Wednesday, November 14, 2007

Oolong des années 1920

Il y a un an, je vous avais promis de vous parler de ce très vieux thé dont j'avais obtenu quelques feuilles de Teaparker. C'est d'ailleurs une jolie coincidence d'en parler après mon dernier article! L'occasion se présenta donc avant-hier soir avec la venue d'un ami cher, un autre de ces passionnés qui devint marchand de thé par amour de ce breuvage.

Je mis toutes les feuilles dans ma Nanfang Zhuni Xiaopin de 6 cl, car je craignais qu'il ait perdu en force avec l'âge. Cela arrive parfois avec les très vieux thés. Ouvertes, les feuilles remplirent environ la moitié de la théière. Finalement, ce viel Oolong nous montra encore toute son impétuosité durant les premières infusions. Ou bien c'était du à ma joie de revoir mon ami. Après la troisième infusion, la liqueur se fit plus posée et douce. La persistance de cette douceur épaisse était superbe. Les arômes sont effectivement ceux de meubles anciens en bois nobles. Les feuilles et tiges sont du bois après tout!
Autre chose encore était remarquable: la transparence et l'éclat de ce thé. Certes, il y avait des petits bouts de feuilles dans ma coupe (vu que je n'utilise pas de filtre), mais il n'y avait aucun signe de thé trouble. Si bien que je bus même la première coupe, sans rincer les feuilles!

Les feuilles sont assez petites et souvent cassées. Mais elles s'ouvrent encore. Ce ne sont donc pas des feuilles excessivement torréfiées.

On a du faire 8 à 10 infusions ce soir-là, et j'en ai encore fait 2 autres le lendemain! Les photos ont d'ailleurs été prises le lendemain avec l'élairage du jour. Le set-up des ustensiles est le même. Ne manque que l'ambiance nocturne et la musique de guqin.

Conclusion: Sans conteste, c'est (ce fut) un très bon thé. J'espère que je ne vous ai pas trop mis l'eau à la bouche. Du fait de son âge et de sa rareté, un tel thé a une valeur marchande presque incommensurable. Et pourtant, même très bon, je trouve que ce même niveau d'excellence est aussi présent chez des thés nouveaux comme mon puerh cru sauvage de Lincang ou bien à ma Oriental Beauty 'parfaite', par exemple. J'en profite donc aussi pour vous rappeler que l'âge n'est pas un critère de qualité.

3 comments:

bejita said...

sais tu de quel wulong il s'agissait ? de son degrés d'oxydation de base ? sa torrefaction ?
ce qui est fou c'est de se dire que ce thé à presque 100 ans et que l'on peu encore en boire !!! c'est surtout ca qui est magique .

Stephane said...

Tout ce que je peux dire en observant la petite taille des feuilles, c'est que c'est un Oolong de plaine et non de montagne. D'ailleurs, à l'époque, la grande majorité des plantations était de basse altitude.

Tu as raison quand au fait important de cette degustation: c'est incroyable comment les feuilles de thé arrivent à se conserver, résister aux insectes, au moisissement... pendant si longtemps, et toujours nous donner le meilleur d'elles-même.

Anonymous said...

Ce fut surement une dégustation merveilleuse, d'autant plus que tu la partageais avec un ami qui t'est cher !
C'est rassurant de savoir que des thés d'aujourd'hui peuvent valoir celui que tu as dégusté !!

Hélène