Monday, September 09, 2013

Le Livre du Thé


"Le thé, au-delà du simple passe-temps poétique, devint une méthode d'accomplissement personnel."

C'est ainsi qu'Okakura parle du thé durant la dynastie Sung dans son 'livre du thé'! Ce classique moderne vient de ressortir aux Synchronique Editions dans un format poche et illustré d'estampes d'Hokusai. Son éditeur a eu la gentillesse de m'envoyer un exemplaire! 

Cela m'a permis de le relire en quelques jours. Quand je l'avais lu la première fois, il y a près de 10 ans, cela avait du m'apparaitre lointain, abstrait et un peu mystérieux. Sa relecture fut bien plus rapide et agréable, car je peux désormais mieux identifier mon vécu avec ces concepts qui volent parfois un peu haut (taoisme, zen...).

Mais cela reste un bon livre pour avoir une vue générale de l'évolution du thé à travers l'histoire. Aussi, c'est un des rares livres que je recommande pour bien comprendre le thé d'un point de vue chinois et japonais. On n'y apprend peu la technique de la production ou de l'infusion du thé, mais on en apprend sur l'état d'esprit. J'aime bien comment Okakura compare le thé des périodes Tang (bouilli), Sung (poudre fouettée) et Ming (vrac infusé) aux courants artistiques classiques, romantiques et naturalistes respectivement.

Okakura nous fait aussi un résumé 'Cha Jing' de Lu Yu (l'autre classique indispensable à notre éducation théistique). Pour décrire la meilleure couleur de bol en porcelaine selon Lu Yu, Okakura traduit 'qing' par 'blue' dans l'original en anglais, ce qui est naturellement traduit en 'bleu' dans ce livre. Or, il s'agit de la couleur céladon des fours de Yuezhou. (Vous pouvez voir un exemple d'un tel bol de la dynastie Tang sur mon blog pour mieux apprécier cette couleur vert clair). Peut-être ce point mériterait-il une petite note de l'éditeur dans les prochaines éditions... En tous cas, vous voilà avertis!

La lecture de ce livre montre qu'il y a une approche esthétique et méditative au thé. Faut-il s'en insprirer ou non relève de la sensibilité de chacun. La variété des écoles de thé montre bien l'adaptabilité et le changement de ce breuvage avec les époques. Le thé a tant de choses à apporter à chacun d'entre nous: plaisir du palais, voyages (virtuels) dans la nature, bien-être de corps et de l'esprit, ouverture à la Chine et/ou au Japon... Les chemins sont nombreux et certains restent à inventer. Mais quelque soit sa voie, il est certainement judicieux de ne pas ignorer les origines et la longue histoire (asiatique) du thé!
Jarre du château de Chambord

4 comments:

charlotte billabongk said...

Ah, le Livre du Thé d'Okakura, une réelle source d'inspiration pour de nombreuses personnes, et pas que dans l'univers du thé. C'est un ouvrage qui peut vraiment agir comme déclencheur, ou qui permet de se motiver... Il est à l'origine de bien des vocations !

Cette édition semble vraiment très belle.

Stephane said...

Merci pour ton commentaire, Charlotte. Et merci aussi pour tes très belles photos de Wu Yi sur ton blog. Cela me met l'eau à la bouche!

charlotte billabongk said...

Wu Yi est vraiment un lieu exceptionnel et cher à mon coeur. J'aimerai y aller plus souvent, tout y est tellement intense, qu'on en repart purifié et dynamisé. Un Qi incroyable.

Depuis Taipei, un petit coup d'avion, et hop, direct à l'aéroport de Wu Yi, (ou en passant par Xiamen)... On pourrait même se voir là-bas un jour !

Stephane said...

J'ai déjà rêvé de visiter WuYi! Je le ferai un jour, mais je n'ai pas encore la date. En attendant, je déguste Shui Xian, Rou Guei, Bai Ji Guan et Zheng Shan Xiao Zhong de là-bas!