Thursday, April 10, 2008

Wenshan Bai Lu - Green Tea

This green tea is based on the Taiwan Tea No 17 cultivar. Another name for this tea tree is Bai Lu, white aigret (or egret), the long, slim white bird that mostly lives in Chinese rivers. This cultivar can also be used to make Bai Hao Oolong or Shou Mei white tea, because of its white hair.

These leaves were harvested on March 24, 2008 and are therefore pre Ming. At that time, the temperatures are lower than after Qing Min Jie and the weather dry. These are the best conditions to make delicate and lightly fragrant green tea.

Below, you can see some dry leaves on the left, open leaves on the right and the brew of 4 grams after 5 minutes in boiled water.
Usually, people recommend to brew green tea at lower temperatures. However, I have experienced that high quality green leaves are quite able to take the heat. It's the lower grades that become too astringent when brewed at a high temperature. So, for me it was a good sign to see these leaves perform well and release very little bitterness. In another experiment, I even overbrewed them in my silver teapot. I obtained some bitterness and astringency under these extreme conditions, but the brew remained enjoyable.
This tea has very light and elegant flavors. The scents are those of new, small grass and little flowers. The mouthfeel lingers long and lightly, too. It's especially refreshing when temperatures shoot above 25 degrees Celcius (as was the case recently in Taipei). From it's appearance to its smell and taste, this tea remains true to its name: the elegant white aigret.

Tuesday, April 08, 2008

Théiers et thé puerh cru d'Yunnan (1)

Lecteurs assidus de mon blog, Philippe Coste et Lisa, son amie chinoise, ont commencé des repérages dans le Yunnan pour un futur travail photographique sur le thé. Après le puerh cuit, ils nous proposent ici leurs impressions très personnelles sur les différents endroits qu’ils ont visités au cours des deux voyages qu’ils ont effectués dans le Xishuangbanna ces derniers mois:

"Les montagnes à thé

Pour un français il n’est finalement pas si surprenant de découvrir que le thé, tout comme le vin, est soumis à la notion de terroir. Pour le thé du Yunnan, le terroir correspond à la montagne dont sont originaires les feuilles de thé. A la dégustation, on se rend facilement compte que le goût du thé varie significativement d’une montagne à l’autre. Des différences existent aussi pour une même montagne selon que les arbres poussent exposés au nord ou au sud ou selon la période de la cueillette (cueillette de printemps ou cueillette d’automne).

Les douze montagnes à thé les plus célèbres du Yunnan se trouvent toutes dans le Xishuangbanna. Six sont situées à l’intérieur du Mékong (comprendre au nord). Les six autres étant situées à l’extérieur (au sud) de ce fleuve. Exploitées par les chinois Han depuis des siècles, les six montagnes du nord sont généralement mieux connues que celles du sud. En dehors du Xishunagbanna, le Yunnan compte un nombre important de montagnes produisant du thé de qualité (à Simao, Lincang, Baoshan…).

Il est à noter que, sur la plupart des montagnes, les plantations sont exploitées par des ethnies: Hani à Nannuo Shan, Yi à Yi Bang, Ji Nuo à You Le, Bulang à Bulang Shan.

Les montagnes à thé ne sont pas toujours faciles d’accès. Certaines sont assez éloignées des grands axes routiers. Nannuo Shan et Bulang Shan ne se trouvent qu’à quelques kilomètres de Menghai, mais comme sur la plupart des montagnes, l’accès aux villages et aux plantations se fait grâce à des pistes de terre difficilement praticables en saison des pluies. Il y a encore seulement quelques années, dans les villages les plus reculés de Yi Bang, faute de routes et de moyens de transport, les marchands venaient acheter les feuilles de thé à pieds, puis les emportaient dans des sacs, chargés sur des chevaux. Ces dernières années, un peu partout dans le Xishuangbanna, des projets gouvernementaux ont œuvré à améliorer l’accessibilité aux villages en créant de nombreuses nouvelles pistes et nouvelles routes. C’est un grand progrès pour les paysans qui peuvent désormais commercialiser plus facilement leurs feuilles de thé ainsi que les différents produits de leur agriculture.

