it offers a good definition of what all great teas have in common: "they have a disarming simplicity in conciliating opposites such as thickness vs cleanliness, sweetness vs persistency, one prevailing note vs innumerable shades... I felt like making love." Grazie Marco. It took your Italian sensibility to explain it so well!

Wednesday, September 12, 2018

Le Taiwan des tribus aborigènes et un lien avec le thé OB


C'est quoi cet Oolong Beauté Orientale Fan zhuang d'automne 2010? C'est quoi Fan zhuang? "En fait, Fan zhuang est lieu dans la campagne de Hsinchu, là d'où proviennent ces feuilles. Si ce nom sonne bizarre en chinois, c'est parce que c'est un nom de lieu aborigène" m'expliqua le producteur Hakka de cette Beauté Orientale.

"Mes ancêtres se sont installés sur des terres où vivaient des aborigènes des plaines (Pingpu)". Autrefois, avant l'immigration des Chinois du Fujian et de Chaozhou, avant 1600 environ, Taiwan était une ile surtout peuplée de tribus originaires du Pacifique.

Sur la carte ci-dessous, on peut voir comment ces nombreuses tribus étaient réparties:
Avec l'arrivée des immigrants chinois, mieux armés qu'eux et plus avancés techniquement, ces tribus aborigènes ont surtout trouvé refuge dans les montagnes et sur la côte Est ou bien se sont assimilées. L'image ci-dessous (prise dans le centre culturel des aborigènes près du lac Sun Moon) montre que ces aborigènes avaient des traditions guerrières et ce n'est pas de gaieté de cœur qu'ils ont accepté cette cohabitation!
De nos jours, ces tribus sont entièrement pacifiée et sont souvent chrétiennes car les missionnaires occidentaux les trouvaient plus faciles à convertir que les Chinois! On retient surtout leurs contributions culturelles avec les motifs de leurs textiles. Voici qui ferait un beau Chabu:

Leur poterie est aussi intéressante car elle nous ramène à la poterie de la fin de la préhistoire.

Mais c'est par leurs danses et leurs chants que les aborigènes se distinguent surtout à Taiwan. On ne compte plus les chanteurs populaires qui apprirent d'abord à chanter dans leur tribu avec les montagne comme chambre d'écho.

Et s'il y a une chose qu'on peut apprendre d'eux, c'est le sens de la fête! Même au plus fort d'une averse ils continuaient à danser lors d'un spectacle qui montrait les danses et costumes traditionnels de différentes tribus de Formose:
Ils ont la culture de vivre dans l'instant et ne se projettent pas trop loin dans l'avenir. C'est une force pour apprécier le présent, mais c'est une faiblesse pour la culture du thé (au sens premier)! En effet, le gouvernement de Taiwan cherche parfois à aider ces communautés aborigènes, souvent plus pauvres que la moyenne car très rurales. Or, avec le thé de haute montagne, ils étaient bien placés pour en tirer des bénéfices. Mais, culturellement, cela a rarement marché, car les plantations de thé mettent au moins 3 ans avant de commencer à produire un peu de thé. Cet horizon est trop lointain pour eux et toutes les tentatives de faire des aborigènes des cultivateurs de thé se sont soldées par des échecs pour cette raison. La culture du riz, et des céréales en général, ne demande pas tant de patience et de planning à long terme.
Or, selon le test du marshmallow, c'est la capacité de différer la gratification qui est le meilleur indicateur de succès futur d'un enfant. C'est arriver à renoncer à un peu maintenant afin de pouvoir recevoir plus dans le futur. C'est la base de toute notre longue éducation: plutôt que de commencer à travailler à 15/16 ans quand on commence à avoir la force d'un adulte, nous nous éduquons au lycée et dans le supérieur sans rien produire de tangible afin d'acquérir des savoirs plus valorisants et mieux valorisés. Et tout au long de notre carrière, nous continuous à investir une partie de notre temps dans la formation.
Planter des arbres, de la vigne ou du thé, c'est faire preuve d'une capacité à se projeter dans le long terme. On retrouve aussi cette qualité aussi dans le vieillissement de certains thés et savoir attendre que le thé ait atteint son apogée avant de le consommer. C'est justement le cas avec cette beauté orientale d'automne 2010. Bien torréfié il y a 8 ans, ce thé a eu le temps de s'affiner. Ses senteurs exhibent déjà des odeurs suaves de brandy, de malt et de molasse, mais aussi de fruits mûrs!
Ce Chaxi est donc un concentré de civilisation. Il repose sur un produit qui demande de la patience dans sa culture. Il demande de la patience et de l'apprentissage pour son producteur qui a appris sa technique de son père. Il a mis 8 ans à se bonifier. Et la réalisation des accessoires en porcelaine, en zisha d'Yixing, en étain, en fonte, en textile a fait appel à de nombreux savoir-faire... Et finalement, l'infusion de ce thé repose aussi sur 15 ans de leçons et autant d'années de pratique.
Pour mieux jouir du thé, il faut à la fois passer du temps à l'apprendre, mais il faut aussi arriver à vivre dans l'instant et déguster chaque coupe comme si demain n'existait pas!

