Thursday, June 12, 2014

2001 printemps Concubine Oolong de Yong Lung (Dong Ding)


Cultivar: Qingxin (ruanzhi) Oolong
Récolté à la main au printemps 2001
Origine: Yong Lung, Dong Ding, Taiwan
Process: Semi-oxydé et torréfié. Conservé par le fermier.

Dégustation en gongfucha avec ma Xianpiao en hungni dans une assiette profonde ancienne et 3 petites coupes Dehua.
Avant d'apprendre comment bien préparer le thé, je n'arrivais pas à faire ressortir le caractère propre à chaque thé. Un Oolong d'Alishan me semblait à peine meilleur qu'un Sijichun de basse altitude. J'abandonnais vite l'envie d'essayer des Oolongs chers puisque je n'y trouvais pas de quoi justifier leur prix plus élevé.

Cela changea avec les cours de Teaparker. Muni d'un simple gaiwan, j'arrivais de mieux en mieux à ouvrir les feuilles et retirer tous les arômes du thé. J'avais appris à bien préchauffer cet ustensile, et son couvercle, puis les coupes aussi. Je faisais plus attention à mon eau également: pas trop minéralisée et douce en général.
J'apprenais aussi comment verser mon eau en fonction des feuilles. Les faire tourner s'il s'agit d'Oolong roulé en boule. Y aller délicatement avec le thé vert, mais en force avec du puerh compressé...
La situation avait changé. Chaque thé exprimait son caractère avec de plus en plus de netteté. Cela attisa mon envie d'explorer des thés très divers et aussi d'aller vers de plus en plus de qualité, puisque j'arrivais enfin à bien différencier chaque thé.
Avec les Oolongs de haute montagne, il s'agit de monter toujours plus haut, au-delà de 2000 mètres vers les étoiles!
Avec le thé vert, c'était goûter à du Longjing de Xihu, récolté avant le festival Qingming.
Avec le puerh, c'était de faire l'expérience de vieux arbres sauvages et de puerhs toujours plus anciens.
Avec le Oolong torréfié, le but était de goûter aux premiers prix des concours de Dong Ding.
etc...
Ayant appris à infuser, j'avais envie de sensations extrêmes, d'aller au bout du chemin au lieu de le parcourir doucement. J'étais comme l'enfant d'un an qui apprend à marcher et commence à courir plus vite que ses pieds. (Et je crois que c'est une sensation assez répandue parmi ceux qui commencent dans le thé chinois. Passionné par ce monde nouveau qui s'ouvre à nos papilles, on papillonne d'échantillon en échantillon pour en faire rapidement le tour).
Puis, avec l'expérience, on commence à avoir de vraies préférences. Certains thés ne se lassent pas de nous charmer, infusion après infusion. Pour moi, une des catégories les plus complexe et variée est celle des Oolongs torréfiés. Leur oxydation est le fruit d'un équilibre entre le vert et le rouge, et leur torréfaction un équilibre entre fraicheur et chaleur. Et quand en plus ils sont mordus par ces petits criquets, les Jacobiasca formosana Paoli, alors on tient un thé aux notes mielleuses et raffinées complètement naturelles.
Fascinant aussi, c'est qu'on puisse les conserver de nombreuses années et les affiner progressivement. Les arômes deviennent plus purs et le goût plus épais. Puis, de nouvelles odeurs de post-oxydation apparaissent: du bois ancien, de l'encens, de l'eau-de-vie presque.
Les bons Oolongs anciens nous donnent l'impression qu'ils rajeunissent lors des infusions successives. En effet, leurs odeurs anciennes sont celles que ces feuilles ont acquises en dernier. C'est pourquoi elles sortent en premier. Et au bout de quelques infusions, on retrouve alors les odeurs originelles du thé. Ainsi, on a plusieurs thés en un!
C'est le cas avec ce concubine Oolong de 2001. Les premières infusions sont du domaine du nectar au miel parfumé. Avec une petite théière, on a beau la remplir généreusement, c'est la douceur et la pureté qui dominent. Le thé agit de manière calme, équilibrée.
Mais vers la fin des infusions, le thé se remet à ressembler à un autre concubine Oolong que je connais: celui de 2009, en provenance de Feng Huang, de la zone de Dong Ding également. 'Redevenu jeune', je goûte à l'astringence fruité particulière des Oolongs de Dong Ding.
A 13 ans d'âge, cet Oolong a encore beaucoup de vitalité et de fraicheur en lui. Il a un superbe potentiel pour encore bien se garder pour 20/30 ans au moins. Il n'a pas besoin de nouvelle torréfaction, mais d'être conservé dans une jarre en porcelaine émaillée, bien au sec et au frais.
Les feuilles s'ouvrent complètement. Elles ont une bonne épaisseur et l'on voit bien leur forte oxydation.
Dans 4 jours, mon blog aura 10 ans. Le temps passe si vite! Vous pouvez encore participer à mes petits concours pendant quelques jours.

2 comments:

miig said...

Hallo Stéphane,

vielen Dank für diesen schönen Beitrag! Es ist wirklich interessant wie du die kontinuierliche Weiterentwicklung deiner Empfindsamkeit beschreibst. Ich stehe zwar an einem viel früheren Punkt meines Tee-Weges, bin aber schon ein paar Schritte gegangen und kann das darum sehr gut nachvollziehen.
Auch der Oolong macht einen tollen Eindruck und es hat mir Freude gemacht, deinen Genuss durchs Mitlesen ein wenig teilen zu können.

Stephane said...

Hallo Miig,

Ich freue mich mal wieder ein Kommentar auf deutsch zu lesen. Vielleicht schreibe ich ja auch mal wieder in meiner Muttersprache?!