Wednesday, September 20, 2006

L'automne, la saison du pu-erh

English summary: Fall is Pu-erh season. I start it with a review of this 1990 wild cooked Tuo Cha.

Nous avons connu cette semaine nos premières nuits sans Air Conditionné. C'est le signe que l'été va doucement nous quitter. Comme chaque année, l'été taiwanais a été chaud et humide. C'est un temps excellent pour faire murir le puerh. A défaut d'en boire souvent, j'ai pu sentir ses effluves sur mes étagères. Humm...
Les rares fois où j'ai bu du puerh cet été, je me suis mis à transpirer fortement au point de devoir changer de T-shirt. Par plus de 30 degrés et plus de 60% d'humidité, j'avais plus envie de Lung Jing ou d'Oolong léger.
Mais maintenant que le temps se rafraichit, j'ai enfin pu me remettre à déguster du puerh. J'ai décidé de commencer avec mon meilleur puerh cuit, ce Tuo Cha de 1990 fait avec des feuilles sauvages de première qualité.

L'apparence des feuilles sèches montre des feuilles brunes et laisse à penser que la fermentation de ce puerh a été très bien contrôlée et qu'il n'a pas été trop fermenté. Le Tuo Cha est encore bien dur et un outil plat est nécessaire pour séparer les feuilles.

L'odeur sèche évoque surtout celle de la terre et des feuilles sèches. (Encore une raison pourquoi le puerh est le thé de l'automne).

Avec un thé de cette qualité, j'utilise ma règle habituelle: peu de thé et des tirages assez longs (surtout quand je bois seul). Le thé obtenu est d'une grande transparence et sa couleur brune d'une grande beauté.
Les odeurs sont typiquement celles d'un vieux puerh cuit: terre, sous-bois, bois... mais d'une grande pureté.
En bouche, notamment grâce aux longues infusions, le thé se révèle charnu et se dévoile peu à peu comme par couches moelleuses successives. Une bonne complexité et très agréable à boire. Il tient bien 8 à 10 infusions en devenant de plus en plus 'sucré', mais moins épais au fur à mesure de la dégustation.

J'ai fait une petite 'découverte' avec ma toute dernière infusion: j'ai utilisé de l'eau froide du frigo pour rincer une dernière fois les feuilles. Le résultat fut désaltérant et délicieux! Je me demande si le puerh cuit froid ne serait pas meilleur que le Oolong pour me désaltérer en été!?

Il est aussi possible de le préparer en mettant un poids habituel de feuilles. Cela convient bien quand on reçoit beaucoup d'amis. Mon grossiste me l'a préparé ainsi la semaine dernière: en quelques minutes il avait rempli 3 cha hai (cruches) de ce thé!


J'en profite pour vous montrer une de mes dernières tasses Qing. Sa particularité est d'abord sa grande taille (presque un petit bol). Le motif peint ressemble un peu à la Tour Eiffel! En plus, il y a comme un petit papillon (ou une abeille?) fait en piquant des petits trous dans la laque de la céramique.

2 comments:

Julien ÉLIE said...

Un thé que j'apprécie bien. Il est de bonne qualité et laisse un bon goût de sous-bois en bouche.

J'ai une petite interrogation au sujet des feuilles (compressées) : est-ce qu'il faut aider à leur séparation ? car en mettant un morceau directement dans le zhong, il n'a pas l'air de se déliter (même au bout de six infusions). J'ai aidé et ça a redonné un coup de fouet aux infusions :)

Je me demande donc s'il faut déliter le bloc manuellement avant de commencer les infusions. Ou s'il vaut mieux laisser faire (?)

Stephane said...

Julien,

Mieux vaut décortiquer plus à fond les feuilles que tu veux infuser. Manuellement de préférence ou avec un couteau à puerh si c'est trop dur.