Sur toutes les montagnes à thé, ont trouve aujourd’hui aussi bien des vieilles plantations que des nouvelles plantations. Aussi, il nous semble important d’essayer de définir ce que généralement on entend par ces termes.

Théiers sauvages ou théiers de vieilles plantations ?

Au cours des cinquante dernières années la forêt tropicale du Xishuangbanna a subi un défrichement intensif au profit de l’agriculture. Selon une étude d’une université de Kunming, entre 1965 et 1995 les surfaces de forêt ont diminuées de 50 à environ 27 % du territoire. Si dans les zones de forêts primaires toujours intactes on trouve encore des théiers sauvages, sur toutes les montagnes que nous avons visité (Nannuo Shan, Yi Wu, Yi Bang, Ge Deng, Mang Zhi, Man Zhuang, Bulang Shan) les théiers exploités, même s’ils sont parfois très vieux, ne sont pas considérés comme sauvages par les paysans. Un peu partout les villageois savent très bien que leurs vieux théiers ont été plantés à une époque très ancienne. Mais la mémoire orale n’a pas retenu ni quand, ni par qui. Pour certaine montagnes, ce genre d’information est parfois consigné dans les annales administratives chinoises. D’ailleurs les nouvelles normes gouvernementales imposent désormais sur les emballages l’appellation de « théiers de vieilles plantations ».

Les vieilles plantations
Les vieilles plantations que nous avons visitées se ressemblent toutes. Les théiers poussent sous un couvert semi forestier à des altitudes comprises entre 1200 et 1800 mètres. Sur une même journée ils subissent d’importantes variations thermiques. En saison sèche, les brumes matinales sont suivies d’un fort ensoleillement dans l’après midi. La région du Xishuangbanna, soumise au régime des moussons tropicales, reçoit tous les ans, de juin à septembre, d’importantes précipitations.

Il est fréquent de trouver des plantations très près des villages, c’est le cas à Bulang Shan où cette vieille plantation nous a fait penser à un jardin de thé.

On trouve parfois de vieux arbres jusque dans les villages au milieu des maisons.Mais le plus souvent, quelque soit la proximité avec le village, on trouve les théiers dans une petite clairière entourée de forêt.
Si certains arbres passent pour être plusieurs fois centenaires, ils sont rarement très grands. Les théiers sont en effet régulièrement taillés afin de limiter leur hauteur. Les laisser devenir des arbres rendrait la cueillette très difficile. Dans les vieilles plantations poussent donc de vieux théiers… Mais pas seulement ! En effet, le nettoyage fréquent des plantations (sarclage des mauvaises herbes, arrachage des autres arbustes) laisse tout l’espace disponible aux seuls théiers. Ce qui facilite la régénération et la repousse de ces arbres. C’est pourquoi une vieille plantation n’est pas uniquement constituée de vieux théiers. Généralement, on y trouve aussi un grand nombre de jeunes théiers qui poussent spontanément autour des vieux arbres.Parfois, les paysans plantent eux-mêmes de nouveaux théiers pour remplacer ceux qui sont morts ou pour densifier leurs plantations et rendre la cueillette d’une parcelle plus productive. Pour cela, ils vont récolter les graines de leurs vieux arbres, les mettre à germer et faire pousser les théiers en pépinière. Lorsqu’ils seront suffisamment grands, les jeunes arbres seront plantés au milieu des théiers dans les vieilles plantations.
Les vieux théiers

La région du Xishuangbanna s’enorgueillit de quelques vieux théiers centenaires. Certains sont devenus de vraies attractions touristiques comme celui de Pa Ta (Pinyin : Ba Da) qui aurait 1700 ans !

Ou encore celui de Nannuo Shan qui avec seulement un millier d’années fait la fierté de la famille qui le possède.


