Wednesday, June 29, 2005

Yunnan Jiang Cheng Pu Er cru et sauvage, 1990.



Pu-er cru (vert) vieilli, devenu brun foncé, 300 gr environ. Les feuilles utilisées sont toutes de catégorie 1.(Voir 3 vues de surface et une de côté. On voit que le noir n’est pas uniforme, signe que son vieillissement est naturel et qu’il peut encore murir longtemps. Les feuilles restent reconnaissables : signe de qualité)

Odeur sèche : On sent les nuages au-dessus des montagnes de la Chine des Empereurs.
Couleur : Brun noir foncé avec une fine couche d’huile de thé.

Odeur : Elle me fait penser à du vieux bois, une bibliothèque dans un monastère bouddhiste perdu dans les montagnes.

Goût : Moelleux et persistant à souhait. Une invitation au rêve.

Conseil : 1 gr pour 150 cc d’eau. Comme toujours, décortiquer avec précaution.

Notes : Pour décrire un tel chef d’oeuvre, il me fallait passer à la poésie, à des images. Ce n’est pas que moi qui le trouve bon. Teaparker a choisi ce thé comme référence lorsque des amis, des proches lui demandent (achètent ou se font offrir) un pu-er sauvage vieilli de première qualité à un prix correct. J’y vois là la meilleure assurance plaisir et qualité que je puisse imaginer.

Ecrivez-moi si vous voulez cette brique pour vous évader en Chine, le temps d'une coupe de thé.

9 comments:

Stephane said...

Voilà le commentaire que M. J-C Maitre m'a écrit par e-mail après avoir dégusté ce pu-er:

" J'ai préparé ton Pu-er dans ma petite théière Yiking de 15 cl, très culottée, qui n'a reçu que le 15 ans en feuilles de Jinyu.
Délibérément, (car j'avais oublié tes instructions, et je voulais comparer ces deux thés de même âge, l'un cuit, l'autre non.
La tasse était une 10cl en céramique, sans mémoire.
L'eau, celle de chez moi, sans traitement, sans odeur, dureté moyenne de 15.

La première liqueur après vingt secondes était assez dorée et limpide.
Nez d'intensité plutôt forte pour un temps si court.
en bouche, saveur légère , évanescente.

2ème appel de 30 secondes.
Couleur plus intense, plus rouge, toujours assez brillante.
L'arôme de bois humide macéré, presque sucré
en bouche, même rondeur, saveur plus affirmée mais toujours peu de longueur.

3ème appel de 30secondes.
Peu de changement à l'œil.
L'arôme devient plus complexe, aux notes de sous-bois s'ajoute une évocation fumée, presque de muscat, assez fugitive évoluant vers une âcreté de brou noix.
en bouche, les sensations s'affirment, mais la rondeur se maintient, et l'ensemble reste équilibré.

4ème appel de 40 secondes.
Le rouge s'efface vers les bruns clairs
Peu de changement, si ce n'est peut-être une atténuation des notes fumées et âcres
en bouche, l'atténuation est moins marquée. Rond, structure toujours légère, peu de longueur.

5ème appel de 40 secondes.
La liqueur s'éclaircit encore
L'arôme s'atténue encore un peu, mais sans se dissocier.
Même sensation en bouche, avec une perte assez nette de structure. La liqueur commence à sembler un peu mince.

6ème appel
La couleur ne change que très peu.
Arôme toujours présent, où s'imposent surtout, maintenant, les notes boisées très légèrement âcres.
en bouche, la liqueur évolue peu.

Infusion de feuilles moyennes et présence de stalks. Feuilles apparemment peu décolorées.

J'ai arrêté là, car il m'a semblé que ce thé avait atteint une limite au delà de laquelle il faudrait sans doute augmenter la durée d'infusion, sans peut-être retrouver une plus grande présence.

En résumé, j'ai bien aimé ce pu-er, très rond, à l'arôme complexe qui se maintient bien au fil des infusions. Sa rondeur sans faille fait presque oublier son manque de longueur."

Je lui ai d'abord répondu que:
1. En plus de ta théière yixing, il aurait été bien de le goûter à nu, en gaiwan/gaibei.