Wednesday, September 05, 2018

2 stress free brewing methods

No, I'm not always brewing tea in gongfu cha style! This summer, I experimented with the simplest method I can think of: a big vessel, a layer of tea leaves, boiling water, wait and pour! In terms of preparation, it doesn't get faster than that. What takes several minutes is the brewing. With this simple method, I keep the tea leaves brewing in the water all the time. That's why it's important not to use too many leaves, otherwise the brew will become too concentrated (if that happens you dilute your cup with more water).

Fully oxidized red teas and high oxidized Oolongs are the teas that gave the best results. That's why I found this method very suitable for breakast or for the afternoon (with some cake). This method also works better in summer when you'll also enjoy tea when it's at room temperature (or you can even put it in the fridge at that point). There's one tea that I found even better with this method than in a gaiwan: the red ruby tea (Hong Yu no 18)!

Aged Hung Shui Oolong from Dong Ding
This second stress free method has only one thing in common with the previous: the use of high quality leaves from my selection! The reason for using high quality leaves with the first method is that you don't want the brew to turn bitter and undrinkable when you over brew your tea. With the gongfu cha method, there are techniques that can help make low quality drinkable, but such teas don't have the potential to make this moment perfect or unforgettable. The more time you invest and the higher your expectations, the less likely you are to waste this moment on trying to turn average leaves into gold!
If you've been following my blog for a while, you may have noticed that I started to brew using the Chaxi method in 2008. 10 years ago, we were pioneers in Taiwan. Now, this method has spread to China and to the West.
For many, a Chaxi is like a ceremony or a show that professionals do to catch the attention of consumers. There's this feeling that it's not very natural and that the brewer would brew differently, with more simplicity, if he or she were to brew the same tea by himself (maybe using my first method?!) This is probably very true with most Chaxi that you see at tea trade shows or in the Internet. My Chaxi, however, are the way I brew tea most of the time, by myself or with others.
10 years ago, I thought it's cumbersome and extra work to prepare a different setup for each tea. Pairing the leaves with the tea ware wasn't easy and I would feel nervous using an antique teapot like here. But thanks to regular practice, I've come to enjoy the whole process. It starts with a desire to spend time with interesting tea leaves that will transport my senses. Then it's choosing a mood in harmony with the present moment and the tea thanks to a Chabu and a plant. Then I select the teapot and tea cups that will help me get the most out of the leaves... Then comes the brewing process. I sit down comfortably and I prepare the tea in a concentrated and happy, satisfied manner. Smelling the dry leaves, listening to the water coming to a boil, pouring the water slowly and carefully in the teapot... With every movement, I try to slow down. Even before drinking, I feel a sense of gratitude to experience such a moment of beauty and calm. And this may be the key to the perfect cup: the tea happiness I feel while I pour the boiling water on the leaves helps me to get the brewing right!     
And if you are brewing your tea differently, don't change unless you want to. There should be no pressure and no stress when preparing tea!