Le plus vieux des théiers de Yi Wu, auquel les spécialistes accordent un âge d’au moins 800 ans, est moins connu. Sa discrétion semble lui assurer une certaine tranquillité !Ces deux derniers arbres, poussent au milieu de vieilles plantations. Ils n’ont probablement pas une origine sauvage.

Dans le Xishuangbanna, nous n’avons malheureusement pas eu le temps d’aller dans la forêt primaire photographier des théiers sauvages poussant spontanément loin de toute action humaine. Mais pour vous donner une idée voici des photos prises au Laos.
A notre connaissance de tels théiers sont rarement exploités car leur hauteur rend la cueillette difficile et dangereuse. Si les feuilles de théiers sauvages peuvent se vendre plus cher que celles de théiers de plantation, pour un même investissement en temps, les faibles rendements obtenus ne permettront pas nécessairement de gagner beaucoup plus d’argent. Les paysans préféreront donc récolter des feuilles de vieux théiers de plantation sans avoir à risquer leur vie en grimpant dans les arbres. Mais l’augmentation de la demande pour du thé de cette qualité pousse parfois les paysans à utiliser des méthodes radicales qui leur permettront d’exploiter sans danger les feuilles de ces grands arbres. On coupe l’arbre et on attend qu’il repousse.
Les nouvelles plantations intensives

Les plantations intensives sont très différents des vieilles plantations. Elles sont organisées de manière à permettre une exploitation plus intensive des théiers.

Il n’y a plus de couvert forestier comme c’est le cas autour des vieilles plantations. Si quelques rares arbres sont parfois conservés c’est pour fournir de l’ombre aux paysans et non pas aux théiers. Ici, les théiers sont plantés très serrés. Ils sont alignés en fonction du relief de manière à faciliter les déplacements des ouvriers agricoles. Ils sont taillés en plateau de cueillette afin de faciliter la récolte et permettre de meilleurs rendements. De manière générale, de telles plantations nécessitent l’emploi d’engrais et de pesticides.
Au Xishuangbanna, on trouve ce genre de plantation de thé aussi bien au fond des vallées, sur les coteaux des collines qu’aux sommets des montagnes, à proximité des vieilles plantations. Certaines ont été plantées il y a une vingtaine ou même une cinquantaine d’années.

Dans le Xishuangbanna, comme un peu de partout en Chine, les surfaces de terres cultivables sont limitées. Aussi les plantations de thé donnent souvent l’impression de disputer les terrains disponibles aux autres cultures.
Le but d’une plantation intensive étant d’être rentable, on comprend facilement que l’occupation des sols agricoles se fera en fonction des demandes du marché et de manière à produire ce qui rapportera le plus d’argent à la vente. Ces dernières années, avec la hausse du prix du thé Pu-erh, les différences de rendement à l’hectare entre thé et hévéa ne sont plus aussi importantes qu’avant. Nous avons lu plusieurs articles parlant de vieilles « forêts » de théiers centenaires rasées du jour au lendemain pour planter de l’hévéa. C’est possible, mais il nous semble raisonnable de penser que le fait que l’hévéa s’acclimate mal au dessus de 900 mètres a tout naturellement limité son expansion en altitude et ainsi permis de préserver l’existence de nombreuses vieilles plantations de théiers.

Mais, malheureusement, malgré un renforcement du contrôle du gouvernement, de nos jours, la mise en culture de nouvelles plantations se fait parfois encore au détriment de la forêt tropicale."

Encore un grand merci à Philippe pour ce reportage et ses photos comme si on y était! Je crois que la différence entre les 3 catégories de puerh (sauvage, vieilles plantations et nouvelles plantations) saute aux yeux.

Taipei Tea Exhibition

A new tea event for Taipei's residents and visitors starts tomorrow.

Place: Taipei City Hall

Time: April 9 to June 15, 2008

More information on their website (so far, there is very little, but there might be more after the inauguration). Since it's organized by the Taipei city (government), the focus of the exhibition should be very much the history and culture of tea in Taiwan.