2. Tes temps d’infusion sont tous assez courts. Ce pu er ne tourne pas amer (sauf si on y met beaucoup de poudre de pu er) et tu aurais aussi pu le gouter après une infusion très longue (4-5 minutes ou plus) pour le voir sous toutes ses facettes.

J'ai ensuite regouté hier et avant-hier le pu er pour vérifier ce "manque de longueur".
Infusé à courte durée, l'arome a tendance à se retirer à vitesse normale, certes. Néanmoins, je lui trouve une autre longueur: celle du cha chi! Une fois l'odeur partie, je ressens ma bouche et ma langue. Un peu comme un afflux de sang dans les parois des joues et dans le muscle de la langue. Ca chauffe bien et procure une impression de repos comme un petit massage intérieur.
Cet effet-là est bien présent, surtout quand le pu er a infusé un certain temps. Dommage que JC Maitre ne l'ait pas senti! Ca sera pour la prochaine fois!

Stephane said...

Vous trouverez un autre récit de dégustation au Tea Minou Club:
http://www.teaminouclub.free.fr/tmcv1/thes_marques.php?req=%A4AND%A4thes_types.nom=%B0Pu%20Er%20cru%20sauvage%201990%20(Jiang%20Cheng)%B0%A4

Cette fois-ci, le dégustateur a trouvé la finale "infinie". Probablement car la durée d'infusion a été suffisamment longue (4-5 minutes).

Stephane said...

Voilà le compte-rendu de dégustation de Lionel (e-mail reçu le 11 aout et publié avec on accord):

Donc hier soir…2.5-3 g de Jiang Cheng 1990 dans ma petite Yixing (env 10cl).

Feuilles sèches dans théière chaude : 1ère note : whisky (tourbé, malté, Talisker ?). Doux, pas d’attaque franche qu’ont d’autres de mes pu er.

Feuilles rincées : céréales, corn flakes, puis ??? baked beans, farine de protéagineux (Daïfoku de Chajin ?). Quelle originalité ! Une gamme d’arômes rarement ressentie…Et, voici Jean-Claude l’inestimable aide d’Emmanuelle : soupe de légumes verts de sa Maman…

Liqueur 1 (15 sec) : translucide, orange clair. Son caractère de base s’exprime déjà mais faiblement. Agréable, amical. Persistance : env 10 sec en bouche, peu dans la gorge. Il n’ pas cette empreinte marquée que laisse un Tuo Cha 92 ou un carré 80 (ou galette 96, 97 peut-être selon les dires de Nicolas…). Il n’ a pas cette fougue…

Passage 2 (< 15 sec) : Très belles feuilles, grandes, du marron assez clair au noir, tiges, pétioles. Parfum : toujours soupe Maman Emmanuelle + note métallique. Liqueur + foncée, brune-rouge. Toujours rond, plein en bouche, mais présence discrète, non imposante. Une force sous-jacente (mais qui cependant ne dure pas longtemps) qui s’exprime lorsqu’on le laisse séjourner qq sec sur l’arrière de la langue.

Je le range dans la catégorie de pu er « vieux », arrondis par le temps, calme, un ami agréable et chaleureux, différent d’un Tuo Cha 92 ou Carré 80 encore jeunes quoique l’un plus âgé ( !), encore sur le fruit, camphrés parfois…

Passage 3 (20 sec) : feuilles emplissent bien le volume de la théière. Parfum minéral, feuilles mortes humides, champignons ? Liqueur même couleur. Reste en bouche 10-15 sec. Liqueur complexe, mais je ne sais pas qualifier toutes les composantes de cette complexité (il m’en reste encore qq grammes pour ça…). Agréable à garder en bouche 1 minute et plus…

Liqueur 4 : rouge moins soutenu, plus liquide et translucide. Beau maintien aux infusions, belle présence en bouche. Va vers des notes minérales (sous-bois, champignons), moins sucré et doux (vin cuit du début).

Liqueur 5 (30 sec) : commence à faiblir, même profil que liqueur précédente.

Liqueur 6 (1 min) : l’arôme s’atténue mais grande qualité, garde un homogénéité, un tout qui se tient (« sans jamais se dissocier » a dit Jean-Claude). Proche de liqueur 5. On pourrait probablement faire encore pas mal d’infusions avec un résultat proche de cette liqueur, preuve d’une belle longévité, même s’il a perdu beaucoup de sa force (« liqueur mince » JC).