Tuesday, September 04, 2018

La rentrée des goûts et des couleurs

A l'heure de la rentrée scolaire, on pourrait se demander pourquoi on n'enseigne pas le (bon) goût à nos bambins. Est-ce l'expression française "on ne discute pas des goûts et des couleurs" qui nous rend récalcitrant à creer ce genre de cours? Ou bien est-ce le niveau de l'enseignement le plus basique (lire, écrire et compter) qui est si bas qu'on ne veut pas surcharger l'emploi du temps des enfants, alors qu'on ne compte pas le temps qu'ils passent devant les écrans?... Pourtant, le goût est un enjeu essentiel dans notre monde actuel. Nos sociétés occidentales sont passées des privations et rationnements d'après guerre à la surabondance de nourriture grâce à une agriculture productiviste qui a su produire beaucoup et peu cher, mais avec des conséquences néfastes sur l'environnement et la qualité gustative des produits. La solution au problème gustatif fut d'ajouter du sucre, du gras, du sel, des arômes artificiels ou de frire les aliments pour les rendre plus appétissants. La grande majorité des aliments industriels et de restauration rapide suivent ce modèle dont l'avantage est de nourrir la population à bas coût. Mais l'inconvénient est que cette mal bouffe conduit à des problèmes de santé (surpoids, diabète...) si on n'y prend pas garde.
La pauvreté extrème dans le monde est passée de 37.1% de la population en 1990 à 12.7% en 2012 (source: World Bank). Malgré cette amélioration, il est encore beaucoup trop tôt pour interdire le modèle productiviste, car une grande part de la population n'a pas encore les moyens de mieux se nourrir. Aussi, la solution à ce stade intermédiaire est de passer par le désir du bon goût pour réapprendre à nos papilles les délices des arômes complètement naturels.

Hung Shui Oolong d'Alishan
Le thé peut jouer un rôle éducatif dans cet apprentissage. En effet, comme toutes les plantes récoltées, le thé a connu tous les excès du modèle industriel: engrais chimiques, pesticides, désherbants d'un côté, et arômes artificiels, sucre, lait... de l'autre pour compenser la mauvaise qualité des feuilles. Ainsi, les sachets de thé aromatisés sont au thé ce qu'un burger/frites est à la gastronomie!

Insister pour boire le thé nature, simplement infusé d'eau, est en soi un acte révolutionnaire. C'est un retour à la nature, au naturel. Dans une salade, avec de la vinaigrette, on a plus de mal à goûter au vrai goût de la tomate, mais lorsqu'on n'a que 2 ingrédients du thé et de l'eau, alors on est nécessairement plus sensible à tous les arômes du thé. Et l'on redevient plus exigeant avec la qualité des feuilles si l'on veut passer de la satisfaction d'un besoin (la soif) au plaisir.
L'idée centrale du gongfu cha, le thé infusée à la manière de Chinois de Chaozhou depuis la dynastie Qing (1644-1911), est justement de privilégier la qualité sur la quantité. C'est pourquoi ils n'utilisent que des petites théières et des petites coupes. Infusées de nombreuses fois avec de l'eau juste bouillante, la qualité des feuilles a un impact considérable sur les arômes. Sans sucre ni lait qui gomment les différences et aplanissent le goût, on reconnait plus aisément les différents types de théiers (qingxin, jinxuan, sijichun...), leur provenance, leur degré d'oxydation, voire même leur saison de récolte et leur âge. Et la base de tout apprentissage, c'est de connaitre les classiques et de pratiquer/réviser régulièrement.
Comme pour le vin, le fournisseur idéal n'est pas un supermarché ou la boutique duty free d'un aéroport asiatique, mais l'équivalent des cavistes, ces petites boutiques de thé naturel tenues par des passionnés comme tea-masters.com! Vous y trouvez des thés d'entrée de gamme à petits prix:
- du SiJiChun (Oolong 4 saisons) récolté à la machine et très frais pour seulement 12 USD les 150 gr,
- sa version torréfiée au charbon de bois (3.5 USD les 25 gr),
- du Jinxuan Oolong d'Alishan de printemps (4.8 USD les 25 gr)
- du Qingxin Oolong d'Alishan de printemps (8.4 USD les 25 gr)
- du Wenshan Baozhong de printemps (6.5 USD les 25 gr)
- du puerh cru en galette de 2003 (6.95 USD les 25 gr)
Récolte de printemps de Qingxin Oolong à Alishan
Mais vous y trouverez aussi des thés de très haute qualité et quasiment introuvables en Occident car ils sont produits en faibles quantités et sont relativement onéreux (mais bien meilleur marché que les grands vins!). Quelques exemples parmi les plus réputés:
- Oolongs de Da Yu Ling ou de FuShou shan, les montagnes les plus hautes et réputées de Taiwan,
- du Oolong torréfié de Dong Ding jeune ou âgé.
- de la Beauté Orientale de 2000,
- du Wenshan Baozhong semi-sauvage,
- du thé vert BiLuoChun de Jiangsu (Chine),
- du puerh cru sauvage de vieux théiers du Yunnan de 2017 et 2018,
- du puerh cru Luyin du début des années 1990
etc...
Faisan de Swinhoe dans les montagnes de la ferme de Wuling
Personnellement, c'est la pratique du thé qui m'a fait passer le goût du coca! Mes papilles sont devenues bien plus exigeantes pour toute mon alimentation. La pureté des sensations est devenue primordiale. La recherche du bon goût dans ma pratique du thé s'accompagne aussi d'une recherche de la bonne couleur en harmonie avec le caractère de chaque thé. Si les couleurs classiques chinoises vous intéressent, je vous recommande cet article en chinois. Il montre comment les couleurs des costumes de cette série historique télé se retrouvent dans la peinture classique chinoise. (Il n'est pas nécessaire de lire le chinois pour voir ces correspondances).