Monday, April 07, 2008

L'école buissonière du thé

Hier, je ne suis pas allé au cours de Teaparker. Je ne suis pas non plus allé à la démonstration printanière de thé style Sung par Cha Ren Ya Xin au Taipei Story House. Après une semaine grise enfermé chez moi, j'ai fait l'école buissonière sous un soleil de printemps. Direction: les buissons de thé de Wenshan!

L'hiver a été plus long que d'habitude à Taiwan. Les récoltes de Baozhong devraient commencer autour du 20 avril. J'ai eu envie de voir à quoi ressemble les plantations avant cette date fatidique et par un si beau temps.

Ci-dessous, une plantation d'Oolong bercée par le soleil de la fin de l'après-midi:

Cette photo-ci montre bien les jeunes pousses en train de se développer au haut du buisson. Leur couleur est d'un vert clair et frais. (Quand ils sont tout petit, il y a même un peu de couleur pourpre). Les feuilles plus anciennes, situées en-dessous, sont d'un vert bien plus foncé et très dures.
J'en ai aussi profité pour faire un tour chez un ami fermier. J'ai pu ainsi lui acheter du thé vert récolté le 24 mars 2008. C'est donc un pré- Qing Min, puisque Qing Min Jie est tombé ce premier weekend d'avril justement.
Il s'agit d'une récolte de 3 kg seulement. Ce thé est basé sur le cultivar Taiwan No 17, appelé héron blanc pour ses feuilles élancées et recouvertes d'un fin duvet blanc.
Je l'ai testé en set de compétition: 4 gr pour 5 minutes avec une eau bouillie. Il résiste bien à la chaleur. Il n'a pratiquement pas d'amertume et donne des fragrances de pré printanier. A premier nez (on dit bien à première vue!), il n'y a pas de parfums fleuris comme dans les oolongs. Mais, une fois que sa température s'abaisse, je lui trouve un joli petit côté légèrement parfumé et mentholé. De plus, même sa troisième infusion, poussée plus de 10 minutes, reste très agréable à boire.
(Au gramme, il est du même niveau de prix que le Luanze Oolong d'Alishan. Disponible par 150 ou 75 gr).

Thursday, April 03, 2008

Cha Bu - Tea Masters creations (1)

Nowadays, when I want to brew with a beautiful tea set up, I use a Cha Bu (a tea table cloth). This is also how my Cha Ren Ya Xin friends and I make gongfu cha in public. A Cha Bu is like the background in a play. Its colors and patterns are powerful tools to convey a certain mood when drinking tea. For a long time, I wanted to add this unique tea accessory to my selection. Since I couldn't find it anywhere, I felt I had to create some myself. I have now realized this dream -with the help and advice of my mother (who came to visit us 2 weeks ago)-.

The first Cha Bu I wish to introduce is made with this red, flowery, exuberant fabric. This is how I feel as I'm about to show these creations in my blog. Blooming flowers are a celebration of life and beauty like art and design. Its red background is a call for passion as well as the most traditional Chinese color.


Each of my Cha Bu can be used on both sides. The second side of my first 4 Cha Bu is black. This color will match almost all types of tea sets. Having a black background makes most items stand out. This is also a good choice if you brew a dark tea that stains easily.

Here you can see the friendly and experienced Taiwanese seamstress who helped me sew these sets. (She has been sewing cloths for 30 years already and is a happy 46 years young grandmother!) To make them suitable to brew tea on them, she has sewn a third thick fabric in the middle of the Cha Bu. It will absorb the water that is bound to get spilled when making gongfu cha on it.

(You can see a glimpse of the other Cha Bu on her arm).

Each Cha Bu measures approximately 60 x 45 cm. This red one costs as much as the small bamboo tray I used to have in my selection. Both sides are made with 100% cotton fabrics made in Taiwan.

Petite Yixing en zisha


9 cl pour 87 grammes.

Cette petite théière plate et ronde (Bian Deng Hu) est faite de la même glaise zisha foncée que cette Shi Piao. Elle date également de quelques années (7-8 ans environ) et n'a pas de filtre en boule de golf, mais un seul trou. C'est pourquoi, elle convient surtout à des feuilles entières de thé non roulées du type Wenshan Baozhong ou Wuyi. Ce type de feuille ne bouchera pas l'écoulement du thé.

