Tuesday, October 11, 2005

La meilleure eau pour le thé

Dimanche dernier, Teaparker a consacré une majeure partie de notre séance à la question de l'eau. Nous avions déjà traité la question de façon sommaire. Cette fois, ce fut vraiment poussé. Ainsi, comme travaux pratiques à faire nous-même à la maison, il nous a demandé d'essayer de faire des thés avec des eaux différentes et de voir quelle eau correspond à quel thé!

La question de la meilleure eau fut abordée en détail par Lu Yu en premier, durant la période Tang. Il les classe ainsi:
1. celles qui coulent doucement en montagne,
2. les eaux de rivière de plaine qui ne coulent ni trop vite, ni trop lentement,
3. les eaux qui proviennent de puits du sous-sol.

L'eau puisé au bas des cascades n'est pas bonne non plus. Elle est trop acide, vivace et donne mal aux épaules.

Lu Yu a même déterminé que de l'eau cuit dans une bouilloire en argent ou en or donnera le meilleur thé. Nous avons pu confirmé ce point encore une fois au moyen de la bouilloire en argent de Teaparker. L'eau qui y est cuite forme de toutes petites bulles ; une telle eau est plus fine. (C'est une chance de pouvoir vérifier les paroles de Lu Yu, mais une telle théière est tellement chère qu'il faut être millionaire pour considérer l'achat. Utiliser une tetsubin japonaise en fonte, c'est déjà pas mal du tout, ajouta Teaparker).

Une autre vérité de Lu Yu sur l'eau, et non des moindres, est la suivante:
'L'eau en provenance de la même région que le thé est celle qui lui convient le mieux.'
Cela se conçoit facilement, car ainsi l'eau et le thé proviennent du même terroir. La feuille de thé a grandi, a été nourrie de cette même eau.

Cela ne veut pas dire qu'il faille importer l'eau en même temps que le thé! De l'eau d'Alishan pour du oolong Taiwanais, de Pinlin pour le baozhong, d'Yunnan pour le puer... ce n'est pas réaliste. Par contre, cela explique, entre autres, pourquoi le thé est meilleur lorsqu'on le boit sur place dans la région productrice!

Alors comment trouver une eau en Europe ou hors de Chine qui ait le goût de celles qu'on trouve en Chine? J'ai peut-être une solution. Je vais commander un peu de charbon de bambou taiwanais pour filtrer et améliorer mon eau. C'est une méthode qui est aussi très populaire au Japon. La montagne de bambou Zhu Shan est située à quelques kilomètres de Lugu, où sont produits les oolongs Dong Ding. Je pense que le charbon de bambou va pouvoir restituer les mêmes composants minéraux du terroir de là-bas à mon eau. Interrogé sur cette idée, Teaparker me dit qu'il trouve l'eau améliorée au bambou bonne pour le thé ; il recommande simplement de prendre une eau pauvre en minéraux au départ et de ne pas laisser le bambou trop longtemps dans l'eau.

Je vous donnerai plus de détail lorsque j'aurai réalisé mes expérimentations. J'ai déjà découvert que les charbons peuvent être utilisés pendant 2 à 3 mois, et que leur prix est bien inférieur aux filtres à eau conventionnels.

3 comments:

Antoine said...

Ah l'eau ! c'est vrai que l'on oublie parfois qu'en fonction du choix de cette dernière, un thé peut passer de "trés moyen" à "excellent".
Chez moi, l'eau est fortement calcaire, et j'utilise donc une filtreuse. Problème, cette eau filtrée a un arrière petit goût qui me dérange pour le thé.
J'ai donc procédé à divers tests d'eaux en bouteille, puis à des mélanges. Au final, le meilleur résultat que j'ai obtenu est le suivant: 9/10 d'eau filtrée + 1/10 de Contrex. Ce mélange obtenu n'est ni acide, ni amer, ni calcaire, mais plutôt neutre.
Testé (en aveugle) et approuvé par une dixaine d'amis.
Inconvénient, ce qui donne de bons résultats chez moi pourrait s'avérer catastrophique avec une eau de robinet différente...
Avantage, on s'amuse en se faisant plaisir, sans se ruiner, et parfois même on redécouvre certains de ses thés !

Vivement le résultat de vos essais !

Amicalement

sophie, de Lannion said...

je veux bien être cobaye pour tester l'utilité du charbon de bambou dans l'eau pour le thé ! L'idée qu'un morceau de charbon vienne raviver mon eau morte (trop filtrée) me plaît.

Un reportage diffusé sur Arte le 28 septembre a cité la fabrication du charbon de bambou au Zhejiang ; entre autres applications, le film évoquait celle du charbon absorbeur des mauvaises radiations émises par un ordinateur par exemple ! ou le charbon "ioniseur", qui génère des ions négatifs ; aurait-ce quelque chose à voir avec le dispenseur d'eau nano ?

Stephane said...

Charbon de bambou et eau nano:

oui, j'ai aussi lu que le charbon de bambou génère des ions négatifs. Il n'a peut-être pas la faculté de 'casser' les grosses molécules (comme l'appareil), mais avec sa fonction filtre il semble être une bonne alternative à cette machine.
Parenthèse: je ne suis pas de ceux qui croient aux vertus 'miraculeuses' de tel ou tel matériau. Surtout pas dans le domaine médical. Par contre, il est scientifiquement avéré que le charbon est un bon filtre, poreux comme il est. Si, en plus, le charbon de bambou taiwanais peut donner un petit goût 'chinois' à l'eau, cela serait le top.

Merci pour ta propostition d'être cobaye. Le mieux est encore de tester le charbon de bambou hors d'Asie. Je pense que je vais bientôt annoncer que les 10 prochaines personnes à me passer commande receveront 2 morceaux de charbon gratuitement. (J'attends de faire mon test).