Tuesday, April 14, 2009

Jinxuan Oolong de haute montagne

Pour ce Jinxuan Oolong récolté à la main fin mars 2009, j'ai repris mon Cha Xi printanier dans les grandes lignes.  J'ai juste remplacé la théière en zhuni par mon gaibei (zhong) afin  de le tester de manière plus neutre. (Si le thé est bon en porcelaine, il sera encore meilleur dans une bonne théière).

Le Jinxuan Oolong est un cultivar inventé par le centre de recherche du thé de Taiwan en 1981. Il donne de meilleurs rendements que le luanze Oolong et a des fragrances qui rappellent un peu le lait. (Certains marchands vont même à rajouter du parfum de lait un peu caramélisé pour accentuer cette odeur naturelle au départ.)

Originaire de Lu Shan, dans la région de Nantou, ces feuilles ont poussé à une altitude de 1000 mètres environ. Elles ne peuvent pousser bien plus haut, car elles résistent moins bien au froid que le luanze Oolong dont les tiges sont plus fines. (Des grosses tiges gorgées d'eau sont plus vulnérable au gel en haute montagne).

L'infusion est d'une grande clarté, brillante. Verte claire, elle tire sur le jaune. L'oxydation est typique d'un Oolong frais, sans torréfaction.

Les arômes sont pêle-mêle végétaux, fleuris et finement lactés. Ils ont la délicatesse du printemps qui s'éveille. Les odeurs dans la tasse vide sont celles du soleil.

Au niveau goût, le thé glisse sans aspérités aucune tout le long de la gorge. Même la réception dans l'estomac se passe bien. Les premières notes en bouche sont un peu de salées, mais laissent rapidement place à beaucoup de moelleux, et de la fraicheur sur la langue. Ensuite, tandis que les arômes refluent, je sens comme une sécheresse sur la langue. C'est le terroir rocailleux de la plantation qui laisse cette note qui fait se prolonger l'arrière-goût de ce thé.

Conclusion: La plupart du temps, les Jinxuan sont des Oolongs de basse altitude destinés au grand public. Ils sont un peu au thé chinois, ce que le rosé est au vin: des thés frais, jeunes, bon marché, mais sans grande qualité. Ce Jinxuan de Lu Shan est une exception. Il a toutes les qualités que j'attends d'un bon Oolong de haute montagne: des arômes fins et fleuris, du moelleux en bouche, une digestion aisée et un caractère particulier impreigné par son terroir. Le fermier a réussi tout cela en utilisant du Jinxuan. Bravo! Je le recommande vivement, autant aux débutants qu'aux experts en Oolong de haute montagne! 
Note: Les notes de dégustations sont celles faites avec 3 gr, 15 cl et 5 minutes. Mon eau de source provient de Wulai. (Sur les photos, j'avais utilisé plus de feuilles et des infusions un peu plus courtes.)

Conseil: cet Oolong supporte bien des infusions longues. Par contre, il est très important d'utiliser une eau très proche de l'ébullition.

2 comments:

Soïwatter said...

Voici un cultivar dont on entend de plus en plus parler.

Les quelques Jin Xuan que j'ai pu goûter m'ont laissé une très bonne impression (surtout par rapport à la qualité générale des oolongs des maisons de thés dont ils proviennent). Ils sont souvent dans le haut du panier.

J'y ai chaque fois bien retrouvé ce côté laiteux bien marqué caractéristique du plant, mais aussi le côté salin dont tu parles dans ce post.

Ce qui l'avait aussi surpris, c'est la taille des feuilles vraiment démesurées (largeur d'une paume). As-tu aussi observé cette caractéristique sur les Jin Xuan que tu as eu la chance de côtoyer?

Stephane said...

La taille (ovale) des feuilles est effectivement assez grande. Mais je ne parlerais pas de démesurée. Je garde ce qualificatif pour le Buddha Hand Oolong!