Wednesday, September 25, 2013

10 ans de puerh cru sauvage de la région d'Yiwu

Cette galette de puerh m'accompagne pratiquement depuis le début de mon blog. C'est avec elle que j'ai commencé à aimer le puerh cru jeune. J'ai tellement aimé que j'en ai pris un tong pour la naissance de mon fils (en 2003) et un pour ma consommation personnelle. En 2006, sur le forum Tea-Disc, j'organisai une petite compétition de jeune puerh avec 2 autres sites web. Chacun envoya son jeune puerh favori à des participants amateurs de thé, et c'est cette galette qui en sortit vainqueur!
Avec 10 ans d'âge, il devient intéressant de la comparer par rapport à des dégustations plus anciennes pour suivre son évolution. (C'est là qu'un carnet de note ou un blog est très utile.) L'évolution du puerh dans le temps semble l'un des plus grand mystères de ce monde du thé quand on débute. On goûte au jeune puerh et à des vieux, mais on a du mal à faire le lien entre les deux. Comment est-ce que ce thé évolue dans le temps? On lit et on entend plein d'histoires différentes sur le genre de puerh choisir, comment le stocker...
Pour ma part, j'ai appris qu'un mauvais puerh ne va pas se transformer en bon puerh avec l'âge. Si on veut un bon vieux puerh, c'est du bon jeune puerh qu'il faut mettre de côté. La magie du vieillissement du puerh n'est pas de transformer n'importe quoi en or!

Voici les quelques feuilles que je décortique soigneusement du bord de la galette. Par curiosité, je les pèse, puisque je veux les infuser de manière assez objective en gaiwan (3.5 gr), en infusions longues (plusieurs minutes, mais sans montre).
Nouvelles coupes 'chantantes' ivoires.
Avec le puerh, on s'attend souvent à un feu d'artifices partant un peu dans tous les sens. Or, ce qui me frappe, c'est la pureté et le moelleux long, mais presque monotone de ces infusions. Ce puerh est devenu calme et harmonieux. Doux et confortable. Ce qui est intéressant, c'est que ces caractéristiques de pureté du goût et de douceur étaient déjà présentes lorsque le thé était jeune. Ces 10 années d'affinage ont accentué ces caractéristiques.

Au niveau des fragrances, les odeurs fruitées de longan et de prune continuent de murir et de s'assombrir. On commence à sentir des choses plus boisées et anciennes.

Au nez, on est encore loin d'un vieux puerh, alors qu'au goût on s'en rapproche beaucoup!
La clarté et la transparence de l'infusion sont très bonnes.
Dans les feuilles ouvertes, on trouve de grands bourgeons et des tiges épaisses. Leur grande taille est un bon indicateur pour juger la taille et l'âge des théiers. Ces bourgeons de puerhs sont aussi des puits profonds d'arômes intenses. En effet, la particularité du puerh sauvage est de pousser dans des conditions extrèmement difficiles. Pour bien grandir, le théier protège ses petits bourgeons en les enveloppant les uns dans les autres. Telles des poupées russes, un bourgeon peut en contenir 3 ou 4!
S'il fallait chercher une explication à la qualité de ce puerh, on la trouverait dans le grand ratio de bourgeons sauvages de cette galette. On les identifie facilement sur la galette en haut: les bourgeons sont de couleur très claire.

2 comments:

Jakub Tomek said...

Hello,
actually, I think that this is a Jiangchen tea... It's quite similar to other Jiangchen teas I had, while it's rather unlike Yiwus...

Nevertheless, it's "just saying", the tea is good :)
Jakub

Stephane said...

Hello Jakub,

I'm glad you like this tea! I heard other people think it's from Jiangchen. I don't see too much differences in aromas between these 2 areas and think it's indeed possible. At the end of the day, the most important is that the tea taste and feel good!