Tuesday, March 30, 2010

La sagesse des classiques

"Trouve le bonheur dans les arts", Confucius. Et notamment l'art du thé, suis-je tenté de compléter en ce qui me concerne!

En philosophie, on continue de se tourner vers les anciens textes pour répondre à nos quêtes métaphysiques. En thé aussi, si l'on veut progresser on se tournera vers le passé pour bien comprendre l'évolution des techniques et de l'appréciation du thé.

Si, de nos jours, nous avons accès plus rapidement à une plus grande variété de thés de divers pays, cette évolution positive s'est faite au prix d'un nivellement de la qualité vers le bas. Autrefois, le thé dont parlait les classiques était surtout l'apanage de l'empereur et de la noblesse. Aussi, les fermiers et potiers rivalisaient d'ingéniosité pour obtenir les meilleurs résultats possibles (et les faveurs du monarque). Puis, les mandarins - sans Internet, télévision pour les distraire - savaient prendre leur temps pour préparer et déguster leurs quelques thés avec leurs accessoires dédiés. Raffinement, produits de qualité irréprochable, concentration de l'esprit, attention aux détails, répétition de la dégustation du même type de thé (et donc connaissance en profondeur), mariage de la culture du thé et d'un savoir-vivre ... tout cela explique pourquoi ils y trouvaient tant de plaisir.

Pour progresser dans le thé, nous pouvons nous inspirer de ce riche passé. Il ne s'agit pas de devenir aristocrate en apparence, mais fin connaisseur, préparateur et dégustateur. La quantité ne fait pas la qualité. Mais la qualité des feuilles, de l'eau et du matériel ne suffit pas. Encore faut-il bien savoir comment les associer pour en tirer le maximum. C'est tout l'art de trouver du bonheur dans le thé!

6 comments:

Mat said...

Très intéressant.
C'est après avoir lu un billet tel que celui-ci que je réalise qu'il est encore et toujours possible de s'améliorer d'innombrables manières,
De plus, il arrive au bon moment, après une phase de stagnation du au manque de temps et à la lassitude,
qui me fait réaliser que je commençais à m'enliser dans mes acquis (ce qui est très dangereux!).
Bref, merci de nous permettre de prendre le recul nécessaire pour continuer à avancer dans cette quête perpétuelle autour du thé.

Stephane said...

Merci Mat pour ton commentaire. Oui, le thé donne des possibilités infinies. Mais s'il est bien d'avoir de la variété 'latérale' (différent), l'idéal est de sentir un véritable mieux. Pour cela, les exemples du passés sont d'excellents guides.

Ainsi, par exemple, en affinant son palais, ce n'est pas en augmentant la concentration du thé (plus de feuilles), mais en la baissant et en utilisant de meilleures feuilles qu'on produira une infusion plus pure.

Philippe de Bordeaux said...

Très juste Stéphane,

Merci : d'ailleurs je ne prépare plus qu'en "yin" mes thés: grammage faible ,thés de qualité terres ou porcelaines;bref tout l'inverse de mes débuts...être concentré et se laisser aller...en écoutant son thé et l'environnement que l'on a su créer;là est le plaisir et la détente...
MERCI.

. PHILIPPE .

Stephane said...

Tres bien vu, Philippe.

Voila un autre petit 'secret' de 'vieux sage': mieux vaut souvent quelques feuilles d'un excellent thé que beaucoup de feuilles moyennes. Ainsi, le cout est réduit et relativise le prix élevé au gramme. Ainsi, ce soir, mon top OB ouvert remplit juste 20% de ma petite théière Duo Qio.

David said...

Bonjour,

Je découvre cet article et ses commentaires alors que je termine ma deuxième journée en compagnie d'un gramme et demi d'un échantillon que tu m'avais offert d'un pu-er des années 70. Impressionnante expérience : si peu de feuilles et tant de nuances et de finesse.

Des fois, je me dis que plus un (bon) thé est vieux, meilleur il est quand il est dégusté avec peu de feuilles et des temps plus longs. Je suis sûr que ce n'est pas exact du tout et qu'on ne peut en faire une règle, mais il y a une certaine logique à leur laisser le temps de raconter leur histoire dans l'infusion.

En tout cas, c'est comme ça que je bois en ce moment mes vieux pu-er et le vieux baozhong que je t'ai pris la dernière fois. Et ça leur réussi à merveille.

À bientôt et merci.

Hélène said...

Ce post me fait du bien et vos commentaires également car je vis un petit temps de "frustration", ne me ménageant pas aisément du temps pour de telles dégustations, en ce moment !! La fréquentation du thé "par procuration" (je plaisante) ne va pas longtemps me convenir !! ...