Wednesday, March 09, 2011

Pétale d'hiver de Zhu Shan de janvier 2011

(Lots of similarities to last year's Dong Pian Oolong from the same region and farmer.)

Cultivar: Luanze (qingxin) Oolong

Récolté à la main le 19 janvier 2011.

Origine: Zhu Shan (montagne bambou), centre de Taiwan.

Process: Oolong peu oxydé, roulé et non torréfié

Dégustation de 3 grammes dans une petite théière classique en porcelaine qingbai (contenance de 12 cl). Infusion 'de compétition' de 6 minutes avec une eau de source à ébullition.

Feuilles sèches: couleur vert émeraude frais assez concentrée de taille plutôt grande. Présence de tiges couleur paille. Odeur herbacée et fraiche des feuilles.

L'infusion a une bonne clarté et transparence. La couleur est d'un vert vif tirant sur le jaune clair.

Les odeurs des feuilles ouvertes dans la théière sont celles de la nature taiwanaise par un jour ensoleillé, mais pas trop chaud. Les fragrances de l'infusion sont fraiches et légères. On est un peu plus dans le fruité (pomme verte, jeune abricot) que dans le fleuri (rose), mais le tout a une bonne connotation parfumée et ces effluves restent longtemps présentes en bouche.

Au goût, et ce malgré l'infusion extra longue, je trouve surtout de la douceur moelleuse. Les papilles sont agréablement stimulées par une légère astringence, un picotement, qui se transforme en sucré tout en faisant longuement durer le plaisir.

Le Dong Pian (traduit Pétale d'hiver) est un peu le 'vendange tardive' des Oolongs taiwanais. C'est une récolte hors saison, entre celle d'hiver et de printemps. Elle ne concerne que les basses altitudes, là où il pourrait encore faire assez chaud pour un redoux de courte durée. Ce moment est imprévisible: décembre, janvier ou pas du tout. Ces théiers qui veulent croire au printemps se mettent alors à donner des pousses, des petits bourgeons. Or, même s'il peut faire chaud en journée, les nuits d'hiver restent froides et cela nous donne des conditions météo semblables à celles de haute montagne au printemps. C'est pourquoi, cette récolte est particulièrement appréciée, car on y retrouve certains traits d'un Gao Shan Oolong mêlés avec un terroir inhabituel.
Deux branches prises au hasard montrent la récolte à la main et que cette plantation n'utilise pas de pesticide. Les bourgeons sont nombreux et l'oxydation ne fut pas trop légère.

Pour ce Cha Xi, il était normal d'utiliser ces jolis Cha Tuo japonais en étain en forme de pétale de fleur! Avec les coupes chantantes qingbai posées dessus, on dirait presque des fleurs!

Sur le Cha Bu de bambou, j'utilise une assiette creuse à émaille noire pour ma théière. Elle est inspirée par ma récente coopération avec David Louveau. Je l'ai faite de mes mains (avec l'aide d'un potier) lors d'un petit cours de poterie à Yingge, en compagnie de mon fils! Rien de tel pour apprécier toute la difficulté et le travail qui se cachent derrière des pièces en apparence toutes simples.

1 comment:

blog said...

C'et un genre de the que j'apprecie toujours par sa finesse et sa profondeur.
C'est interessant qu'on puisse retrouver, comme tu l'indiques, le caractere des Gaoshan de printemps dans des conditions toutes autres. Pour moi, le Dongpian et souvent moins floral qu'une recolte de printemps mais avec une belle fraicheur et mineralite.
L'assiette noire est un tres bel accent personnel! Le boire dans des utensiles comme celui-ci change completement la perspective du buveur.
Amities WB