Tuesday, May 05, 2015

Le prélude aux cours sur les Yixings du Tea Institute de Penn State


Pour une quatrième fois en 5 ans, le Tea Institute à l'université Penn State nous accueille, Teaparker et moi, pour une serie de cours sur le thé. Cette année, le thème est les théières d'Yixing.

A peine arrivés sur le campus, nous passons au vif du sujet avec un premier petit cours improvisé (puisqu'il ne figurait pas au programme). Je commence par le déballage et le transfert à l'institut des différentes théières et thés commandés. Puis, nous demandons à l'un des étudiants d'infuser le même Hung Shui Oolong de Shan Lin Xi dans une théière zisha et dans un gaiwan. Cette théière, achetée sur un site de thé en Chine, appartient à l'institut depuis plusieurs années et ses membres en ont une bonne opinion. Chaque étudiant présent sent les 2 infusions puis en goûte une gorgée de chacune. Le verdict est mitigé: le gaiwan donne une odeur plus claire et distincte, tandis que la théière arrondit mieux les angles et donne un peu plus de douceur au thé. On ne saurait dire quel instrument donne le meilleur résultat. Cela dépend de ce qu'on cherche.

Une petite déception est palpable dans la salle. Une question semble tarauder les étudiants: pourquoi passer les 4 prochains jours à suivre ces cours sur les Yixings si elles ne font pas une infusion meilleure qu'un gaiwan en porcelaine?
Sentant cette incrédulité, Teaparker demande qu'on réinfuse ce thé avec le gaiwan, la théière zisha de départ et cette vieille zisha sans couvercle ci-contre. Elle fait parti du lot de théières que nous venons de remettre à l'Institut du Thé.

Le silence s'installe à nouveau. Malgré leur grand nombre, les étudiants de l'institut sont particulièrement concentrés et calmes. L'enjeu est de taille. Il s'agit de démontrer l'intérêt d'utiliser une théière d'Yixing pour infuser le thé et, par la même occasion, la raison de notre venue!
Une autre étudiante a l'occasion d'infuser la même quantité de feuilles dans chaque instrument. Le résultat est versé dans 3 gongdao bei (cruches) distinctes. Les étudiants viennent voir, sentir puis goûter ces 3 infusions.
L'infusion de cette vieille zisha (des années 1980) est assez légère, car elle est plutôt grande (= beaucoup d'eau y rentre) et l'absence de couvercle signifie qu'elle refroidit plus vite. Cependant, une quasi unanimité des étudiants trouve son infusion supérieure. Le thé y a un goût plus naturel et harmonieux. On passe au raffinement après avoir goûté à des notes bien plus brutes avec le gaiwan ou l'autre zisha (qui se révèle donc être fausse). La magie des théières Yixing devient une réalité pour ces étudiants. Le fait que cette démonstration soit faite avec une théière sans couvercle touche presque au miraculeux. Mais Teaparker insiste qu'il n'y a pas eu de magie. Il s'agit surtout de l'impact de la vraie glaise zisha sur le thé. Et c'est cela dont nous parlerons durant les 4 prochains jours à Penn State...
Old Main sur le campus de PSU

3 comments:

greg lafosse said...

Bonjour !
Et merci pour ce premier article, je l'attendait avec impatience! Beaucoup de questions me taraude mais je vais attendre de lire les prochains article. ..

Manuel Longpré said...

Le programme a l'air vraiment pationant.
Le compte rendu est attendu avec impatience!
Merci pour ce partage

EG said...

Although not "magic", the fact that tea flavour is so influenced by clay is fascinating and raises many interesting questions. What a great start to your workshop!