Tuesday, February 09, 2010

Maison de thé près de chez moi (2)

Nous sommes retournés à cette maison de thé ce weekend. Cette fois-ci, j'ai ramené mes accessoires. Je n'ai gardé que la bouilloire et l'eau sont fournis par l'établissement. J'ai choisi un zhong afin d'avoir un accessoire polyvalent pour préparer les 3 Oolongs que j'ai amenés (Shan Lin Shi du printemps 2009, Ali Shan Hung Shui Oolong et top Oriental Beauty de Hsin Chu).

A l'arrière-plan, sur la gauche, on peut distinguer un pin très semblable à celui sur mon Cha Bu noir!

La porcelaine blanche ivoire de mon set provient d'une production moderne et industrielle. La technique est parfaite et aboutit à un résultat pur et lisse. Chaque tasse est un clone parfaitement identique. Mais trop d'uniformité froide tue la beauté. Ce qui 'sauve' ces porcelaines dans le Cha Xi est la présence du thé. Dans cette tasse en forme de tulipe, l'infusion chaleureuse et dorée lui donne de la vie, de l'imprévu. Dans ce cadre vivant de culture chinoise, la porcelaine moderne contraste avec le passé. A petite dose, cette porcelaine n'est pas entièrement froide et inerte car elle absorbe la vitalité de son environnement (et du thé). Mais un monde de porcelaine industrielle me ferait penser à '1984' d'Orwell.

Dans le domaine de l'art, on pourrait comparer cela à ceux qui disaient que la photographie, reproduction parfaite du réel, allait remplacer la peinture.

Mais de même qu'il y a des photos ratées et des photos réussies, il y a des porcelaines modernes meilleures que d'autres. Mais si l'on veut atteindre la beauté la plus sincère et la plus humaine, ce n'est pas de ce côté-là qu'on la trouvera.

Dans mon Cha Xi ci-dessus, à côté de mon bras, il y a ce bol de longue cuisson au bois de Terre et Feu. On voit combien il se fond bien dans ce cadre naturel:
Il y a une personnalité, une vigueur, une histoire qui se dégage de chaque centimètre carré. On peut le regarder sans se lasser et trouver à chaque fois de nouveaux détails. En même temps, il s'agit tout simplement d'un bol, l'objet le plus primaire qui soit. Il peut contenir boisson ou aliment. On peut toujours lui trouver un usage, une raison de le toucher et de le mettre à notre service. C'est de la beauté humaine, sans prétention, au quotidien.
(Dans un autre article, j'irai un peu plus dans le détail comment juger la beauté de telles poteries.)

8 comments:

Laurent said...

Bonjour Stéphane,

Je me posai une question très pratique, voire bassement matérielle: Vu que tu arrives avec ta vaisselle et ton thé, comme tu l'écris, ils fournissent la bouilloire et l'eau.

Mais j'imagine qu'il faut bien qu'ils vivent, ces gens, donc tu payes quoi ? Juste l'eau ?

Ou bien est-ce la conclusion d'un repas dans ce restaurant ?

Et d'autre part, j'imagine que culturellement, cela est bien accepté ? Je me vois mal arriver au restaurant avec mon vin...

Stephane said...

Laurent,

De nos jours, ce genre de maison de thé a aussi une fonction de restaurant. On y sert aussi (surtout) à manger. Pour l'eau et le réchaud, le prix est calculé par personne. Ici, c'est 150 New Taiwan Dollar par personne (4 Euros environ).

Sinon, dans un restaurant chinois plus classique, l'eau chaude (et un thé basique) est généralement offert, servi dans une grande théière (porcelaine ou inox). Dans ces cas-là, il est possible de ramener son thé et de demander de le mettre dans la théière, remplie ensuite d'eau chaude. Ce service est alors compris dans le prix.

ginkgo said...

trop de froideur tue la vie mais en effet peut-on mettre en parallèle deux "mondes" (industri-artisanst ou photo-peinture ?) ...de plus la relation que l'on a avec l'objet ne peut-elle pas "transformer" aussi le tout ??

Stephane said...

Ginkgo,
L'industrie de la porcelaine est le prolongement des ateliers artisanaux. Je ne pense pas qu'il faille séparer ces 2 'mondes', mais essayer de les rapprocher.

Pour avoir une relation avec un objet, il faut qu'il nous parle, nous touche. Un objet sans personnalité ne saurait nous toucher.

Anarkia777 said...

Bonjour Stephane, merci pour ce blog bien complet que je prend plaisir à lire.

L'industrie des machines et l'artisanat manuelle sont deux monde, tous les deux utiles et essentiel. L'un permet d'obtneir des picèes d'une précision que le manuelle ne pourra jamais obtenir (par exemple réaliser des picès au micromètre), l'atisanat permet d'obtenir des picèes plus décoré, plsu belle souvent et avec un histoire. le problème c'est que l'industrie aujourdh'ui est surtout utiliser pour produire de la M**** en masse ps chère.

Stéphane pour tes oolong quelle différence trouve tu avec la méthode GFC? Est-ce différent, Mieux?

Stephane said...

Anarkia,
Le but du GFC est d'obtenir la meilleure infusion possible.

Anarkia777 said...

En infusant tes thé bleue en Zhong, trouve-tu qu'ils sont meilleurs en théières Yi-xing?

Stephane said...

Théière et zhong ne sont qu'un élément qui font qu'un thé sera bon ou moins bon. On peut rater ou réussir le thé avec ces 2 ustensiles. La technique du zhong est un peu plus pointue ; le préchauffage est plus important car la porcelaine retient moins bien la chaleur. Apparamment, c'est plus simple et on peut obtenir un thé meilleur, mais si on n'a pas une bonne théière, on risque d'obtenir une infusion moins bonne qu'en zhong.