Monday, November 23, 2009

1990s Brique de puerh cuit 'Zhen Yuan'

Vous êtes nombreux à me demander du puerh cuit semblable à ma brique CNNP de 2000, épuisée depuis quelques mois. Je suis heureux de vous annoncer la sélection de cette brique 'Zhen Yuan' de la CNNP des années 90 pour la remplacer.

Ses feuilles sont d'un grade plus fin que la brique de 2000. Elles se détachent facilement.


On retrouve des odeurs d'humus et d'herbes chinoises semblables, mais en plus fin, plus arrondi.

En bouche, ce puerh cuit est tout en rondeur et moelleux. Il est à la fois chaleureux et calme.

Plus de 10 ans de conservation ont permis d'affiner ce puerh cuit et de concentrer l'essentiel de ses arômes.

Pour bien le réussir, je recommande de rincer les feuilles (=jeter la première infusion) et d'utiliser une théière d'Yixing telle ma zisha de 9 cl.

Sunday, November 22, 2009

Feeling good inside out

Hot springs are to Taiwan what sauna is to Northern Europe: the best place to find warmth and relax when the weather turns cold. I have enjoyed going hot springs ever since I came to Taiwan. They are located in the mountains and the view of the dark green forests is in itself worth the travel.

A couple of years ago, I made a discovery that increased my pleasure of going to hot springs even further: drinking top quality high mountain Oolong at the springs!
There, it isn't so much the nose or mouth that tastes the tea, but the whole body! A high mountain qi and freshness is exactly what the hot, soaked body is longing for! It doesn't just taste good. It feels good. Relaxed by the springs, the outdoors setting, the tea experience is lived and enjoyed from head to toe. Our senses are much more receptive to the tea's energy.

Such moments of total relaxation and harmony are too few in life. I recommend to make the best of them by using your best, fresh high mountain Oolong. Your body will tell the difference. Then, just keep it simple and enjoy life!
Note: Maybe you should try after (or during) your next sauna or spa... How was it?

Monday, November 16, 2009

Thé des villes et thé des champs

Faire du thé en appartement, c'est recréer une ambiance, un style à l'aide de ses accessoires, de son Cha Xi. La palette des possibles est infinie.

Ici, pour cette brique de puerh cuit des années 1990, je veux ne cherche pas à faire 'ville' et guindé (comme dans la fable de La Fontaine). Au contraire, j'utilise mes céramiques et Cha Bu pour me transporter à la campagne. Les tons sont bruns et verts. Des coupes de Corée -cadeaux d'un lecteur polonais- s'accordent bien aussi avec les supports Nanban de David Louveau. J'y suis!

A Taiwan, il est souvent possible de faire du thé à la fin du repas dans les restaurants de montagne. La vue imprenable est un cadre grandiose pour le thé. Le set du restaurant est souvent très simple et pratique. Le Cha Xi n'a pas besoin de suggérer une ambiance. Au sommet de la montagne, la nature est tout autour de nous. Il n'est pas besoin d'en rajouter.

Sur les photos ci-dessous, j'ai simplement fait 2 petites améliorations: j'ai amené les Oolongs d'automne 2009 de ma sélection (au lieu de prendre ceux du restaurant, souvent très moyens), et mes coupes 'chantantes' qingbai.



Wednesday, November 11, 2009

Reportage sur la production du puerh

Je vous recommande le nouveau reportage-photo de Philippe Coste: La production de thé puerh, qi fait quoi. Sur cette même page, vous retrouverez les autres articles qu'il avait publié sur mon blog. Merci, Philippe, de nous mettre le Yunnan à la portée d'un clic! Et si en plus vous dégustez une bonne infusion de puerh sauvage devant votre écran, c'est comme si vous y êtiez!

Tuesday, November 10, 2009

Nilu and zisha kettle

I'm glad to present this simple set that will let you boil water the old fashioned way, with charcoals. Water tastes rounder, sweeter and more alive when boiled over the gentle fire of burning charcoals. And thanks to the porous and thin zisha clay of this kettle, the water remains fresh even after a prolonged period of the fire, as I could test today.

Best is to use a wood that doesn't produce much smoke and smells nice. In Taiwan, serious tea drinkers often choose longyan wood for this purpose. (At least I do.)

The zisha kettle is 17.5 cm high with its handle.
It weighs 450 gr for a volume of 75 cl (80 cl at maximum).

The Nilu is 22 cm high and is very heavy to provide for a stable base.

The whole set (Nilu and kettle) weighs 3.7 kg in its primary packaging.

Maintenance advice:
- Empty and let the kettle dry after usage.
- Don't keep the empty kettle over fire.
- Don't add cold water to a hot and empty kettle. It's best to add the water when there's still water inside or after the kettle could cool down a little.
- Likewise for the Nilu, don't put it in cold water when it's still hot.

Monday, November 09, 2009

Décoration de calligraphie qinghua sur porcelaine

Qinghua est la décoration bleu-et-blanc apparue durant les dynasties Tang et Sung et qui a connu son essor durant la dynastie Yuan. Ce type de décoration a imposé Jingdezhen comme la capitale mondiale de la porcelaine. Et le qinghua est devenu le symbole de la porcelaine en Chine.

