Tuesday, August 28, 2007

Oriental Beauty du comté de Hsin Chu

Good news: I have selected a high quality Oriental Beauty harvested in June 2007.

Le comté de Hsin Chu est à une bonne heure de route de Taipei. On y trouve de jolies vieilles bâtisses chinoises dans des petites villages qui vivent maintenant surtout du tourisme le weekend. C'est une région de plaine habitée par les Chinois Hakkas (Ke Jia). Cette ethnie, autrefois nomade, a émigré de Chine pour s'installer dans de nombreuses iles du sud-est asiatique, dont Taiwan. Ici, ils ont une réputation de gens très travailleurs et hospitaliers. Ils ont leur dialecte propre, différent du mandarin ou du taiwanais.
C'est donc d'ici que nous vient le Oolong Beauté Orientale. J'avais parlé de son histoire dans un article précédent.

L'examen de ses feuilles sèches nous rappelle pourquoi on l'appelle aussi Wu Si Cha (thé aux 5 couleurs) ou bien Bai Hao Oolong (Oolong aux poils blancs).

A la base, il s'agit d'un Oolong Da Pa, récolté manuellement en juin, durant la meilleure période pour ce thé. Cet Oolong mérite le mieux l'appelation de semi-oxidé, car son oxidation se situe effectivement juste au-dessus de 50%. Il a aussi été torréfié moyennement en juin. Réduire l'humidité permet qu'il se conserve mieux.
Je procède à la dégustation standard: 3 grammes pendant 5 minutes dans mon set de porcelaine blanche avec une eau bouillante.

La couleur de la liqueur du thé est orange/or foncée. Belle transparence et brillance. C'est la marque d'un thé appétissant et bien fait. Odeurs: Les odeurs fruités, sucrées et mielleuses. On remarque qu'elles sont bien pures et naturelles. C'est un bel exemple de l'Oriental Beauty classique. (Je n'en dis pas plus pour laisser libre cours à vos narines!)
Le goût: un bon équilibre entre une pointe d'acidité, du moelleux et une légère astringence sur la langue. Le tout glisse bien à travers de la gorge et est très agréable à boire. Et surtout, cette petite imperfection sur la langue semble agir pour mieux retenir les odeurs dans la bouche. C'est un thé marathonien qui reste très longtemps en bouche. Les feuilles ouvertes montrent leur degré de semi oxidation. Ci-dessous, les flèches indiquent les endroits mordus par le petit insecte vert qui leur donne leur spécificité.

J'ai même eu la chance d'assister aux récoltes de cette plantation, début juin. Les prochaines photos sont celles dfurent prises à cette occasion.

Ces feuilles-ci ont bien été endommagées par les insectes. On le voit aux taches brunes et aux feuilles recroquevillées. S'il s'agissait de pratiquement n'importe quel autre thé, le fermier serait en rage de voir ses théiers ainsi attaqués et mettrait des pesticides. Mais ici, c'est ce genre de feuilles qui donnera le meilleur thé. Il n'est pas question de chasser ou de tuer les insectes. Au contraire. Les 3 éléments habituels (ciel, terre et hommes) ne suffisent pas pour faire la Beauté Orientale. Il faut aussi l'intervention des Jacobiasca formosana Paoli, nos petits criquets verts. C'est pour cela que cet Oolong est si spécial et peut atteindre de tels sommets de goût (et prix!).

(Voir 2 specimens sur la feuille, ci-dessous).

Bien que le terrain soit plat, les récoltes se font à la main. Cela est meilleur pour le goût et permet de mieux sélectionner le grade des feuilles.

De belles mains fortes et expérimentées en pleine action!

La moyenne d'âge des cueilleuses se situe au-delà de 50 ans. Avec leur sourires enjouées, ces grand-mères Hakkas sont de véritables beautés!


La pause est bien méritée.

Conclusion: Après une année d'attente (la récolte 2006 fut trop décevante), c'est donc un vrai plaisir de pouvoir vous proposer à nouveau ce thé légendaire de Taiwan. (Pour les commandes, il est au même poids et au même prix que le luanze Oolong de Shan Lin Shi du printemps 2007).

8 comments:

Benead said...

Très bel article, merci Stéphane.

2 choses: On a pas du tout la vidéo mais je suppose que tu l'as remarqué et 2 photos se superposent chez moi, j'utilise firefox 2.0 si ça peut t'aider.

Stephane said...

Merci Benead,

J'ai enlevé la vidéo pour l'instant.

éric said...

Bonjour Stéphane
Est ce que ces thés se bonifient avec quelques années de plus ou vaut il mieux les consommer dans l'année qui suit leur récolte ?

Stephane said...

Eric,

Un bon OB, suffisamment sec (torréfié) se conserve longtemps. Quand on ne le torréfie pas, il va sembler très frais les premières fois, puis défraichir rapidement. Un OB torréfié, par contre, a besoin de 1-2 mois de repos après la torréfaction pour se remettre du séchage. C'est le cas aussi de celui-ci. Il a été fait en juin, mais n'est vraiment bon que maintenant. J'ai pu en goûter un autre, récolté en juin, mais torréfié il y a qqs jours seulement. Il n'était pas encore assez 'calme' et stable. C'est la première bonification du thé.

La seconde bonification prend beaucoup plus de temps. Teaparker estime qu'un Oolong deviendra 'vieux' avec de nouvelles saveurs et odeurs après 20 ans de bon stockage. Mais qui peut résister si longtemps l'attrait de cette beauté?

Anonymous said...

C'est vraiment magnifique d'avoir un exposé avec ses illsutrations tel que celui-ci sur les thés que nous découvrons, suite à nos commandes ... on ne s'en lasse pas !
Je ne peux m'empêcher d'imprimer ces articles afin d'illustrer mes "fiches" de notes ...
Encore et toujours un grand merci, Stéphane.

Hélène

danielle said...

superbe reportage !
J'aime beaucoup ton blog et voudrais savoir ou je peux me procurer ces thés magnifiques ?
je possède une collection de théires achetées en Chine au début des années 90 , et peux t'en envoyer les photos .
Amicalement

Stephane said...

Merci Hélène et Danielle pour vos compliments concernant cet article. Je trouve cela bien plus intéressant et intime de pouvoir voir d'où vient le thé qu'on a dans sa tasse, surtout s'il est tellement bon!

Danielle,

Tu peux m'envoyer un mail à stephane_erler@yahoo.com et je te répondrai comment commander.

patrick said...

Bonjour,
A la première infusion, j'ai ressenti la sensation d'un caramel mou posé sur la langue, douceur cédant la place à une acidité fruitée (raisin, pruneau) en milieu de bouche, puis un fond de boisé agréable, comme un bâton de réglisse (?) ou un noyau de pruneau sucé longtemps (?) et le côté poudreux des châtaignes : une complexité sans fond...
Les infusions se succèdent, se ressemblent (tant mieux !), et je me suis amusé à les allonger et les raccourcir pour stimuler telle ou telle partie de la langue ; plus longues, la saveur me paraît basculer vers l'arrière. Bon, j'arrête de jouer : je déguste !