Friday, August 31, 2018

Lishan

A trip to Lishan only takes 3 and a half hours by car from Taipei! A full tank (40 USD) is all it cost to bring my family to these splendid mountains! Why then spend thousands of dollars to fly overseas when there's this perfect temperature (22 degrees Celcius) and these lush landscapes graced with tea plantations so close to my home?!

And there are even monkeys living freely in these mountains! Nobody has trained them to pick tea, though! They are much more interested by the many fruits growing around! Probably that's why the farmers protect the fruits with white paper bags during their growth, so that they are protected against pests and thieves!
The Lishan region is where you find the highest tea plantations. The slopes of some plantations are very steep as you can see. I woke up at 5 AM so that I could take these vivid pictures of Lishan and give you a better idea of what these plantations look like when they are active (from May to October). When you're alone on these roads at such an early time of the day, it gives you the eerie feeling that you are master all of this beauty since there's no other soul around to claim ownership over it! That's especially the case when you are located on the top of mountain and look down around you! I guess that's the kind of feeling that motivates mountain climbers!
The fresh Oolong drinkers also experience a similar desire to drink from the highest tea plantations! There's something irresistible that pushes us to reach for the highest peaks. Lishan offers this opportunity for greatness, elevations surpassing 2000 meters with all that it entails: pure and rarefied air, big pine trees, clouds so close that they turn into fog...
From my blog, you can see that I fit the profile of those people who want to experience the very best teas one can find. That's why, when I visited the Wuling farm (20 km north of Lishan) I brewed my spring 2018 Lishan qingxin Oolong among the tea fields there! The elevation of this place is about 1800 meters. On top of the plantation, a pavilion commands this view on the mountains and the Oolongs trees. This was the perfect spot for my Chaxi!
Dr. Erler, my father
To enjoy this moment, let me take several steps back in time. Washington's biography made me curious about my own lineage: it turns out, the first Erler who came to France from Germany was my great-great-grand-father. He settled in Saverne (Alsace) to become a beer brewer! In those times, you had to store beer in cold caves so that it could be sold fresh in the summer. (Likes good drinks). Unfortunately, he caught a pneumonia in this environment and died at the age of 36.
My great-grand-father, grew up poor, without a father, but found a job in the high tech of his time: the railways! (Innovator who helps others travel long distances).
My grand-father studied pharmacy and opened one in Lembach, one of the smallest and forlorn village in Alsace. (Sold stuff to make people healthy).
My father is a family doctor who has relentlessly continued to learn new techniques to cure his patients. Among others, he learned acupuncture and acupressure with Asian doctors and has now developed his own technique. At 71, he's in a great shape and is still working. (Combined Western and Eastern medicine and made it his own for the benefit of his patients).
In Taiwan, most families have a shrine to worship their ancestors and a deity of their liking. It looks as if I have every reason to be thankful for this meaningful lineage! Everyone seems to have blended in my life: the passion for a delicious beverage, the use of high tech (blog, Internet strore...), providing healthy products and bringing a Chinese culture closer to my Western audience! The apple doesn't fall far from the tree, after all! Studying a business degree and leaving Alsace for Taiwan was meant as doing things differently, but it turns out I am fulfilling the destiny of my Erler forefathers!