Avec la calligraphie nous avons un autre élément fort de la culture chinoise. Employée comme motif de décoration qinghua, elle accentue encore le caractère chinois de la porcelaine.

On utilise pour le qinghua un oxyde métallique dont l'oxyde de cobalt est l'agent colorant. On remarquera que ce pigment a une couleur terne lorsqu'il est peint sur la porcelaine crue. Ce n'est qu'avec la cuisson que la couleur éclatante du bleu apparaitra.

Ci-contre, l'artiste utilise un pinceau de calligraphie. Comme le coeur du pinceau est rempli de pigment, il doit diriger la pointe du pinceau directement vers le haut de la courbe de la coupe. Il ne dessine qu'avec la pointe.

Cette coupe est non seulement décorée à la main, mais elle a aussi été tournée manuellement. Cela lui donne une finesse et un toucher particulier. Elle pèse 32 gr environ pour une contenance normale de 3 cl et 5 cl à ras bord.

Le zhong qui l'accompagne (voir ci-dessous) est fait mécaniquement par moulage. Cependant, il est très fin et sa forme harmonieuse. Il pèse 144 gr pour 12 cl normal et 14.5 cl maximum.

J'ai bien évidemment craqué pour ce joli ensemble, si représentatif de la culture chinoise qui est aussi celle du thé! Certes, la beauté a un prix, mais il reste très raisonnable si l'on considère le temps et la dextérité qu'il a fallu pour les réaliser. La perfection parfois un peu froide de la porcelaine blanche se trouve humanisée par les traits et courbes de ces poèmes calligraphiés.

Mais la Chine actuelle êtant ce qu'elle est (le royaume de l'imitation), je suis tombé peu après sur un autre set (à gauche) de calligraphies qinghua. Et cette fois-ci, le prix est le même que pour mes porcelaines ivoires sans décoration!

Et pourtant, les calligraphies furent aussi peintes à la main. Mais elle n'ont pas la finesse et la légerté du set de droite.

La comparaison entre les deux sets montre aussi l'importance de la bande circulaire. L'ajout de cette bande donne une unité à la pièce. Tel un cadre, elle aide notre regard à se concentrer sur un champ visuel.

Même si cela ressort moins bien sur ces photos, la couleur bleue de ce set est un peu pourpre et moins classique que le bleu du premier set.

Cest 2 pièces sont faites industriellement (sauf pour la décoration manuelle).
Le zhong pèse 172 gr pour une contenance de 13.5 cl normal et 16 à ras bord.

La coupe pèse 46 gr pour une contenance normale de 3 cl et 5 cl à ras bord.

Thursday, November 05, 2009

Top Wenshan Qizhong and small zisha teapot

Spring 2006 hand harvest.
Wenshan area, northern Taiwan.
Top grade Luanze Oolong with medium to strong roast.

The dry leaves smell like light brandy, a very intoxicating fragrance. The smell under the lid is very different. It's the sweet and pleasing smell of a certain type of wood, maybe pine. In the cup, the fragrances are very different again. We are in a deep, dark forest at the end of winter, early spring. Mysterious scents of orchid, mushrooms and lush vegetation play around in my mouth and nose.

The color of the brew is yellow/brown. Very good clarity.

The taste is remarkably light and sweet at first. Then comes a nice thick feeling with some tickling of the salivary glands. A slight roughness, not enough to be qualified as astringent, can be felt like in a raw vegetable. Several layers of sweetness keep on being released in the mouth. There's also a sense of freshness in the mouth in the end.

This tea shares many similarities with good WuYi Yan Cha. Shape and good roasting to begin with. Also, like with Hung Shui Oolong, the freshness has been preserved despite even stronger roasting.

The spent leaves (on the left on the plate) open up, but are a little more hardened than my Hung Shui Oolong. Since their shape isn't rolled, the heat more easily penetrates to the core.

I'm using this 9 cl (87 grams) small Yixing zisha teapot. Its flat shape is a good fit for roasted Wenshan Baozhong, Wu Yi Yan Cha or puerh.

It has no inside filter, but this isn't a problem if the leaves aren't too broken in pieces. The small size of the pot also means it's possible to use a high leaf to water ratio at low cost. Roasted Oolongs often need a certain level of concentration, of strength to taste right. This is easier to attain in a such small teapot.

When the weather is cool, such a sweet and warm Oolong brings much comfort and pleasure...

Monday, November 02, 2009

Rencontre et traditions

En buvant du thé à plusieurs reprises avec des membres de Doulce Mémoire, nous avons pris conscience des similitudes dans nos démarches: étudier, pratiquer, préserver et célébrer un art vivant du passé. Pour eux, il s'agit surtout des musiques profanes et sacrées de la Renaissance. Pour y arriver, ils s'intéressent de près à l'histoire des instruments, des compositeurs, de l'écriture de la musique...

Lucas, par exemple, joue principalement de la viole de gambe, un instrument tombé dans l'oubli pendant plus de 2 siècle. Ce n'est qu'à la fin du 20ème siècle qu'on la redécouvrit (cf. le succès du film 'Tous les matins du monde'). Si de nombreux instruments ont évolué avec le temps et n'ont plus grand chose en commun avec leurs ancêtres, avec une viole de gambe, on a l'assurance d'un instrument d'époque.

