Tuesday, December 29, 2009

Le miracle de Noël chez Teaparker

Lors de notre cours de cette semaine, Teaparker a fait une expérience pour illustrer son dernier livre sur la conservation du thé. Il nous a fait sentir deux thés. L'un dans une jarre en porcelaine qinghua ancienne (semblable à celles ci contre) et l'autre conservé dans un sachet en plastique transparent lui-même conservé dans une boite en carton. Sur la boite, on peut lire en chinois qu'il s'agit d'un Oriental Beauty de Miaoli, seconde place de la compétition locale de 2004. En fait, il s'agit du même thé. Mais son odeur dans la jarre est plus fine, pure et délicate que celle qui émane du sachet. La différence est claire: dans la jarre, on dirait un parfum de Fendi ; dans le sachet, on a des odeurs plus brutes, variées et primaires.

OK, j'ai pensé, la jarre influence l'odeur. Mais a-t-elle aussi un impact sur le goût? Pour tester cela, Teaparker m'a ensuite demandé d'infuser ces 2 thés, l'un après l'autre, dans la même théière en zhuni. Chaque élève a pu remarquer la différence. Les feuilles issues de la jarre en porcelaine donnent une infusion plus raffinée et plus harmonieuse au palais aussi. Il 'glisse' plus facilement. L'impact de la conservation est notable et positif. Or, ce n'est que la veille que Teaparker a transvasé ces feuilles du sachet dans la jarre: cette transformation s'est faite en moins de 24 heures! C'est le 'miracle de Noël' auquel j'ai pu assister!
Il n'est donc pas nécessaire d'attendre plusieurs années pour déceller l'impact d'une bonne conservation. Le thé est suffisamment sensible pour changer rapidement au contact d'un contenant différent. Quel jarre pour quel thé? Quel est l'impact de la forme, de l'âge, du matériau, de la cuisson... de la jarre?

Teaparker nous a donné des éléments de réponses durant son cours (et nous a recommandé de lire son livre). Mais plutôt que de répéter immédiatement ses conseils, je préfère faire quelques tests de vérification avec les diverses jarres en ma possession. Peut-être que vous aurez envie de faire de même? Je vous le conseille pour plusieurs raisons. D'abord, car chaque thé et chaque jarre est différente. A moins d'avoir une grande expérience, le meilleur moyen de savoir si un thé s'améliore dans une jarre, c'est d'essayer. Et puis, ce genre de test permet de nous entrainer à percevoir les détails les plus subtils entre deux thés.

8 comments:

Geneviève said...

Très intéressant ! la porcelaine est inégalable semble-t-il ...mais pour les pu er une jarre qui reste poreuse n'est-elle pas "mieux" ?

Philippe de Bordeaux . said...

Cher Stéphane,

Hyper instructif...

En cette fin d'année et de décennie:
c'est La Question que je me posais...

Les réponses : observer par les Sens l'évolution de chaque thé dans des jarres,boites...etc différentes.La Pratique...

Tout se joue dans les détails avec le Thé:c'est inépuisable ce domaine...

Merci;and Happy New Year...2010!

A bientot.

PHILIPPE.

Soïwatter said...

Joyeux Noël Stéphane (avec un peu de retard)!

Voici un post intéressant. Je suis convaincu de l'influence positive de la porcelaine et de l'importance de la forme du contenant dans la bonne conservation / vieillissement du thé (même si je ne le mets pas souvent en pratique, faute de place.

Mais je me pose une question:
La différence de goût n'as-t-elle pas à voir avec le fait d'avoir transvasé le thé la veille et donc de l'avoir laissé respirer dans de meilleur conditions?

J'ai déjà vu des différences de goût avec des thés entre le moment de l'ouverture du paquet et après quelques jours dans une boite en métal (c'était ton Qizhong oolong si je ne m'abuse). J'ai aussi remarqué longtemps après ouverture des différences dans le gout dès que l'on verse le thé dans des contenants plus adaptés, même s'il est resté longtemps auparavant dans un sachet ouvert (ce qui est souvent le cas car je possède moins de boite que de thés...)

J'avais trouvé sur internet des post sur les blogs parlant de cette nécessité de laisser le thé respirer quelques heures/jours après une longue conservation en sachet.

Qu'en penses-tu?

Stephane said...

Geneviève,
a priori, vu que le puerh supporte mieux l'air que les autres thés, je dirais oui. Mais voyons si on peut le confirmer par des expériences!

Philippe,
En effet, avec le thé, les possibilités sont infinies. Bonne année 2010 à toi aussi. Que tes rêves se réalisent!

Soiwatter,
Oui, le thé a réagi différemment avec l'air dans la jarre que dans le sachet. Mais il ne s'agit pas simplement de faire respirer le thé. Sinon, il suffirait de le mettre à l'air libre pendant quelques minutes ou quelques heures. Or, des feuilles d'Oolong (ici un OB) à l'air libre vont s'éventer, perdre leur odeur et prendre celle de leur environnement. Ce n'est pas un affinage, mais une perte nette. Il reste donc important que le thé reste dans un endroit clos (la jarre de Teaparker avait un couvercle posé dessus, mais sans fermeture étanche).

Hélène said...

Merci pour ce post, Stéphane !
J'ai pu également remarquer que le fait de conserver mes Pu Er en jarres de terre cuite, placées les unes à côtés des autres dans un petit meuble exclusivement réservé à ces thés, générait une forme de convergence odorante pour l'ensemble des thés en présence, comme si ces derniers vivaient un rapprochement "empathique"!
Le thé absorbe bien les odeurs de son environnement. Et si l'on se posait la même question au sujet de ses qualités gustatives, indépendamment de ce constat et du traitement des feuilles suite à la cueillette ?
Le facteur environnemental, celui de son biotope : les odeurs de la terre, celles des végétaux environnant,l'influence odorante du climat marin, par exemple, participeraient à la particularité odorante et gustative d'un thé ?
En plus de la photosynthèse et du climat, le thé se nourrirait-il des odeurs ? Pourrait-on établir quelle serait l'influence des uns et des autres facteurs ?
Les thés sauvages d'une même famille, par exemple, présenteraient-ils des caractéristiques particulières, différentes, voire plus riches que celles de leurs homologues cultivés et non présents au sein d'une diversité odorante relative à la proximité d'autres famille de plantes ? A suivre ...

Stephane said...

Hélène,
Oui, les odeurs environnantes jouent un rôle. Il n'est pas rare qu'on puisse sentir les arbres fruitiers ou les fleurs qui poussent aux abords de la plantation de thé. Le thé excelle à absorber les odeurs. C'est pourquoi il est important de bien le protéger durant sa conservation.

Fleur de Lys said...

La jarre doit-elle être hermétiquement fermée et complètement pleine :
- Pour une conservation à court terme (quelques mois)
- Pour une conservation à long terme (plusieurs années)

Stephane said...

Court terme, non, long terme, oui, sauf pour le thé noir (puerh).