Tuesday, October 03, 2006

Démonstration de Puerh sauvage


Dimanche dernier, je suis retourné au Taipei Story House (Maison de l'histoire de Taipei) avec Teaparker et l'association Cha Ren Ya Hsin. Ci-dessous une vue de la maison derrière un statue de Jhumin, l'artiste Taiwanais qui fait des formes de TaiChi avec des grosses pierres. Cette oeuvre-ci est installée juste devant le Musée d'art moderne de Taipei.
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Sur cette photo, on voit que la maison faisait face à la rivière qui longe Taipei et donne sur le port de Tamshui, d'où l'on exportait le thé de Taiwan à la fin du 19eme siècle.
On voit même qu'il reste un endroit pour amarrer les bateaux!
Pas étonnant qu'un riche marchand de thé ait décidé de construire sa villa de vacances à cet endroit.
Malheureusement, de nos jours un mur anti inondation s'élève devant la villa et le bord de la rivière n'est pratiquement pas mis en valeur. Trop rares sont les gens qui pensent venir faire du vélo sur la piste cyclable le long de la rivière...

Mais pour nous c'est un très bon cadre historique pour boire du thé et le faire découvrir aux visiteurs de cette maison.

Nous préparons nos sets:


Nous commençons par l'exposé de Teaparker consacré au puerh. Il revient juste d'un voyage au Yunnan. Il y a visité la première réunion des producteurs de Puerh du Yunnan et a plein d'informations nouvelles à nous partager (ainsi que 50 kg de puerh dans son bagage accompagné!)

Lors de cette réunion, il y eut également une compétition pour la meilleure galette présent. C'est un petit producteur qui a gagné, et sa galette s'est ensuite adjugée à 170,000 RMB (15,000 euros) aux enchères. Comme je l'ai déjà expliqué pour les thés taiwanais, ce prix astronomique est exagéré et plus ou moins gonflé artificiellement par les gens du business afin de recevoir l'attention des médias. Je mentionne néanmoins l'histoire, car le jour précédent la compétition, Teaparker s'est vu offrir cette galette par le producteur qui l'a même signée! En théorie, je devrais pouvoir la gouter bientôt!

Que retenir de cette présentation en quelques points?
- A partir de 2006, les producteurs de puerh d'Yunnan font plus d'efforts pour indiquer clairement l'origine de leurs feuilles,
- A partir de 2006, il y a aussi plus de contrôle qualité de la production, ainsi que sur la qualité des feuilles.
- La définition de 'puerh' a été officiellement élargie au puerh cru (je me rends compte maintenant que les galettes s'appellaient toujours qizi bing cha, mais que les mots puerhs ne figuraient que sur les briques cuites).
- Le puerh sauvage est bien plus riche en polyphénoles et en force naturelle que le puerh de plantation. Sur la photo projetée, on voit un arbre sauvage avec du lichens, de la mousse sur son tronc. Ces arbres poussent naturellement à une altitude de 1700 mètres, grandissent à plus de 10 mètres et puisent leur force de leur habitat naturel. En comparaison, le puerh de plantation pousse en rangées d'arbustes assez bas pour être récoltés facilement, tel dans une plantation de thé normale.
... (Trop d'infos pour un seul article! A suivre)

Après la théorie, la pratique. J'ai donc préparé un puerh cru d'Yiwu en galette de ce printemps. L'idéal est de le préparer léger (je mets juste une couche) et d'utiliser le temps d'infusion pour ajuster la concentration. Une odeur de pêche excellente.

Et pour finir, on a même bu quelques feuilles de cette galette crue ci-dessous faite la semaine dernière. Mode d'infusion en grande théière en argent pendant 3 minutes. Plus de 20 personnes en ont tous apprécié ce goût de fruit si pur, léger mais long en bouche. Encore un préjugé qui vole en éclat: le bon puerh est excellent depuis le premier jour! Point besoin d'attendre pour le boire.

3 comments:

nikosan said...

Passionant, Stéphane !!! nous attendons la suite de l'article à présent... ;-)

Jérôme D said...

Une fois de plus très bel article, qui met l'eau à la bouche en attendant la suite.

Une très bonne nouvelle en tout cas que cette évolution vers un peu plus de transparence et de sérieux pour le puerh. A voir en pratique...

SoL said...

"je mets juste une couche"...
je suis curieuse de savoir comment tu doses exactement quand tu écris ça ? Veux-tu dire que tu déposes des feuilles au fond de la théière juste de quoi recouvrir le fond, sans faire un tas de feuilles ?