Sa petite taille permet de bien concentrer les arômes. Je l'apprécie particulièrement pour les versions torréfiées de mes Baozhongs (Qizhong et Shou Cha). Il est aussi possible de faire des Baozhongs frais dedans. Sa glaise dure rend bien aussi les parfums les plus délicats. Mais, personnellement, je trouve que ce type de Baozhong s'exprime mieux léger que concentré, et je préfère alors prendre une théière de plus grande contenance.

PS: Le nouveau livre de Teaparker sur les théières est enfin disponible! Je vous en reparlerai lorsque j'aurai eu l'occasion de l'acheter et de le lire.

Wednesday, April 02, 2008

Reportage: Puerh cuit

Lecteurs assidus de mon blog, Philippe Coste et Lisa, son amie chinoise, ont commencé des repérages dans le Yunnan pour un futur travail photographique sur le thé. Ils nous proposent ici leurs impressions très personnelles sur les différents endroits qu’ils ont visités au cours des deux voyages qu’ils ont effectués dans le Xishuangbanna ces derniers mois:

"C’est à Menghai, une petite ville située à quelques dizaines de kilomètres à l’ouest de Jinghong, la capitale du Xishuangbanna, qu’a été inventé le thé Pu-erh cuit dans les années 70. Jusqu'à récemment Menghai était le centre principal de la fabrication du thé cuit. Mais avec la fin de l’économie planifiée et la privatisation de la fabrique de thé de Menghai (l’usine historique qui produit la marque Da Yi ), d’autres régions du Yunnan comme Lincang, Lancang, Simao, Dali, Kunming sont désormais très impliquées dans la production de ce thé.
Notre séjour dans cette ville est marqué par la rencontre avec Monsieur W. Des amis nous avaient adressés à lui afin d’aller visiter des usines de thé cuit. Monsieur W a fait des études sur le thé à l’université agricole de Kunming au début des années quatre vingt. A la fin de ses études, il a été envoyé à Menghai, ou pendant un peu plus de 15 ans, il a travaillé pour la fameuse fabrique de thé de Menhai (Da Yi), la première usine de thé cuit. En 1999, malgré sa position de cadre supérieur, il décide de quitter cette compagnie, alors encore société d’état, pour se reconvertir dans le commerce des matériaux de construction. D’un point de vue financier il dit ne pas regretter son choix, car à l’époque Da Yi ne lui versait qu’un salaire mensuel de 500 Yuans ! Aujourd’hui il gagne bien sa vie en vendant de l’acier et du béton. Ironie du sort, depuis quelques années, ses principaux clients sont les propriétaires des nouvelles usines de thé qui fleurissent tout autour de la ville. C ’est d’ailleurs dans cette petite zone « industrielle » à quelques kilomètres du centre ville, où sont déjà installées une dizaine d’usines de thé Pu-erh, que nous nous rendons pour visiter la première usine.