Lors de notre seconde rencontre, j'ai préparé mon Hong Shui Oolong de San Hsia de 1990 pour lequel j'avais livré mes impressions dans une vidéo en anglais. Mon but était de le faire voyager dans le temps, par mon Cha Xi (eau chauffée au charbon de bois) et par l'effet de ce vieux thé traditionnel.

Quelques jours plus tard, j'ai demandé à Lucas de partager avec vous son expérience:


Un des plus grands bonheur dans le thé, c'est de pouvoir le partager! J'ai tendance à réserver de tels thés anciens pour des jours particuliers (Noël, anniversaire). Mais une rencontre avec d'autres passionnés de thé et de traditions lui donne une signification encore plus particulière.

Saturday, October 31, 2009

Tang dynasty ware

Yesterday's show in front of the National Palace Museum used this famous Tang dynasty painting for its billboards and programs. We can see a group of Tang women playing music and drinking tea (full picture here).

This is the picture I was referring to when I showed this big bowl in 2006. The Secret Color Porcelain ware kept the secret of its origin until 1987. Then, archeological findings at the Fa Men Temple could prove that Mi Si Tsi (Secret Color Porcelain) was made in Yuezhou (Yue Yao, Yue kiln) near the Shanglin lake in the Zhejiang Province.

Celadon wares were made in numerous kilns, mostly in southern China, but also in Yaozhou (Shaanxi province). When a product is in high demand in China, it tends to get reproduced everywhere! (Sub sole nihil novi est). The reason Yue Yao was a secret is that the emperors didn't want ordinary people to know where their celadon wares came from. If everybody knew where to get emperor grade bowls, what's the point in being an emperor!?

But Lu Yu was close to reveal this secret when he noted in the Cha Jing, Chapter 4, that Yuezhou ware is first quality. Yuezhou ware is as fine as jade (the favorite jewel for Chinese). And, it would turn the cooked tea stew green again: even though Tang dynasty used green tea, it would turn red when cooked (which was how they made tea back then) through oxidation. The Yue Yao celadon would make the tea appear fresher, greener.

Bernard Leach makes a convincing case in "A potter's book" that Tang dynasty and Sung dynasty wares reached a perfection not found again since. They have greatly influenced Japan's tea culture. There, quality tea accessories are called Karamano, 唐物, literally Tang item. This is also why many Japanese accessories trace their origin in China. The japanese Cha Tuo (chataku) below is one of many examples of a Chinese tea accessory copied and adopted by Japanese.


Japan did itself, China and the world a great service by well preserving the Tang and Sung heritage. By building its tea culture on perfection, Japan could develop its own tea culture to the high degree we know now. This also enables us to find back to the historical roots of Chinese tea culture by using old Japanese accessories, which are close to their Chinese originals.

Friday, October 30, 2009

Préserver la doulce mémoire du passé

Mon blog m'a permis de faire la connaissance de plusieurs membres de la compagnie de musique Doulce Mémoire, en tournée à Taiwan.

Ce soir, j'ai pu assister à la première de leur co-création 'Mémoire des Vents du Sud' en collaboration avec la compagnie taiwanaise Han Tang Yuefu. Ce spectacle de danse et de musique ancienne a eu lieu devant le Musée national du Palais, à Taipei, où sont entreposés les trésors des empereurs de Chine. Une douce brise d'automne nous a caressé.

Comme vous le verrez dans les fragments recueillis dans ma petite vidéo, ce spectacle imagine la rencontre en danse et musique de croyants d'Europe réfugiés en Chine durant la dynastie Tang. On reconnait les airs des uns et des autres, mais l'on remarquera aussi bien des similitudes. Nous êtions moins éloignés que cela à l'époque! L'harmonie et la complémentarité musicale qui en ressort est un beau présage d'échanges fructueux dans l'avenir.

De plus, la musique jouée ce soir fut particulièrement épurée et envoutante. C'est exactement le genre de musique que je recherche pour 'planer' à travers le temps et l'espace en buvant mes meilleurs thés (surtout les anciens).


Venu plusieurs fois à Taiwan, c'est tout naturellement que Denis Raisin Dadre a découvert le thé chinois ici, puis mon blog par une recherche sur Internet. En voyant ce spectacle, j'ai pu prendre conscience de manière vive et auditive, que nos démarches sont très similaires. Doulce Mémoire cherche à préserver et faire revivre le patrimoine musicale de notre lointain passé. Mes études du thé chinois ont aussi pour but de puiser savoir et inspiration aux sources historiques. Et de donner vie à toute cette culture dans ma pratique quotidienne du thé. Les anciens avaient déjà tout compris à la musique et au thé (et à la potterie aussi)... Préserver cet héritage n'est pas une charge, mais une joie et un grand honneur.

Bref, ce fut un grand soir! Merci Denis, Lucas, Angélique, Bruna, Estelle et tous les autres. Le Bonheur est entré dans mes oreilles!