Liqueur 7 (5 min) : idem

Liqueur 8 (3 min), bue froide ce matin : discrète, idéale pour accompagner un début de journée.



En résumé :

- gamme de parfums (sur les feuilles) et de goûts (liqueur) très étendue (peut-être la plus large de mes pu er…) : une immense qualité pour moi

- calme, amical, je le trouve peu sauvage et fougueux

- complexité, maintien aux infusions, ne se dissocie jamais, équilibre, autre rare qualité

- 1ère phase : sucré, vin cuit / 2è phase : minéral, + sec, + liquide, sous-bois

- Feuilles grandes, faciles à détacher et ainsi assurer une dégustation de qualité

- Beau maintien malgré un dosage raisonnable



Voilà, désolé pour la longueur du texte…Tu dis Jean-Claude que ma sensibilité est plus grande que la tienne, mais j’ai retrouvé beaucoup de points communs à relire ton texte hier après ma dégustation…En revanche, je n’ai pas retrouvé son côté âcre…Il faudra que tu nous fasse un cours à Emmanuelle et moi sur âcre, âpre, amer, astringent…Je confirme Stéphane que pour moi, compte tenu de mon mode de préparation (gong fu cha, infusions nécessairement courtes – les 4-5 minutes de Fabien du TMC semblent révéler une dégustation en grande théière, et ce pu er selon moi mérite amplement d’être dégusté en GFC), ce thé n’a pas de grande longueur en bouche, même s’il laisse une empreinte en bouche. Ceci est mon interprétation de ce thé, je conçois que d'autres en aient une autre...(chacun juge selon son expérience d'autres thés proches, son état d'esprit lors de la dégustation, sa préparation...). Il a bien d’autres qualités de toutes façons, qui me conduisent à te remercier à nouveau pour cette belle découverte. Je ne lui ai pas trouvé de côté sauvage…si ce n’est peut-être ce matin, vers 4h26 quand il m’a sorti de mon sommeil (il est 8h20 et la journée semble déjà longue…). Ma nuit a été presque aussi blanche que ce thé est noir…Qui a dit que les pu er ne contenaient plus de théine ??? Mais le jeu en vaut la chandelle, amplement…

Lionel

incognito said...

Lionel,

Connaissez vous le pu er en vrac 83 de la maison des trois thés? En ce qui me concerne, j'ai été frappé par leurs similitudes (à la fois nez et arômes). J'avais d'abord dégusté cette brique sans y prêter trop d'attention, mais il se trouve que j'ai testé mon dernier échantillon juste après avoir dégusté le vrac 83 et j'ai été stupéfait. Je me suis même demandé si une telle ressemblance n'était pas due à une cause externe (mais la théière a été rincée entre les infusions, et la ressemblance était toujours aussi frappante après la 5e infusion de cette brique). Je n'ai plus d'échantillon pour tester en zhong, mais si quelqu'un pouvait faire le test, qu'il n'hésite pas à me dire si je suis completement fou ou non.
Maintenant, passons aux différences, il y en a : je trouve que cette brique n'a ni la longueur du 83, ni surtout sa profondeur. Il s'exprime de façon plus discrète, là ou le vrac laisse exploser ses saveurs. Il n'a pas non plus la même endurance au fur et à mesure des infusions. Quant au qi qu'évoque Stéphane, il ne m'a pas particulièrement frappé (contrairement à celui du tuo cha 85 par exemple, que je regarde à présent d'un oeil presque craintif). Cependant, nous ne sommes pas non plus dans la même catégorie de prix avec le vrac, il s'agit du simple au double!! Une excellente alternative donc.
J'ai essayé d'imaginer des scénarii possibles, plus bêtes les un que les autres ("j'ai oublié des feuilles dans la théière","c'est le culottage"...Etc), mais tout ça reste assez mystérieux pour moi.

incognito

lionel said...

cher incognito,
j'ai dégusté ce vrac 83 à M3T et j'ai la brique jiang chang 90. Je n'ai jamais remarqué la similitude dont tu parles. Je n'ai pas un souvenir très précis de ce vrac 83 (juste "piqué" quelques tasses à ma compagne qui le dégustait à M3T). Je dirais que ce vrac est sur des notes de racines, croûte de pain frais, tandis que la brique pour moi est sur des notes de légumes, vin cuit...Personnellement je les trouve différents...Le prix du vrac est effectivement élevé (comme souvent pour les vracs), mais c'est un très grand thé à n'en pas douter. Le rapport qualité-prix de la brique de Stéphane est aussi très bon. Les qualités de cette brique : large palette aromatique, équilibre, facilité à obtenir des feuilles entières. Mon reproche principal : il s'évapore trop vite de la bouche...on voudrait en profiter encore plus...