Résultat direct de l’essor fulgurant du marché de ce thé au cours des cinq dernières années, une cinquantaine de nouvelles usines sont en construction.
Monsieur W nous explique qu’il nous emmène visiter l’usine de Ban Zhang Lao Shu car il pense qu’elle est très représentative d’une certaine manière de travailler. L’autre raison c’est qu’il connaît bien le patron et que celui-ci est d’accord pour me laisser faire des photos.
Cette usine a ouvert il y a deux ans seulement. Tout est neuf, tout est propre, mais les infrastructures sont modestes. Monsieur W nous explique que cette usine, comme beaucoup d’autres, fonctionne avec pour objectif principal la rentabilité. Ne possédant pas de plantations leur activité se limite à la transformation de feuille de thé vert en thé cuit. L’achat des feuilles se fait principalement en fonction du prix et non pas en fonction de la meilleure qualité disponible sur le marché. Nous visitons les différents ateliers et Monsieur W nous confirme qu’il trouve leurs méthodes de travail tout à fait correctes. Ici tout est propre et tout est aux normes. Mais pas plus.Très consciencieux sur les méthodes de travail, l’objectif de ce genre d’usines est de produire un thé de bon rapport qualité prix tout en garantissant que la fabrication suit les standards d’hygiène requis par les nouvelles normes gouvernementales.
Le thé cuit est obtenu par post-fermentation des feuilles de Mao Cha (thé vert brut non oxydé). Les feuilles de thé vert sont rassemblées en tas de plusieurs tonnes comme sur la photo ci-dessus. La technique ressemble à celle de la fabrication du compost. On va créer des conditions favorables au développement de certaines bactéries. Les tas sont arrosés d’eau puis recouvert de bâches plastiques pour garder la chaleur issue de la fermentation. L ’art des maitres de fermentations réside tout d’abord dans les mélanges de feuilles que l’on met à fermenter ensemble, mais surtout dans le contrôle de la fermentation. Apres plusieurs semaines, une fois le degré de fermentation recherché obtenu, les tas seront retournés pour aérer les feuilles. On laissera le thé sécher puis les feuilles seront à nouveau triées. Elles seront ensuite souvent stockées en sac pendant de longs mois avant d’être pressées sous différentes formes (galette, tuo cha, brique) ou tout simplement commercialisées en vrac.

Bo You, la deuxième usine que nous avons visitée se trouve de l’autre coté de la ville, dans le quartier des ateliers de séchages de feuilles de thé.
L’usine de Boyou est très différente de celle de Ban Zhang Lao Shu. Malheureusement, je n’ai pas été autorisé à faire de photo en dehors du show room.

Alors que les infrastructures de Ban Zhang Lao Shu sont modestes, chez Boyou on fait dans le luxe. Exception faites du parking, tout le sol de l’usine, des bureaux aux ateliers, est pavé de marbre. La chaine de production est un peu plus mécanisée que chez Ban Zhang Lao Shu.

Monsieur W pense que pour Boyou, avoir une belle usine fait parti d’une stratégie marketing. Si leur usine ne se photographie pas, elle se visite beaucoup. Le marbre est là pour séduire les visiteurs, leur donner confiance sur la propreté et le sérieux de l’établissement.

Il semble d’ailleurs que ça marche! Une haute responsable administrative de la province du Yunnan vient de leur acheter un important stock de thé pour ses cadeaux de fin d’années en leur promettant que, désormais, elle ne se servira que chez eux!

Monsieur W nous explique qu’à ses yeux les infrastructures des deux usines sont tout à fait adaptées pour produire du thé cuit de qualité. Mais Boyou, tout comme Ban Zhang Lao Shu et la grande majorité des petites usines de production de thés cuits, ne possèdent pas de plantations. Ce genre d’usines n’est pas du tout impliqué ni dans la plantation, ni dans la récolte et le séchage des feuilles. Leurs galettes de thé sont produites avec des feuilles qu’ils ont achetées déjà séchées.

Pour monsieur W, les belles infrastructures de chez Boyou fournissent sans doute un meilleur cadre de travail aux ouvriers. Elles ne peuvent pas, à elles seules, être la garantie d’une meilleure qualité. Monsieur W redouble d’arguments afin nous convaincre que la qualité d’un thé ne vient ni du marbre ni des uniformes neuf du personnel, mais bien évidement de la qualité des feuilles utilisées. Il pense d’ailleurs que Boyou achète des feuilles de qualité supérieure à celles de Ban Zhang Lao Shu. Mais il plaisante avec nos hôtes en leur disant que si le thé qu’ils achètent est de mauvaise qualité ou a été séché par terre dans un village au milieu des poules et des cochons, le marbre de l’usine ne le rendra ni meilleur ni plus propre !

Avec la visite de deux usines très différentes, Monsieur W nous a permis de comprendre que si les étapes de fermentation et de conditionnement du thé sont certes très importantes, elles ne fournissent pas à elles seules toutes les garanties de la qualité d’un thé.

