Thursday, March 16, 2006

Dégustation du puer sauvage d'Yiwu, 2003

Chose promise, chose due, voilà mes notes de mon meilleur puerh cru jeune.

Thé: Les meilleures feuilles de puerh cru sauvage du printemps 2003 de la montagne YiWu dans le Yunnan en galette Qizi Bing.
Théière employée: xishi Cha Ren Ya Xin en zhuni de 15 cl.
Quantité: 3-4 grammes. Ouvertes, les feuilles remplissent à peine la moitié de la théière.
Eau puisée à une source de Yangminshan, Taipei.

A. Vue
Feuilles sèches très clairement visibles. En plus, leur surface est luisante, éclatante.
Ces feuilles sèches ont des couleurs très variées. Cela va d'un jaune très clair, au verts et au bruns jusqu'au noir.
Le thé se caractérise par une parfaite transparence et clarté. Sa couleur jaune orangé sera plus ou moins foncée selon la durée d'infusion. (Photo prise en intérieur sans flash. 2 tasses antiques)
Les feuilles ouvertes laissent même apparaitre certaines entières (ce qui est rare pour une galette de puerh). On y trouve aussi des petites feuilles très jeunes, les moins amers. Les couleurs de rouge montrent que le séchage au soleil a été équilibré.

B. Odeurs
Les feuilles sèches ont l'odeur fruitée (prunes) typqique du pu-er d'Yiwu, à cela prêt que chez ces feuilles elle est plus claire et pure. Il y a aussi un parfum de mystère envoutant difficilement explicable. C'est un plaisir de pouvoir le sentir à loisir sur mon étagère.

L'odeur sous le couvercle est celle plus typique du fumé dans le puerh. C'est bizarre que cette odeur se concentre à cet endroit et pas ailleurs. Tant mieux!
Le thé dans la tasse sent l'odeur fruité de prunes, quetsches, mais de façon un peu brumeuse, renfermée.

La tasse vide a une odeur de Long Yan sec et fumé(un petit lichi à peau brune).

C. Le goût
Moelleux/sucré: Oui. Du début à la fin.
Persistance: Très longue, mais changeante. Au début elle est fruitée et sur la fin, c'est le peu d'amertume et de qi qui se transforme en moelleux.

Acidité/amertume: Un petit peu, car il est encore jeune, mais une partie est aussi du qi, très vigoureux sans être violent. Ainsi, plusieurs verres d'affilés ont eu pour effet d'"endormir" ma langue, comme un début d'anesthésie.
Dans la gorge: sec et frais. Je sens qu'il se propage dans mon ventre et c'est tout mon corps qui commence à transpirer. Mon cerveau se dégage et j'ai l'impression de voir plus clair.

Le qi est très agréable: il y a afflux de sang aux lèvres et des petits piquotements dans toute la bouche.

Nombre d'infusions: J'en ai fait 10. Les trois premières furent relativement courtes (moins d'une minutes). Les suivantes durèrent 2 à 5 minutes (en grandissant) et la dernière 30 minutes.

4 comments:

Lisa said...
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Jean-Marc said...

Bonjour Stéphane,

Je vois que vous dites avoir fait pour ce thé une dernière infusion de 30 minutes. Cela sous-entend que lorsque vous buvez cette dernière infusion elle est presque froide.
Peut-on encore discerner le goût d'une "liqueur" refroidie ou cette opération a-t-elle un autre objectif ?
Merci beaucoup pour votre réponse.

Stephane said...

Jean-Marc,

Une théière fermée garde bien la chaleur. A Taiwan (chaleur ambiante proche de 26-30 degrés), le thé ne devient pas froid en 30 minutes. On peut aussi reprechauffer la coupe de thé avant de boire ce thé.
Le but de l'opération est surtout d'extraire tout le 'jus' possible de ces bonnes feuilles et de ne pas jeter ce thé sans l'avoir vraiment fini.

Jean-Marc said...

Un grand merci pour cette explication Stéphane !