These deep thoughts came during this trip at high altitude. It's not just the landscape that your mind contemplates from a high ground. The spirit detaches from petty stuff and looks at the big picture. You wonder about the meaning not of life, but your own life. In such a moment of grace it became self-evident that I was enjoying this Lishan Oolong beyond the mere description of its sweet/fresh flavors and its soothing effect on my body. I was really meant to select, enjoy and share such delicious teas! 
Find the sun and much more in your cup of Lishan Oolong!
View from Lishan

Tuesday, August 28, 2018

Washington and tea


Concubine Oolong from ShanLinXi, spring 2018
To drink tea properly in the present, it helps to study the history of tea. Likewise, I thought it would be helpful to read Washington, a life by Ron Chernow to understand the roots of the United States of America. When you grow up in France, like me, you learn about the American Revolution through the prism of France's Marquis de Lafayette. Such a prism was useful to get French pupils interested, but it may have reduced and distorted the role of other important players. These 800 pages should help me get me the proper perspective! However, for this blog post, since my readers are not all Americans, but are all tea drinkers, I propose to let you know about the many links I have found between George Washington and tea. I have found them very helpful to understand and remember his story.

1. Page 8: "... recent excavations have disclosed many unexpected touches of gentility. Among the artifacts unearthed have been a ... Wedgewood tea set, betokening an unmistakable air of affluence."
That his parents had a tea set shows that George Washington grew up in a wealthy family in Virginia. Before founding a republic, Washington and his family were part of the aristocracy of the colonies!

2. Page 115: "We entered one the huts of the blacks ... some utensils for cooking, but in the middle of this poverty, some cups and a teapot".
Washington was a slave owner, just like most/all planters in Virginia. He was tough, but not cruel. This detail of letting the slaves have a teapot and cups suggests that he was even kind to some of his slaves.

3. Page 119: "Then he had an unchanging breakfast of corn cakes, tea and honey."
Here we have it! Washington was one of us: he had tea every day!

4. Page 126: From Washington's diary about a party in someone else's home: "tea, and coffee which the drinkers could not distinguish from hot water sweetened".
Another proof that Washington liked the taste of tea and disliked it when hot water only tasted sweetened!
5. Tea played an important part in the American revolution. We've all heard about the Boston tea party. Here it's how it came about:

- Page 143: "Great Britain again provoked colonial discontent in 1767 with the Townshend Acts, which placed duties on paint, glass, paper, and tea."
This made these products more expensive in the colonies, especially tea.

- Page 147: in July 1770 "the strategy was to undercut the dissidents by revoking the duties while retaining the one on tea".
How unfair for tea drinkers! Guess what happened next:

- Pages 165, 166: "On December 16, 1773, (when) a patriotic band, masquerading as Mohawk Indians, heaved 342 chests of tea into the Massachussets Bay.(...) The tea tax wasn't as punitive as is commonly supposed - the cost of tea to the colonists actually declined - but it threatened local merchants by eliminating smugglers and colonial middlemen, entrenching the East India Company's monopoly. (...) The next day Washington and other militant burgesses (...) ratified a boycott of tea."
I am doubtful about this claim that the cost of tea declined at that time. China was still the only source for tea for another 70 years or so. The boycott as reaction to the tax is also interesting: if Great Britain wants to make extra money from our tea consumption, we'll stop drinking it!

- Page 167: "Washington and his ally (...) gave Alexandria voters (...) a ball that evening that was punctilious in its choice of beverages: "Coffee and chocolate, but no tea."
This boycott only worked for a while. The colonists craved their tea so much that they had no choice but to declare their independence in the pursuit of tea happiness in July 1776!
I haven't finished the book, yet. There are no more mentions of tea after this point, so far. However, when speaking of New York city, which Washington tried to defend against the Brits in 1776, the Presbyterian chaplain Philip Fithian noted that :"The vile water here sickens us all". (Page 241). Diseases like malaria, typhoid, dysentery and smallpox were the first enemies of the American militias. Boiling water to kill bacteria was an essential act that saved lives! Also, this confirms that NYC water is more suitable for coffee than for tea, which explains a lot about the prevalence of one drink over another in the big apple!

Note: I chose to drink a high oxidized Oolong, a Concubine from Shan Lin Xi, in a late Ming dynasty Dehua (Blanc de Chine) teapot. The teapot's high spout is shaped like the neck of a white swan. This tall and elegant bird is a fitting reminder of the stature of Washington in American history!