Pour monsieur W, le savoir faire n’est pas non plus quelque chose de particulièrement compliqué. Chaque usine développe ses propres recettes, certaines peuvent être très sophistiquées (chez Da Yi on mélange dans une même recette jusqu'à une centaine de feuilles de qualités et d’origines différentes !), mais partout les méthodes de fermentation restent très semblables. Monsieur W se plait à dire que, contrairement à ce que la publicité aimerait nous faire croire, il n’y a pas de grands mystères dans le thé cuit. Il s’agit finalement d’un produit agro-alimentaire comme un autre."

Un grand merci à Philippe pour ce premier article et ses superbes photos!

When Taiwan almost became French!

Michael Turton has a very interesting post about France's blockade of Keelung in 1884-1885. At that time, Keelung was Taiwan's main port and France even landed in Taiwan and controlled this major port.

What makes his entry interesting for us, is that he quotes John Dodd's 'Journal of a Blockaded resident in North Formosa During the Franco-Chinese War'. John Dodd is no other than the famous tea trader. A funny line appears when John Dodd writes that all foreign drinks are finished and there is nothing to drink... but tea! And, as tea couldn't be exported or packaged (due to lack of imported lead), drinking tea was the smart thing to do! Cheers!

Tuesday, April 01, 2008

Révolution dans le thé fleuri

Le centre de recherche de thé de Taiwan a créé cette fleur blanche issu du croisement d'osmanthus et de jasmin. Les chercheurs ont remarqué que cette fleur avait une nouvelle caractéristique: ses huiles essentielles ont une haute résistance à la chaleur. Ils m'ont envoyé un petit échantillon et m'ont permis de la tester aujourd'hui. J'ai commencé avec une seule fleur directement dans cette tasse. Eau à 94 degrés. 5 minutes.

Le résultat donne une infusion aux arômes fleuris et puissante, mais sans astringence tannique. L'absence de camelia sinensis lui enlève un peu d'énergie (notamment la théine), mais cela lui apporte plus de douceur et les insomniaques n'auront pas peur d'en boire avant de dormir! C'est la quintessence du thé fleuri: un thé avec une fleur, sans thé!

Le nom chinois de cette nouvelle fleur: Si Yue Yu. En latin: Piscis Aprilis.

Thirsty souls

I took these pictures of Chinese figurines in the garden of Taipei's Bao An temple. They show how tea is closely associated with Chinese culture and buddhism. Religions are often closely associated with a drink, rather than with food. In Judaism (and the Ancient Testament), olive oil plays an important role (see this article in Divine Tastes blog). For Christians, wine is probably the most spiritual drink, as it is used for the communion with Jesus.For my confirmation, the pastor chose this verse from Luke (4:4) for me: "It is written, That man shall not live by bread alone, but by every word of God." Thus, in the bible, food (bread) is viewed as very materialistic. And catholics even call its excess one of 7 capital sins: gluttony.
Tea, on the other hand, is often viewed as the opposite of food. Instead of feeding, it purifies the body and clarifies the mind. When this idea is taken at the suface, tea is then touted as healthy or even helping you loose weight! This utilitarian view of tea is still very materialistic. It's all about chemical components and how they react in the body.
For me, the first step towards something 'spritual' comes when you realize that tea tastes good and is fun! Tea is not just another way to quench your thirst, but it's a pleasure. Life is short, so let's enjoy every sip (of tea)!

Tea is also fun, because there are so many different teas and the way each brew is influenced by so many parameters: kettle, tea vessel, water, temperature, brewing time, pouring speed, tea cup... Very small variations can have big impacts on tea. It's so amazing! And with amazement come the questions and the thirst to understand more about tea.
The next step is then to learn more about tea culture and Chinese culture in general. The final step, I believe, is when tea brewing is similar to meditation. Experience tells the tea drinker that a peaceful mind is one of those details that helps brew better tea. No wonder then that many Buddhist monks and Chinese thinkers love tea so much!

Related: A Felicific Life is a recently created tea blog from a Buddhist tea drinker.