Philippe said...

Je n'ai pas grand chose à rajouter aux propos de Lionel. Je possède la brique 90 Jiang Cheng ainsi que le superbe vrac 1983 de la M3T et je suis du même avis : il n'y a ABSOLUMENT aucune ressemblance entre ces deux Pu Er !

Le vrac 83 est très sombre : prédominance d'odeurs de tourbe, de cave sèche, etc... Il me fait penser un peu à un vieux whisky ! Les feuilles sont très belles et impressionnantes de par leur taille.

La brique quant à elle est plus "solaire", plus végétale, notes de champignons, de mousse, voire de fruits.

C'est vraiment très étrange cette histoire de ressemblance car sincèrement c'est comme si l'on disait boire la même chose après avoir goûté un Bordeaux rouge puis un blanc d'Alsace...

A mon avis, cher "Incognito", tu as du faire une fausse manip ou quelqu'un t'a fait une blague en inversant les théières ou quelque chose de ce genre là !!!

Rassure-toi tu n'es pas fou, peut-être étais-tu juste un peu fatigué le soir où tu as testé ces deux excellents Pu Er !!

incognito said...

Grace a la delicate attention d'un gentil lecteur qui se reconnaitra ^^, j'ai pu tester de nouveau ce pu er (la brique est maintenant une 89 mais nous avons partage un echantillon de 90).
Cette fois ci le test en zhong fais ressortir le cote plus "vert" de cette brique. Sans entrer dans les details, le theme principal est celui des fruits confits, alors que le vrac 83 est definitivement sur de fortes notes terreuses, "pailleuses" pour moi, definitivement plus "sec". Premiere surprise: effectivement, cela n'a rien a voir. Infusion dans l'une des theiere de Stephane (la duanni). La encore, bien que le cote plus rond du vrac ressorte clairement, aucune comparaison possible. Je suis sur de ne pas m'etre trompe de the, car j'ai deja deguste la brique auparavant sans jamais remarquer cette "ressemblance" frappante.
Et la surprise: l'infusion d'un petite quantite (3g environ) dans ma theiere de potier de 16cl se rapproche deja beaucoup plus du vrac 83. La difference est plus marquee que lors de mon test, mais on croirait boire un the totalement different! plus de note de fruits, mais beaucoup plus de profondeur.
Pourquoi une telle difference entre les deux theieres? il est vrai que ma theiere a ete en partie culottee au vrac83 (involontairement, mais je suis un grand admirateur de ce the). Ceci explique-t'il cela? J'en doute. Peut etre Stephane peut-il nous eclairer sur l'influence de la theiere, mais il y a quelque chose d'assez miraculeux. Je bois differents pu er dans cette meme theiere et tous gardent leurs caracterstiques propres. La derniere fois, il faut savoir que j'ai deguste la brique immediatement apres le vrac, et peut etre que des feuilles sont restees prisonnieres du bec? Cela n'explique pas en tout cas cette difference de comportement. Sans doute quelques korrigans sont ils passes par la pour echanger les feuilles de the

Stephane said...

La glaise duanni est souple et poreuse. Très différente d'un zhong émaillé. Le thé y sera plus arrondi. C'est normal. En plus, comme le thé absorbe facilement les odeurs, il aura surement été influencé par ceux du culottage de cette théière (surtout si on en utilise peu).

Ellki said...

Puer sauvage jiang cheng 1989:
J’ai mis 3g dans ma théière de 15 cl et j’ai fais une dizaine d’infusions.
C’est un puer idéal pour une dégustation en hiver !
Je l’ai trouve moelleux chaud et sucre, avec un goût de bois noble et une note d’humus.
Je suis encore une fois très contente de ma commande.
Apres la dégustation de ce the, j’ai même pris un petit morceau de chocolat noir et j’ai trouve qu’il s’accommode très bien avec ce puer !