Tuesday, March 12, 2013

Un palais exigeant contre l'enfer artificiel

Cuisine chinoise maison
Pomme cannelle (naturellement sucrée)
Avec chaque nouvelle année de degustations de bons thés,  je trouve mon palais de plus en plus exigeant et critique. La cuisine locale dans les restaurants de Taiwan est rarement chère et souvent très fraiche. Cependant, j'y vais de moins en moins souvent, car la nourriture y a des goûts (et parfois des odeurs) trop intenses pour être naturelles. Elle vous laisse la langue pâteuse avec une impression sèche et désagréable dans la bouche. C'est assez semblable, à plus forte échelle, à l'arrière-goût désagréable d'un mauvais thé. Ce genre de repas crée un appel pour une boisson qui rincerait tout cela. Le pire qui puisse arriver alors est d'être servi un thé parfumé avec des addiditifs synthétiques. (C'est ce qui m'est arrivé il y a 10 jours!) Ce fut un repas dans l'enfer artificiel!

Les thés parfumés artificiellement sont malheureusement plus nombreux qu'on le croit, même à Taiwan. Une Française revenue d'une plantation du centre de l'ile m'apporta un jinxuan Oolong... parfumé au caramel, ce qui accentue son odeur de lait! Les thés rouges font aussi souvent l'objet de telles manipulations. On peut détecter ces ajouts au fait que leur forte odeur de ces thés persiste longtemps lorsque les feuilles sèches sont à l'air libre. Au goût, ils laissent rarement la bouche clean et confortable.

Sont-ils nocifs pour la santé? Comparés à des boissons gazeuses entièrement artificielles, il n'y a probablement pas de quoi fouetter un chat. (Avant de me mettre au thé, je buvas beaucoup de coca sans devenir diabétique ou obèse....)

Néanmoins, suite à mon éducation progressive du goût, je remarque une évolution vers le naturel, les plats faits maison, les fruits frais délicieux de Taiwan. Ce n'est pas tant parce qu'ils sont sensés être plus sains et plus nutritifs, mais car je remarque petit à petit qu'ils ont meilleur goût et qu'ils me donnent plus de plaisir. Et, en sens inverse, mon palais tolère de moins en moins les arômes artificiels et la cuisine industrielle.

Ainsi, grâce à un livre offert par Michel François, j'ai commencé à faire mon propre pain (de temps en temps), ainsi que la pâte à pizza. (Ci-contre, la photo de ma première fougasse!) Le petrissage manuel de la farine et de l'eau n'est pas sans m'évoquer le travail du potier, d'ailleurs!

Je commence même à faire mon lait de soja moi-même! En le comparant au lait de soja du commerce, je remarque qu'il est naturellement doux (si on le cuit bien), alors que celui que j'achetais laisse une petite amertume désagréable en bouche. Le lait de soja industriel se conserve plus longtemps, mais cela s'en ressent. Cela s'en ressent seulement si on le compare au naturel, et si on développe des papilles sensibles à ces petites variations qui font le caractère de chaque lot de thé.

Plus mon palais apprécie la finesse, le naturel du thé de qualité, plus il deviant exigeant aussi pour la cuisine. Pratiquement chaque plat, chaque ingredient aura un meilleur goût si on le fait soi-même ou si on recherche une qualité artisanale. Je l'avais déjà remarqué avec l'huile d'olive, mais c'est vrai pour presque tout! Mais cette demarche n'est pas aveugle. Comme avec le thé, il ne s'agit pas de se fier aux étiquettes et aux mots, mais de faire confiance à son nez et son palais!
Tarte aux pommes alsacienne
Et n'oubliez pas de faire du sport régulièrement!

3 comments:

Miss Tea Delight said...

Envy-licious!

Paul said...

Quel plaisir de faire son pain !
Je m'y suis remis depuis environ deux mois, après avoir donné naissance à un levain naturel qui me donne de magnifiques pain bien aérés, dorés et croustillants.
Comme pour le thé, le choix des farines est vaste et permet un très large panel gustatif.
Au delà de tous les symboles qu'il porte, le pain permet d'apprécier les choses simples : du blé, de l'eau, du sel, de l'air et du temps (ingrédient principal).
De plus, pétrir à la main est un excellent déstressant...
Mon four dégage actuellement une délicieuse odeur de pain chaud et je déguste un bon hung shui, c'est un accord parfait.

Stephane said...

Merci de partager ton expérience de pain, Paul.

Et, en effet, les odeurs de torréfactions de Hung Shui Oolongs rappellent le pain chaud à de nombreux buveurs!

Le travail physique aide à déstresser, c'est bien vu aussi. Et puis il y a la satisfaction de pouvoir voir, sentir, goûter ce que l'on a produit.

Cela me donne faim cela. J'ai au frigo un yahourt que j'ai fait moi-même hier. Voyons ce que cela a donné!