Wednesday, November 23, 2005

Tie Guan Yin torréfié

Ce tie guan yin de grande qualité du printemps 2005 provient d'un vieux magasin proche de l'ancien quai d'où partaient les bateaux de Taipei vers le port de Tamshui (puis dans le monde entier) à la fin du XIXème siècle. Comme la plupart des magasins traditionnels du vieux Taipei, il est tenu par des descendants d'immigrants de la région d'Anxi dans le Fujian.

Et c'est justement du Fujian que provient ce maginifique Tie Gan Yin. Ses feuilles sont grandes et entières (et donc sans amertume). Il est torréfié au maximum possible pour un goût moelleux au possible. Il s'en dégage une odeur très concentrée et très pure caractéristique au tie guan yin: une odeur sucrée comme un melon bien fait, des orchidées tropicales et du caramel chaud.

Il coûte le double d'un bon tie guan yin ordinaire, mais sa concentration supérieure et sa finesse en font un choix parfait pour le gongfu cha en petite théière ou en gaibei. Son coût de revient sera alors le même pour un meilleur résultat! Pourquoi? Parce qu'on mettra moins de feuilles qu'un tie guan yin ordinaire, et qu'on peut l'infuser plus souvent. (Il est vendu en boite de 150 grammes. Comme il s'agit d'un thé très torréfié, et non d'un thé frais vert, son goût restera constant sur de nombreux années, s'il est bien conservé au sec).

5 comments:

Suzanne said...

Je viens de recevoir ce merveilleux thé - dans une magnifique boîte à thé chinoise (là aussi, un grand merci à toi, Stéphane!).

Déjà d´aspect, ce thé est une beauté. Il est presque entièrement noir, tout comme de l´ébène. Seches, les feuilles dégagent une délicieuse odeur de fruits candis, avec un peu d´arôme de malt, et de caramel.

J´ai pris ma plus belle théière Yixing pour ce thé, celle qui accueille normalement un Shui Xian assez torréfié. Le Tie Guan Yin s´y est bien retrouvé, je pense.

La première infusion (5 sec, à 95°C) est plutôt légère. L´arôme de malt me semble être la note prédominante, mais on percoit déjà la note de fruits et d´amandes caramelisés. Il y a aussi une note de noisette bien perceptible.

Lors des prochaines infusions, le thé change considérablement. Il devient plus fort - et il s´ajoute un arôme qui se dégage aussi des feuilles humides dans la théière: du charbon chaud (mais absolumment pas de fumée!). Tout à fait comme l´odeur que donnent des silex qu´on claque l´un contre l´autre, pour essayer de produire une étincelle. On dirait une odeur de feu ou de braise, mais sans fumée!

Vers la fin des infusions (ce thé dure facilement 7 infusions, voire même plus), j´ai cru apercevoir aussi un goût de tabac (frais), mais là, mes papilles me trompent peut-être...

Un thé délicieux! Chaud, il est en effet plutôt un thé d´hiver - cependant, une fois refroidi, il est tout aussi bon, et rafraichissant.

Curieuse, j´ai déjà ouvert l´autre TGY, très torréfié, mais je ne l´ai pas encore goûté... Ce sera pour bientôt, peut-être ce soir sur le balcon... vivement ce soir!

Le Baozhong au jasmin est merveilleux, lui aussi. Je viens de le boire juste maintenant, il est super le matin, je trouve. Je l´ai préparé à 95°C, en Zhong. Est-ce correct, pour la température? Et comment "ils" arrivent à mettre cet arôme si délicieux? Les fleurs de jasmin poussent-elles juste à côté du thé? C´est un délice que de boire ce the, par un beau matin ensoleillé, comme aujourd´hui.

Merci beaucoup Stéphane, pour toutes ces merveilles! J´en ai tout de suite fait profiter Menglin, à qui j´ai envoyé quelques échantillons - je suis sûre qu´elle aimera beaucoup ces thés. Elle était très intéressé par le Baozhon (elle dit Paochung, mais cela doit être pareil).

Bien à toi, et à bientôt! Suzanne

Hisbal said...

Bonjour Stéphane, je viens moi aussi de recevoir ce thé.

Je m'appretais, comme a mon habitude à en faire une petite étude analytique mais cela s'est avéré impossible.

Pourquoi ? ; Tout simplement ce thé m'a envouté et je me suis trouvé bien incampable de dissocier quoi que ce soit.

Mis a part sa très belle rondeur, sa magnifique odeur de caramel et de raisin secs. Sa chaleur naturelle ...

C'est un thé absolument délicieux à privilégier dans les moments calmes et introspectifs.

Merci Stéphane,

patrick said...

Bonjour Stéphane et bonjour à tous.

Ayant récemment commandé ce thé, je l'ai testé ce soir.
Le thé est conservé dans un sachet opaque, lui-même glissé dans une boîte en carton au décor kitchissime à souhait ! mais solide et qui ferme bien.
A l'ouverture, j'ai laissé les feuilles sèches s'aérer quelques secondes sur une assiette : assez vite est monté un parfum caramélisé, comme une odeur de boulangerie-confiserie, avec peut-être un quelque chose rappelant la levure de bière (mais cela fait longtemps que je n'ai pas sniffé de levure de bière...).
Le parfum semblant puissant et concentré, j'ai mis assez peu de feuilles dans un gaiwan et ai préféré faire une première infusion longue, environ 1 minute, pour bien les réveiller.

La liqueur est limpide et brillante, d'un très bel orangé, peu épaisse, avec ce bon goût de fruits mûrs. Je replonge le nez dans le gaiwan pour sentir les feuilles humides, et c'est l'explosion, avec une dominante pain aux raisins chaud sublime, et aussi le "charbon sans fumée" dont parlait Suzanne, les écorces d'agumes mûrs...

Au fil des infusions suivantes, des odeurs-éclairs plus vertes me parvenaient, mais que je n'ai pas forcément retrouvées en bouche : toujours cette chaleur sucrée, de plus en plus fleurie, avec une belle longueur.
Ce thé m'a laissé une sensation agréable : chaud dans la gorge et frais dans la bouche... Parfait pour ce début d'automne !

A bientôt,
Patrick

Jean-Frédéric said...

Autant thé qu'élixir... Parfum cosy et sauvage à la fois, une liqueur ténébreuse aux fragrances de mûres , de myrtilles et de tabac aromatisé. Forêt d'automne aux brumes de feu de bois de mélèze, résine caramélisée, infusion de raisins de corinthe dans du vin chaud. Couleur rousse comme les frondaisons d'octobre.

Martin said...

Superbe thé: malté, caramelisé, enivrant.

Beaudelaire a dit:

"Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!"


Moi, je choisis ce thé!

Merci pour cette délicieuse suggestion!

À bientôt!
Martin