Chaleur, quand tu nous tient! 35 degrés à l'ombre est la punition journalière pendant 100 jours de fin juin à début octobre à Taiwan. Sans air conditionné, t'es pris de torpeur comme un zombie en quête de fraicheur dans chaque 7-11 sur ta route! La nuit, sur un matelas d'osier, sans couverture, un ventilateur pointé toi ne suffit souvent pas à t'endormir. Les immeubles de Taipei sont des éponges à chaleur et humidité. Revenir chez soi en fin d'après-midi, c'est comme pénétrer dans un hammam où même l'eau froide des canalisations est chaude!
Si je vous décris mon ressenti estival, ce n'est pas pour me plaindre ou vous déconseiller de visiter Taiwan en cette saison (les montagnes et la mer ne sont pas aussi chaudes que Taipei!) C'est pour vous expliquer que l'été ici est d'une toute autre intensité et endurance qu'en Europe ou en Amérique du Nord. Les nuits ne rafraichissent que très peu. Et cela a donc un impact considérable sur les arômes naturels du thé. La fraicheur printanière laisse place aux notes sucrées et matures de feuilles qui poussent sous un soleil généreux et des pluies brèves, mais intenses.
Dans ces conditions extrêmes et très dures pour les producteurs, Taiwan produit quelques excellents thés rouges ou bien fortement oxydés (et mordus!) Le plus connu est la Beauté Orientale de Hsin Chu. Ce thé vient d'ailleurs d'établir un nouveau prix record aux enchères récemment: 1,01 millions de dollars taiwanais (29 000 Euros) pour 600 grammes!
Ici, dans mon bol Jun, nonchalamment, j'ai préparé ce thè rouge mordu de la côte Est. Sa couleur évoque fidèlement ses arômes de miel fruité et chaleureux. Un si bon thé au lever du soleil est, finalement, une belle consolation pour ces journées de transpiration! (No pain, no gain!). Le thé est un peu comme pour la vigne: il lui faut un souffrir pour donner le meilleur de son terroir.
Bao Zhong and Dong Fang Mei Ren from Moychay
1 week ago


