Friday, October 16, 2009

Collectionner du Puerh ou du Oolong?

3 raisons nous poussent à mettre certains thés de côté: l'amour, la nostalgie et la nécessité.

1. L'amour
On tombe un jour sur un thé fabuleux, un thé qui nous ensorcelle, un thé dont on tombe amoureux. Ne plus jamais en boire, cette pensée nous boulverse. Car dire adieu à un thé qu'on aime, c'est une partie de nous qui meurt. Pour s'éviter cette souffrance, on mettra un quantité de ce thé de côté. (Cela n'est pas toujours possible, malheureusement, car certains thés ne se prêtent pas à la conservation de long terme. Mais si le thé est excellent, il y a des chances qu'il puisse résister au temps.)

2. La nostalgie
Les vieux grands crus classés qui mettent plusieurs décennies à arriver à leur apogée. On les achète en primeur, avant leur embouteillage, presque avant leur naissance! Et on les voit grandir. Souvent, on les achète pour marquer un événement de notre vie: notre mariage, la naissance de ses enfants.

On veut les boire après 20, 30 ans et se dire: 'Oui, le temps qui est passé n'a pas été vain. Ce vin (cette relation/cet enfant) s'est bonifié. Il a perdu un peu de sa fougue, mais il a gagné en profondeur et s'est transformé en mieux tout en restant fidèle à soi.
On n'obtient pas un tel résultat avec un vin quelconque. C'est pareil pour le thé. On choisira un thé puissant, pur et bon au départ. En plus, il devra convenir à une conservation à long terme. En puerh, on a le puerh cru sauvage et en Oolong le Hung Shui Oolong, par exemple.

Ci-contre, à gauche, 2 feuilles d'un puerh cru en vrac de mi-1960. A droite, 2 feuilles du Hung Shui Oolong de San Hsia de 1990. Ce n'est pas tellement visible sur la photo, mais même le puerh aura tendance à voir ses feuilles redevenir vert.

C'est là où ces thés font encore plus fort que le vin. Non seulement ils s'arrondissent et se bonifient à la perfection, mais ils évoluent au fil des infusions. Ce n'est pas seulement de la nostalgie qu'ils nous donnent, mais une impression d'éternité avec ce retour à la jeunesse!!

3. La nécessité
Parfois, on achète des thés qui ont des défauts et ne sont pas très bons: un Oolong trop fortement torréfié, un puerh jeune et trop astringent... Plutôt que de les boire sans vrai plaisir, on attendra de voir si le temps ne peut pas les améliorer. Et il est bien possible qu'au bout de quelques années, certains thés deviennent buvables. Mais on sera loin du plaisir qu'on peut attendre d'un bon thé vieilli.
Alors, quel thé collectionner: du Puerh ou du Oolong?

La meilleure réponse est de collectionner le thé qu'on aime le plus. Qu'importe si vos amis ou tous les autres blogs disent A, et vous aimez B, mettez de B de côté.
Dans l'idéal, vous aimez autant plusieurs thés et cela vous permet de varier les plaisirs et les sensations.

Les bons vieux puerhs crus sauvages et les bons vieux Hung Shui Oolongs ne sont pas si différents que cela en terme de sensations de cha qi. Certes, l'origine sauvage du puerh apporte un plus en terme de force, mais de nos jours il est difficile d'en trouver des sauvages non mélangés à du puerh de plantation. L'avantage du Oolong, est la pureté des productions. La bonne qualité d'un Oolong semble aussi plus simple à juger. De plus, si le puerh a l'avantage de vieillir bien au contact de l'air, il préfère le climat asiatique (humide et chaud). Le Oolong, par contre, préfère le sec et le frais. Il convient donc bien au climat occidental. Il suffit alors d'une jarre en porcelaine remplie au maximum et fermée hérmétiquement avec de la cire.

Et pas besoin d'en mettre tant que cela de côté. Le vieux thé choisi et vieilli soi-même devient si bon que la moitié des feuilles suffisent habituellement!

5 comments:

Celina said...

Very informative about storing teas.
This reminds me of a friend who stored some teas. His roommate didn´t know the teas are for storage, and drank all of them.
He use to say later, how he learned to put some label or make some clearer statement, so even the tea itself knows it is stored for keeps.
Anyway, this is very interesting post. I like stored teas very much.

Anonymous said...

STéphane,
C est comme un air frais et exotique qui traverse l écran avec ces senoirs si bien conservés préservés et soignés...
Connaissant un baozhong wenshan de 1980,je n ai rien a redire car tes descriptions fortes parlent d ellEs memes...
Seulement cela m a permis de me réconcilier avec le" féminin" et plus précisemment les préparations yin:peu de feuilles ,car grand ^potentiel et grande qualité ;et des temps plus longs, d ailleurs c est la que l on trouve toute leur dimension ,leur longueur, toute en finesse :ce sont des thés lestes!
je ne jurai que pour les gfcha surement par le coté "mec" et yang de l affaire, mais je ne me vois pas préparer ces "anciennes merveilles ds de petites theiéres hyper chargées;c est posssible et surement digne d interet de suivre une évolution de la structure de ce genre dethé mais il est tellement bon et délicieux; plein:en gros une bonne terre "red clay" de 20 cl.4g et encore!et 5-6min avec une eau moellleuse, soft!cela confirme de plus tes "dires "en gros :quand la qualité s y prete pas besoin d en rajouter! faut laisser juste infuser et attendre avec ce p tit creux ds le ventre la merveille qui en sortira et quel flavor aprés ...J ARRETE.....
PHILIPPE BX.

Soïwatter said...

Bel article comme toujours! Surtout pour ces thes magnifiques...

C'est vrai que les vieux oolong ont quelque chose de magique: ces arômes qui changent avec le temps pour gagner en pureté et en profondeur.

Le hong shui de 1990 m'a laisse sans voix: un thé sans pareil a la puissance et la rondeur magnifique, et d'une originalité!

C'est un vieux da hong pao de 1994 qui m'a reconsilie avec les yancha et avec les thés hautement torréfies et qui m'a introduit dans cette famille de thés exceptionnelle.

Souvent ce sont des vieux thés qui m'ont donne envie d'aller plus loin dans mes découvertes

Alors, comment ne pas comprendre le collectionneur? Un trésor a portée de main avec pour seul ennemile hasard du temps...

Je me posais une question: comment choisir un oolong pour le faire vieillir? Et qu'estce qui fera qu'un oololng vieillira bien?

Stephane said...

Thanks for your story, Celina!

Merci Philippe de partager ton appréciation des vieux Oolongs avec nous.

Soiwatter,
Je suis heureux de lire que le San Hsia Hung Shui Oolong de 1990 t'a marqué à ce point. C'est un excellent exemple d'Oolong conservé par envie et non par nécessité. Et c'est un Oolong qui n'a pas été retorréfié.

Comment choisir le Oolong?
Très bonne question! Je vais écrire un article sur ce sujet!

Soïwatter said...

Le san hsia hong shui a vraiment une originalité exceptionnelle... c'est vraiment un thé qui marque. Merci pour cette découverte. Merci aussi pour l'article sur le choix d'un oolong de garde. Très intéressant je tenterais bien l' experiance a la saison prochaine.